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Actualité du Dimanche 06 Novembre 2005 à 17h30

CONCERT MANCA 2005 - Quatuor Parisii ‘‘Musique de chambre‘‘

Dimanche 6 novembre 17h30 - "Musique de chambre" au Théâtre de la photo et de l'image (Nice) - Au programme : Claude Debussy : Quatuor (1893), François Paris : Soleado (2002), Steve Reich : Different Trains (1988).

Musique de chambre"


Quatuor Parisii

Jean-Philippe MARTIGNONI, violoncelle
Arnaud VALLIN, premier violon
Dominique LOBET, alto
Jean-Michel BERRETTE, second violon


Claude Debussy    Quatuor opus 10 (1893)        18’

François Paris          Soleado (2002)                 12’

                                                          Entracte

Steve Reich           Different trains (1988)           27’
             Pour quatuor et bande
                   


Technique CIRM
Ingénieur du son, Nicolas Déflache


                                          Fin du spectacle : 19h00



Debussy et la lumière des impressionnistes, Paris et le pendant de « sombra » pour violon, œuvre écrite juste avant ce quatuor, lumière toujours donc. Ombre et lumière aussi avec « Different trains » de Steve Reich, œuvre importante du compositeur américain en trois mouvements : avant la guerre, pendant la guerre, après la guerre. "L’idée de cette composition me vient de mon enfance. Lorsque j’avais un an, mes parents se séparèrent. Ma mère s’installa à Los Angeles et mon père resta à New York. Comme ils me gardaient à tour de rôle, de 1939 à 1942 je faisais régulièrement la navette en train entre New York et Los Angeles, accompagné de ma gouvernante. Bien qu’à cette époque ces voyages fussent excitants et romantiques, je songe maintenant qu’étant juif, si j’avais été en Europe pendant cette période, j’aurais sans doute pris des trains bien différents".




Quatuor Parisii
Le Quatuor Parisii a été créé en 1981 par quatre étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, tous 1er prix d'instrument et de musique de chambre.
L’étroite complicité entre les quatre instrumentistes leur a permis d’aborder et de constituer un vaste répertoire avec un style et une sonorité qui leur est propre.
Leur curiosité, leur enthousiasme les a menés de Boccherini à la musique de notre temps avec notamment les intégrales de Beethoven, Brahms ou Webern , et plus récemment l’enregistrement en première mondiale du Livre pour quatuor de Boulez. Le Quatuor Parisii se fait l’interprète de la création de nombreuses pièces contemporaines tant en France qu’à l’étranger, parmi lesquelles on compte des œuvres de Gilbert Amy, Gérard Pesson , Philippe Boivin, Garcia Roman, Tomas Marco, Richard Rodney Bennett...
De nombreux enregistrements témoignent du rayonnement et de l’éclectisme de cet ensemble : Debussy, Ravel - ffff de Télérama / Choc Monde de la Musique - Fauré - Franck, Webern - prix de la nouvelle académie du disque...
L’enregistrement de la musique de chambre de Reynaldo Hahn avec les deux quatuors à cordes et le quintette avec piano (première mondiale), vient d’être unanimement accueilli par la critique.
Deux événements discographiques  donnent une preuve de l’audace avec laquelle le quatuor Parisii s’engage pour les compositeurs de notre siècle :
Le livre pour quatuor de Pierre Boulez (paru en 2001)
L’intégrale des 18 quatuors à cordes de Darius Milhaud (parution avril 2002).
A la parution en première mondiale du livre pour quatuor de Boulez, succédera une série de concerts tant en Europe qu’aux Etats-Unis en première audition de cette œuvre mythique.


Claude Debussy (1862-1918)
Au Conservatoire de Paris, où il entre à l'âge de dix ans, Debussy suit les cours de Marmontel (piano), Lavignac (solfège), Durand (harmonie), puis Guiraud (composition) et obtient le Grand Prix de Rome en 1884 avec la cantate L'Enfant prodigue. Entre temps, il avait été engagé comme pianiste par la baronne Von Meck, la protectrice de Tchaïkovsky, avant de rencontrer Madame Vanier et d'en devenir l'accompagnateur. De retour à Paris, il compose La Damoiselle élue, se lie avec les poètes symbolistes, découvre les Impressionnistes et les musiques d'Extrême-Orient. Atmosphère et couleur prennent dans ses oeuvres le pas sur les structures formelles. C'est l'époque des Ariettes oubliées, de Fêtes galantes et de la Suite bergamasque. En 1894 est créé à Paris le Prélude à l'après-midi d'un faune, partition novatrice qui connaît un grand succès. Tout en travaillant à Pelléas, Debussy crée ensuite Les Chansons de Bilitis, les Trois Nocturnes, et, pour le piano, les Estampes. Cette «première période», que l'on peut qualifier d'impressionniste dans la mesure où les contours mélodiques semblent s'y estomper dans une mosaïque de sensations, se clôt avec le scandale de la création de Pelléas et Mélisande (30 avril 1902). Si elle divise profondément la critique, l'oeuvre place Debussy au premier rang des compositeurs français.
Achevée et créée en 1905, La Mer, «la» symphonie de Debussy est attaquée avec plus de violence encore par le milieu musical officiel. Mais la profonde originalité de l'oeuvre aura une grande influence sur la génération suivante. Suivent Images, autre tryptique symphonique dans lequel chatoient les rutilantes couleurs d'Iberia, les deux livres des Préludes et les douze Etudes pour le piano, le ballet Jeux, En blanc et noir, ou le Martyre de saint Sébastien, «mystère» d'après D'Annunzio, trop méconnu. Dans cette deuxième période éclate la modernité d'un style qui semble s'être affranchi de toutes les conventions formelles antérieures et Debussy fait de plus en plus figure de chef d'école. Mais dès 1910, sa santé se détériore. Il doit renoncer à de nombreux projets. Ses dernières oeuvres, en particulier les sonates, sont créées pendant la guerre, dans un climat de réaction nationaliste auquel lui-même ne reste pas étranger. Terrassé par le cancer, Debussy meurt à Paris le 25 mars 1918, dans l'indifférence générale d'une ville bombardée par la «Grosse Bertha». De son second mariage, Debussy (qui eut une vie sentimentale tumultueuse) avait eu une fille, Claude-Emma dite «Chouchou», dédicataire de Children's Corner.
La musique de Debussy est aux antipodes du post-romantisme et du wagnérisme alors en vogue en Europe. Le développement traditionnel est abandonné, les thèmes fragmentés. La couleur et la sensation prédominent (souvent violentes : rien de plus faux que l'idée d'un Debussy flou ou vague ; son dessin est toujours net et sa musique puissamment sensuelle), la dissonance s'émancipe. L'influence des traditions exotiques (gamme pentatonique, gamme par tons entiers...) est considérable. Enfin, dans cette oeuvre exigeante, si l'expérimentation prime, le résultat n'est jamais inférieur à la pensée ; harmoniste extraordinaire, excellent pianiste, orchestrateur d'exception, Debussy était aussi un artisan de la création musicale au sens fort du terme. Avant Stravinsky et Bartok, il est l'un des grands émancipateurs de la musique occidentale.


Quatuor à cordes, en sol mineur (opus 10)
C’est en 1892 que Debussy entreprit la composition de ce qui resterait son unique quatuor, à peu près en même temps que la mise en chantier du Prélude à l’Après-midi d’un faune. Le rapprochement de ces deux œuvres est extrêmement significatif : tandis que le Faune recèle tant de promesses d’avenir, le Quatuor reste lourd d’un passé encore récemment appris. C’est la première œuvre de véritable maturité artistique ; et c’est en même temps celle dans laquelle Debussy tenait à démontrer la solidité de sa technique, en s’illustrant dans un genre musical que la Société National de le Musique que venait de glorifier à travers les Quatuors de Franck (1890) et de d’Indy (1891). L’ouvrage eu le  privilège d ‘une création par les soins du fameux Quatuor Ysaye le 29 décembre 1893 à Paris (à la Société Nationale), et d’une publication, dès 1894, par l’éditeur Durand sous le numéro d’opus 10 (le seul jamais attribué à une œuvre du compositeur.
L’accueil fut assez froid : la critique, dans son ensemble, fut troublée par les nouveautés de l’harmonie et des sonorités. Paul Dukas, toujours clairvoyant, étant parmi les seuls à apprécier pleinement les qualités de l’œuvre. Citons ici deux excellents commentateurs : « Sans avoir la rigueur polyphonique et la fermeté structurelle des meilleures compositions du genre, ce premier et unique essai est sans conteste une réussite. Debussy y amalgame avec bonheur des éléments aussi différents que les modes grégoriens, la musique tzigane, le gamelan javanais, les styles de Massenet et de Franck, sans compter celui des russes contemporains. Il utilise également avec abondance le principe cyclique cher aux franckistes en reprenant dans chaque mouvement, avec quelques variantes, le thème de départ écrit en sol phrygien… »

La musique de chambre
Sous la direction de FRANÇOIS-RENE TRANCHEFORT
Edition FAYARD, Les indispensables de la musique


François Paris (Valenciennes, 1961)
François Paris étudie parallèlement la direction d’orchestre et la composition. Cet élève d’Ivo Malec, de Betsy Jolas et de Gérard Grisey ne tarde pas à être remarqué (après l’obtention d’un premier prix) à sa sortie du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris : Luciano Berio le distingue en 1993 comme lauréat du concours International de Besançon. Cette même année, il reçoit une commande du comité de lecture de l’IRCAM et est nommé pensionnaire à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) où il réside de 1993 à 1995. De retour d’Italie, il obtient son CA de Professeur chargé de direction et il est en 1999 lauréat du concours « Villa Médicis hors les murs » de l’AFAA (séjourne à ce titre dans les Asturies en Espagne) avant de recevoir le prix Claude Arrieu de la SACEM en 2001.
Pédagogue, il enseigne régulièrement dans diverses institutions en France comme à l’étranger. En 2004, il a été nommé professeur honoraire de composition à Capital Normal University (Pékin). Après avoir été pendant trois ans directeur de la musique pour la ville de Sarcelles il est aujourd’hui le directeur du CIRM (Centre National de Création Musicale) et du Festival MANCA à Nice.
Ses œuvres ont fait l’objet de commandes de diverses institutions nationales et internationales, elles sont éditées principalement par les éditions Ricordi et (depuis 2005) par les éditions Billaudot. Elles sont diffusées régulièrement tant en France qu’à l’étranger.

Soleado (2002)
Commande d’Etat pour le quatuor Parisii
Soleado constitue l’autre versant de Sombra pour violon composée quelque temps auparavant. Entre l’ombre et la lumière, on trouvera deux visions d’une même matière, d’un même environnement harmonique, d’un même tempérament, d’éléments rythmiques et de types de développements communs. Ces deux œuvres n’ont, in fine, que peu de rapport entre elles puisque le contexte (ou l’éclairage) dans lequel sont présentés ces éléments communs est lui, radicalement différent d’une œuvre à l’autre. Il me semble en effet qu’aujourd’hui, cette notion de contexte ou d’éclairage différent sur un même élément constitue l’une des pistes les plus excitantes pour la création musicale.
Cette autre manière d’utiliser la variation d’une œuvre sur une autre d’un matériau sur un autre et d’une dramaturgie sur une autre n’est pas en soi fondamentalement nouvelle, mais c’est la manière de le faire qui doit ouvrir de nouvelles voies.
Élément Contextuel toujours que celui que constitue le tempérament égal. Élément qui certes s’est trouvé déterminant dans l’élaboration de l’histoire de la musique. Élément que l’on a poussé dans ses derniers retranchements tonaux, modaux ou atonaux avec l’efficacité que l’on sait. Est-ce à dire pour autant que sa légitimité lui confère un statut d’exclusivité ?
Doit-on indéfiniment continuer à sur-légitimer un existant en limitant les possibles ; ou ne doit on pas plutôt chercher de nouveaux possibles en élargissant notre exploration du champ des existants ?
Dans ce sens la recherche permanente de la face cachée d’une démarche, d’une construction ou d’une forme où plus rien n’est considéré d’avance comme acquis est un enjeu majeur de mon travail d’aujourd’hui. Au lieu de regarder sans cesse plus loin, regardons déjà avec attention ce que nous n’avons qu’aperçu en passant.
Soleado est dédié à Philippe et Emmanuelle Leroux.

François Paris


Steve Reich
(USA, 1936)
Après des études de philosophie, il étudie la composition avec Milhaud et Berio. Il s’initie au jazz et à la musique électronique, et étudie l’aspect rythmique des musiques du Ghana et du gamelan balinais. Reich est aujourd’hui reconnu, avec Philip Glass et Terry Riley, comme un des pionniers de la musique minimaliste et répétitive. Depuis ses premières œuvres, très radicales, travaillant sur le lent déphasage de plusieurs boucles de bande magnétique (It’s gonna rain, 1965), jusqu’aux grandes architectures des années 70, cristaux impeccables et hypnotiques (Music for eighteen musicians, 1976), puis aux œuvres inspirées par la cantilation hébraïque (Tehillim, 1981), et enfin aux pièces récentes, plus narratives, plus rhapsodiques (Three Tales, opéra vidéo, 1998-2002), Steve Reich mène un parcours singulier, toujours fidèle à ses intuitions de départ.

Different Trains (1988)
Pour quatuor et bande
"J'utilise dans Different Trains, une nouvelle manière de composer qui a ses origines dans mes compositions antérieures pour bandes magnétiques : It's Gonna Rain (1965) et Come Out (1966). L'idée générale est d'utiliser des enregistrements de conversations comme matériau musical.
 L'idée de cette composition vient de mon enfance. Lorsque j'avais un an, mes parents se séparèrent. Ma mère s'installa à Los Angeles et mon père resta à New York. Comme ils me gardaient à tour de rôle, de 1939 à 1942 je faisais régulièrement la navette en train entre New York et Los Angeles, accompagné de ma gouvernante. Bien qu'à l'époque ces voyages fussent excitants et romantiques, je songe maintenant qu'étant juif, si j'avais été en Europe pendant cette période, j'aurais sans doute pris des trains bien différents. En pensant à cela, j'ai voulu écrire une œuvre qui exprime avec précision cette situation. Voilà ce que j'ai fait pour préparer la bande magnétique :
1. J'ai enregistré ma gouvernante Virginia, maintenant âgée de plus de soixante-dix ans, qui évoque nos voyages en train.
2. J'ai enregistré un ancien employé des wagons-lits sur la ligne New York-Los Angeles, maintenant à la retraite et âgé de plus de quatre-vingt ans : M. Lawrence Davis, qui raconte sa vie.
3. J'ai rassemblé des enregistrements de survivants de l'Holocauste : Rachella, Paul et Rachel, tous à peu près de mon âge et vivant aujourd'hui en Amérique, qui parlent de leurs expériences.
4. J'ai rassemblé des sons enregistrés de trains américains et européens des années 1930, 1940.

Pour combiner les conversations sur bande magnétique et les instruments à cordes, j'ai sélectionné des exemples brefs de discours, aux différences de ton plus ou moins marquées, et je les ai transcrits aussi précisément que possible en notation musicale.
Ensuite, les instruments à cordes imitent littéralement la mélodie du discours. Les exemples de conversation et les bruits de trains ont été transférés sur bande magnétique à l'aide d'un échantillonnage de claviers, les sampling keyboards, et d'un ordinateur. trois quatuors à cordes séparés ont aussi été ajoutés à la bande magnétique pré-enregistrée et le quatuor final, joué par des musiciens, vient s'ajouter lors du concert.
Different trains comprend trois mouvements - mouvement étant pris ici au sens large du terme car les tempi changent fréquemment dans chaque mouvement :
L'Amérique - Avant la guerre
L'Europe - Pendant la guerre
Cette composition a donc une réalité à la fois sur le plan documentaire et sur le plan musical et ouvre une nouvelle direction. C'est une direction qui conduira sous peu, je l'espère, à une nouvelle sorte de théâtre multi-média combinant documentaire, musique et vidéo."

Traduit de l'américain par Laurent Feneyrou



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