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Actualité du Dimanche 12 Novembre 2006 à 17h30

CONCERT MANCA 2006 - Japanese love song

Dimanche 12 novembre 2006
Musée des Arts Asiatiques (Nice)

Japanese Love Song

REFLETS JAPONAIS

Claude Delangle, saxophone - Jean Geoffroy, percussion
Yumi Fujitani, metteur en scène, danseuse et chorégraphe
Marie Kobayashi, mezzo 

Akira Ifukube 3 Chants Aïnou (1956) Chant d’un oiseau qui meurt dans la mer
Pour voix et percussion 2’

Bertrand Dubedout Ca va commencer ça commence (2004)
Pour mezzo-soprano et saxophone soprano 11’
Masakazu Natsuda Deux poèmes de Ryokan (2005)
Pour mezzo soprano, saxophone soprano/ténor et percussion 10'
        Création mondiale (commande de l’Etat Français)

Chant de Batelier de la Rivière de Mogami  3’

Ichiro Nodaira Dashu no sho (2003)
Pour mezzo soprano et saxophone alto 13’

Akira Ifukube    Chant d’une vieille femme
Pour voix et percussion 3’
Hacène Larbi Matsukaze (2006) Création mondiale
Pour mezzo soprano, saxophone soprano/ténor et percussion 5’

Ryo Noda Improvisations (1971-1973)
Pour saxophone solo 4’

Fuminori Tanada A (2006)
Pour saxophone soprano et voix de mezzo soprano 7’

Création mondiale
Toshio Hosokawa 3 love songs (2004) Création mondiale (commande de l’Etat Français)
Pour mezzo soprano et saxophone alto 14’


Akira Ifukube Danse d’une jeune fille et de la sorcière
Pour voix et percussion 3’


Fin du spectacle : 19h00



Ce spectacle, à l’initiative du saxophoniste Claude Delangle, présente la rencontre de compositeurs et d’interprètes japonais ayant vécu ou étudié en Europe avec des compositeurs et musiciens européens qui ont une connaissance approfondie du Japon. Rencontres croisées de différents univers culturels pour un spectacle s’articulant autour de la poésie, du chant et de la danse japonaise à découvrir dans le cadre magnifique du musée des arts asiatiques.


Quelques semaines après la clôture de l’exposition « La Sculpture dans l’Espace », au début de 2006, au Musée Rodin, la Mairie de Paris et l’Etat décidaient d’un commun accord la création d’un grand auditorium qui sera érigé dans les prochaines années sur le site de la Villette.
La conscience aiguë de l’espace a toujours animé les artistes musiciens ou plasticiens ; la musique, en particulier, est en quête de lieux mythiques (Musikverein à Vienne, Philharmonie de Berlin, Smphony Hall à Los Angeles, etc.). Des répertoires sont identifiés à des lieux dans l’inconscient collectif.
La récente ouverture des musées au spectacle vivant (nos concerts en mars 2006 dans les collections du Louvre ont été une expérience déterminante et sont reconduits pour 2007) a contribué à donner une toute autre perspective à la programmation musicale. Si le support de l’œuvre sculptée contribue à lui donner du sens, devenant partie intégrante de l’œuvre (et finissant par prendre sa place chez un sculpteur comme Vermeiren), création musicale, programmation et interprétation cherchent le point de rencontre optimal avec un espace particulièrement significatif. Y avait-il meilleur choix possible que ce merveilleux Musée des Arts Asiatiques de Kenzo Tange ; où la rencontre avec l’acoustique bien sûr, mais aussi avec les volumes, les perspectives et la lumière prend un sens exclusif ?
Dans le concept architectural de Kazuo Tange, l’intégration du mouvement, de la transition, de la circulation entre les espaces et volumes est fondamentale pour créer, je le cite « des ondes successives qui s’étendent jusqu’à leur rencontre avec la nature ». Nos « reflets japonais » tentent d’amplifier ces ondes qui nous relient à la symbolique japonaise. Les créations de nos contemporains japonais, ou français immergés dans la culture japonaise, font résonner ces lieux de manière originale en soulignant la bonne articulation de tous ces espaces entre eux et la cohérence générale de ce splendide écrin de millénaires de création.
Faire le choix d’habiter en musique la spirale du grand escalier et à proximité du fauteuil en résille d’acier nickelé du designer japonais Shiro Kuramata est l’occasion de manifester la notion de temps circulaire si caractéristique de l’art asiatique.
Claude Delangle


Claude Delangle, saxophoniste (1957)
Concertiste, chercheur et pédagogue, Claude Delangle enrichit le répertoire en collaborant avec les compositeurs les plus renommés et en promouvant les plus jeunes. Il se produit avec les plus prestigieux orchestres (London BBC, Orchestre National et Philharmonique de Radio France, Radio de Finlande, WDR Köln, Philharmonie de Berlin, Kioi Tokyo, Metropolitan Tokyo, Ensemble Intercontemporain) et collabore avec P.Boulez, D. Robertson, P.Eötvös, K. Nagano, E.P.Salonen, Miung Wung Chung. Il est régulièrement invité des festivals Biennale de Zagreb, Présences de Radio France, Ars Musica Bruxelles, Musica Nova  d'Helsinki, Musica a Strasbourg. Les résultats de ses recherches sur l'acoustique spécifique du saxophone seront pour lui un atout précieux dans sa collaboration avec Henri-Selmer-Paris qui le sollicite pour la création des nouveaux modèles de saxophones. Ses enregistrements pour BIS, Deutsche Grammophon, Harmonia Mundi, Erato et Verany font découvrir un large répertoire d oeuvres originales. Claude Delangle enseigne depuis 1988 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il offre à ses étudiants une activité interdisciplinaire dynamique. Il est sollicité pour des cours d’interprétation en Europe, en Amérique, en Australie et en Asie et dirige une collection aux Éditions Henri-Lemoine-Paris.

Jean Geoffroy, percussionniste (1960)
Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il obtient un Premier Prix en  Percussion, Jean Geoffroy a su, dans le monde de la percussion, s’inventer un chemin personnel qui l’a conduit à susciter et à jouer de nombreuses oeuvres. Timbalier solo de l’Ensemble Orchestral de Paris, de 1985 à 2000, soliste de l’ensemble de musique contemporaine Court-Circuit, il est dédicataire et premier interprète de nombreuses oeuvres pour percussion solo parmi lesquelles des pièces de I. Malec, J.L Campana, F. Durieux, E. Tanguy, P. Leroux, L. Naon, F. Paris, D. Tosi, P. Hurel, B. Giner, B. Mantovani, B. Dubedout, M. Reverdy, S. Giraud, Y. Taïra , T. de Mey, P. Jodlowski, Xu Yi ... Il est invité de nombreuses fois en tant que soliste dans les plus prestigieux festivals d’Europe : Présences de Radio-France, P.A.S (Londres), Darmstadt, Aujourd’hui Musique (Perpignan), 38° Rugissants (Grenoble), (…) mais aussi hors d’Europe : PASIC (Dallas), PASIC (Nashville), Séville (Espagne), Madrid (Espagne), Dubrownik, Amsterdam pour une série de concerts avec Keiko Abé. Jean Geoffroy donne régulièrement des récitals et des master-classes dans toutes les grandes villes européennes ainsi qu’en Amérique du sud (Argentine, Chili, Mexique, Colombie), en Corée, au Japon, en Chine et aux USA ou il a fait de nombreuses tournées. Lauréat de la fondation Ménuhin Présence de la Musique, infatigable interprète quand il s’agit de faire vivre une oeuvre nouvelle ou présenter le répertoire qu’il connaît à la perfection, Jean Geoffroy a participé en tant que soliste à plus d’une vingtaine de disques parmi lesquels on note 3 CD consacrés à J.S Bach et Attacca salué par les critiques musicales (Diapason et le Monde de la Musique).... Passionné par la pédagogie, auteur de plusieurs ouvrages didactiques dont un livre sur l’enseignement de la percussion, rédacteur de 10 ans avec la Percussion… édité par la cité de la musique, il est directeur de collection aux Editions Lemoine. Il a enseigné de 1993 à 1998 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec J. Delécluse. Depuis 1998 il est professeur de percussion au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon ainsi qu’au Conservatoire Supérieur de Genève. Directeur Artistique du Centre International de Percussion de Genève, président du concours International de Vibraphone Claude Giot, il est régulièrement invité aux jurys de concours Internationaux.
Kitchen.Kom : diffusion

Yumi Fujitani, danseuse – chorégraphe (Japon, 1962)
Elle suit d’abord une formation de danse classique et de théâtre à Kobe. Puis elle se forme à la danse jazz, à la danse contemporaine et au butô. A Tokyo, elle fait une rencontre déterminante avec Kô Murobushi et Carlotta Ikeda de la Compagnie ARIADONE. Elle rentre alors dans la Compagnie comme 1ère danseuse. De 1985 à 1995, en dehors des tournées internationales, elle enseigne le butô à Tokyo, tout en poursuivant sa formation à New-York et à Paris, où elle expérimente  de nouvelles formes d’expressions corporelles, à travers le masque et l’art du clown. Elle s’installe à Paris en 1996. Danseuse de la troisième génération du butô, elle développe sur cet art une réflexion et une approche personnelles. Elle entame alors des collaborations avec des comédiens, des metteurs en scène et des musiciens. En 2003  Yumi Fujitani crée sa propre compagnie, la « Compagnie Trois Garances ». Elle monte le spectacle Kao-Chao qui réunit trois comédiennes, un compositeur et un vidéaste pour des créations néo-butô, dans lesquelles la transversalité des arts apporte une réflexion, un souffle et un regard nouveaux sur la danse contemporaine et l’art butô. En janvier 2006, elle présente, en tant que metteur en scène et chorégraphe, une libre interprétation du « Journal d’Adam, Journal d’Eve » de Mark Twain, avec 2 comédiens.

Marie Kobayashi, mezzo (Japon)
Marie Kobayashi commence très jeune l’étude du piano et du chant. Elle fait ses études musicales à  l’Université Nationale des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo où elle obtient Licence et Maîtrise. Elle s’installe définitivement à Paris en 1982, et entre au CNSM de Paris dans les classes de Régine Crespin, Michel Roux et William Christie. En 1987 elle obtient le Prix d’art lyrique  et en 1989 le Prix d’interprétation de Musique vocale ancienne. Elle est depuis 1993, Docteur ès Arts de l’Université Nationale des Beaux Arts et de la Musique de Tokyo pour sa thèse de 3ème cycle: les mélodies d’Olivier Messiaen - Autour d’Harawi. Elle est lauréate de plusieurs Prix Internationaux : Prix Fauré au Concours International d’Interprétation de Mélodies Françaises à Paris, Diplôme d’Honneur du Concours international Maria Canals à Barcelone,  Grand Prix Gabriel Dussurget en hommage à Rita Streich au Concours International d’Oratorio et de Lied à Clermont-Ferrand. Son répertoire s’étend du baroque à la musique contemporaine ; Rustena dans La Verita in Cimento de Vivaldi (dir. Jean-Christophe Spinosi), Messe en Ut majeur de Mozart, Suzuki dans Madame Butterfly de Puccini, Shéhérazade de Ravel  (dir. Daniel Kawka), Symphonie No.2 Résurrection de Mahler (dir. Yutaka Sado), Le Marteau sans Maitre de Boulez, Meridian de H. Birtwistle (dir. Pierre Boulez), Noces de Stravinsky (dir. Philippe Herrewerghe), Andere Schatten de W. Rihm (dir. David Robertson), Kunstgewerblerin  dans Lulu de Berg   (dir. Jeffrey Tate), Stabat Mater de Piotr Moss (dir. Mstislav Rostropovitch)… Récemment elle a chanté en duo avec le saxophoniste Claude Delangle au Festival Agora. Marie Kobayashi collabore également avec le compositeur Bruno Coulais dans sa musique de film et ses opéras et se produit avec le groupe de chant polyphonique corse A Filetta au Festival de Saint-Denis. Parmi ses nombreux enregistrements et notamment pour Radio-France, Radio-Bruxelles, on peut citer les disques Chants folkloriques du monde, Requiem  de Mozart et Mélodies de M. Rosenthal… Depuis 2004 elle est professeur de chant au Conservatoire National de Région de Strasbourg.

Akira Ifukube compositeur (Kushiro, Hokkaido – Japon, 1914)
Le premier ballet de Akira IFUKUBE, "Bon Dance" a été présenté à Vienne en 1938, ainsi qu'une "Suite pour piano" écrite pour George Copeland. Il enseigne l'orchestration à la Tokyo National University for Music and Fine Arts et durant cette même période compose 5 autres ballets avant de se consacrer principalement aux pièces pour orchestre symphonique. Enregistré en numérique à Tokyo, le 8 avril 1989 dans le cadre de la commémoration de l'anniversaire de BOUDDHA, l'Ode symphonique "Gotama The Buddha" interprétée par le Tokyo Symphony Orchestra et un choeur mixte de plus de 200 exécutants, s'inspire de la musique traditionnelle indienne, utilise la gamme pentatonique japonaise et donne une place prépondérante aux percussions et au chant en Pali, la langue indo-aryenne moyenne, proche du sanskrit et qui est la langue religieuse du Bouddhisme. Parallèlement à sa carrière de compositeur d'œuvres symphoniques, Akira Ifukube compose pour le cinéma: il est notamment le créateur des musiques originales de la série de films consacrés à Godzilla dont le thème principal est ici repris sous le titre "Symphonic Fantasia n°1". Il est aussi le compositeur de la musique de la plupart des films de la série Zatoichi. Malgré une discographie imposante (une soixantaine de disques), ce disque est le premier à être paru en dehors du Japon.

Eglogues
D’après Epos d’après les chants des tribus du Nord du Japon.
Voix solo et 4 timbales traditionnelles.
Chant d’une vieille femme
Chant d’un oiseau qui meurt dans la Mer du Nord
Danse d’une jeune fille et de la sorcière

Elevé dans les profondes forêts des montagnes sauvages de Hokkaïdo, le compositeur autodidacte Ifukube a été bercé par les chants et les prières Aïnou cantilées par les grands-mères de ces populations nordiques du Japon.
Chant d’une vieille femme
Quand j’étais jeune, mes cheveux et mes seins étaient beaux.
Maintenant tout est fini, c’est triste…
Chant d’un oiseau qui meurt dans la Mer du Nord
Des oiseaux sont fatigués et à bout de force.
Ils meurent dans la mer étrangère comme moi.
Danse d’une jeune fille et de la sorcière
A la fête du mariage, la sorcière tue l’une des deux jeunes danseuses et, déguisée, prend sa place ; mais la danseuse maladroite est découverte.


Chant traditionnel de la Rivière Mogami
« Soigne-toi bien pour ne pas attraper un rhume, bois du potage de radis blanc très salé ! »


Bertrand Dubedout, compositeur (Bayonne, 1958)
Bertrand Dubedout a suivi sa scolarité dans sa ville natale, où il a aussi débuté ses études de musique. Il a suivi ses études musicales supérieures à l’Université de Pau, au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Pierre Schaeffer et Guy Reibel (Composition Électroacoustique et Recherche Musicale, Prix de Composition en 1981), ainsi qu’au Centre d’Études Polyphoniques de Paris et à l’Université de Paris - VIII. Il est aujourd’hui professeur titulaire certifié de composition électroacoustique au Conservatoire National de Région de Toulouse. Il fonde dans cette ville en 1988 l’Ensemble Pythagore, formation qui intègre en 2005 le collectif éOle. La SACEM lui attribue en 1997 le Prix Claude ARRIEU. Il est nommé en 1999 compositeur en résidence à la Villa Kujoyama de Kyôto au Japon (Programme Villa Kujoyama, AFAA / Ministère des Affaires Étrangères). Les œuvres instrumentales de Bertrand Dubedout sont publiées aux Editions Gérard Billaudot, Paris. Plusieurs CDs sont parus chez L’Empreinte digitale, MFA - Radio France, MOTUS, Metamkine, Nocturne. Bertrand Dubedout était en 2006 en production artistique dans les studios du CIRM pour la composition d’une œuvre pour mezzo-soprano, ensemble et électronique : Lo libre dels rituals / Le livre des rituels, sur des textes d’Alem Surre-Garcia, Joë Bousquet, Ibn Zaïdun, Jaufre Rudel et Federico Garcia Lorca.

Ca va commencer ça commence (2004) 
Pour mezzo-soprano et saxophone soprano
Commande de Henri-Selmer Paris
commencer a un air de fleur de narcisse
commencer montre visage blanc
commencer a nuque longue
commencer s’étire en se balançant
commencer commence dans la boue
commencer est d’un seul bloc
commencement de ce qui commence en commençant par s’emmêler
commencement qui alors éclate
commencement est cela derrière quoi
celui qui baille vaguement c’est toi toi
commencer est chose embarrassante
commencer a le jaune qui monte aux joues
commencer attend un apaisement
commencer c’est toujours du dedans d’un grondement que ça
commence
Mikirô SASAKI , Extrait de : "À partir du sable"  - Ed. Shoshi-Yamada
Traduction : Makiko UEDA et Claude MOUCHARD

Ca va commencer ça commence est le titre d'un texte poétique de l'écrivain japonais SASAKI Mikirô, extrait du recueil À partir du sable , publié aux éditions Shoshi-Yamada. SASAKI Mikirô est né dans le département de Nara en 1947, et réside à Tôkyô depuis 1973. Il a publié de nombreux ouvrages poétiques ainsi que des ouvrages critiques. Son œuvre connaît une reconnaissance internationale. Ce texte est utilisé dans sa traduction en français par Ueda Makiko et Claude Mouchard, mais également dans le japonais original, ouvrant ainsi la voie à un dialogue entre deux modes de vocalité, et à des processus musicaux tirant leur substance du texte lui-même. Plus qu'avec la poésie traditionnelle du Japon - Waka ou Haiku par exemple –, cette œuvre tisse des liens avec les techniques du jôruri en usage dans les théâtres (bunraku en particulier) depuis le 17ème siècle, et produisant de superbes narrations vocales accompagnées d'un shamisen.

Masakazu Natsuda, compositeur (Tokyo, 1968)      
Il étudie l'écriture, l'accompagnement et la composition à l'Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tokyo, où il obtient en 1992 une Maîtrise de composition. Parallèlement, il étudie la direction d'orchestre avec Kazuyoshi Akiyama. Il entre en 1993 au Conservatoire de Paris, dans la classe de composition de Gérard Grisey. Il reçoit en 1992 le prix Idémitsu au Japon et l’Akutagawa Composition Prize en 2002. Il a reçu des commandes - entre autres - de l’Ensemble InterContemporain, du Ministère français de la culture, de la Suntory Music Foundation.

Deux poèmes de Eizo Ryokan 
Pour mezzo soprano, saxophone soprano/ténor et percussion
Commande d’Etat - Création mondiale

1 -
Awayuki no
naka ni tatetaru
michi-ohochi
mata sono naka ni
awayuki zo furu
Je reste debout dans la neige du printemps
y trouver l'Univers
et dans cet Univers trouvee
il neige encore

Interlude (saxophone et percussion)

2 -
Yume no yo ni
katsu madoromite
yume wo mata
kataru mo yume mo
sore ga manimani

Un rêve ce monde
ou après le moindre somme
on fait de son reve
un récit qui est lui-meme
un rêve ni plus ni moins

Ryokan est un bonze célèbre de Zen du début de 19e siècle.  Il est aussi connu comme poète de l'amour, de la nature et de la philosophie bouddhiste. La notion d’objets gigogne est exprimée dans la spatialité dans le premier poème (Awayuki no...), et dans la temporalité dans le deuxième poème (Yume no yo ni). Le traitement de la voix et la relation entre la voix et les instruments sont très nettement différenciés entre les deux poèmes.  
Dans le premier, chaque syllabe du vers est amplement vocalisée, et la voix et le saxophone forment une hétérophonie.  L’ aspect descriptif se concentre dans la partie de percussion qui commente le poème en délimitant le cadre temporel. Le deuxième poème est plus abstrait et polysémique ; le vers est chanté en se décomposant en plusieurs degrés (par phrase, par mot et par syllabe etc.) et les instruments homophoniques harmonisent la voix. Entre ces deux poèmes chantés, un bref Interlude joint les deux systèmes de hauteur (mais toujours modaux) et les caractères rythmiques des deux mouvements vocaux. « Deux poèmes de Ryokan » est une commande de l'Etat français, composée pour un grand musicien et un grand ami Claude Delangle.
Masakazu Natsuda


Ichiro Nodaira, compositeur (Tokyo, 1953)
Ichiro Nodaïra étudie la composition à l’Université des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo. En 1978, il obtient une bourse du gouvernement français qui lui permet de poursuivre sa formation au Conservatoire National Supérieur de Musique de Danse de Paris auprès de Henriette Puig-Roget, Betsy Jolas, Serge Nigg, Michel Philippot et Jean Koerner. Après l’obtention de plusieurs Premiers prix en composition, analyse et accompagnement au piano, il participe à différents stages animés par György Ligeti, Franco Donatoni, Peter Eötvös et Brian Ferneyhough. En 1985, il participe au cursus d’informatique musicale de l’Ircam. Ichiro Nodaïra mène depuis lors une double carrière de pianiste et de compositeur. En France, il reçoit des commandes du Ministère de la culture, de l’Ensemble InterContemporain et de l’Ircam. En tant que pianiste, il joue comme soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Ensemble InterContemporain, le Tokyo Philharmonic Orchestra, le Tokyo Metropolitan Orchestra, le London Sinfonietta entre autres. De 1994 à 2000, il est directeur artistique de l’ensemble Tokyo Sinfonietta. Depuis 1990, Ichiro Nodaïra est professeur à l’Université des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo. Il assure la direction artistique de la salle AOI de la ville de Shizuoka (Japon) depuis 2005 et a composé son premier opéra Madrugada (texte de Barry Gifford). Ichiro Nodaira reçoit en 2004 le prix de la fondation Suntory, le prix le plus considéré du Japon, pour l'ensemble de son oeuvre et en 2005, le prix pour l'encouragement de l'Art du Ministère de la Culture du Japon.

Dashu no sho  (2003)
Pour saxophone alto et voix
Commande de Claude Delangle

Le Livre de l’homme de barre.
A TAKIGUCHI Shûzô. YOSHIOKA Minoru.
1.
La pluie
Qui tombe sur les épines de cactus en été
C’est un certain style
Mademoiselle Gertrude Stein racontait,
La corbeille à fleurs
Que remplit la mort d’un homme,
Pourquoi est-elle un récipient si léger ?
Qu’on la tienne en ses mains
S’en approche en ouvrant les yeux
enfermant peu à peu la lumière
Ou au contraire enfermant les ténèbres
On peut dire que c’est un mythe des temps modernes

2.
L’homme possède des mains libres
Aussi
Retient-il précieusement sa tête de rose empêchée,
sans un mot
Parti sur ses pieds
Ce qui morphologiquement
Serait on ne peut plus contradictoire
Henry Moore sculpte la reine des rêves avec le fer
L’intérieur comme la flamme
L’obsidienne dans l’orange
C’est l’île
L’homme de barre et le poulpe
Mènent la mer bleue

3.
Pourquoi dans l’aube le groupe des images saintes comme un film
Sombre-t-il dans le gris ?
L’automne de la possession hors du cristal
Jusqu’aux reins d’un enfant qui écrit un poème
Les vagues blanches déferlent
La quille apparaît sur le rivage.

Traduit du japonais par OKABE Kyôko

Pour la première fois de sa carrière Nodaïra s’est totalement mis à l’écoute d’un poème : Dashu no sho (Le Livre du Barreur), extrait du recueil de poèmes Safurantsumi (Cueillette des safrans) publié en 1976 par YOSHIOKA Minoru (1919-1990). Très représentatif il est l’un des poètes japonais les plus connus de sa génération ; Le Livre du Barreur, poème surréaliste, représente brillamment la beauté et l'expression de l'idée qui n'arrive pas à l'accomplissement. Ce poème est dédié à Shuzo Takiguchi, un autre poète surréaliste que l’on considère comme le père spirituel de Takemitsu, lequel dans ses premières années de composition a mis nombre des poèmes de Takiguchi en musique.


Hacène Larbi, compositeur – chef d’orchestre
Lauréat des concours internationaux, il étudie au CNSMDP (cinq prix, deux troisième cycle) ; il intègre la formation doctorale de l’Ecole Normale Supérieure, suit le cursus d'informatique musicale de l'IRCAM et complète sa formation auprès de Célibidache, Boulez, Ferrara, Messiaen et Berio. Titulaire de trois C.A. et lauréat du concours CNFPT sur le grade de directeur, il enseigne à l’Université, préside le jury au Diplôme d’État et dirige un CNR. Responsable de Festivals - notamment le Festival Martin Luther King - directeur artistique pour le compte des Galeries Nationales du Grand Palais et directeur musical de l’Ensemble Entretemps, il favorise le décloisonnement musical. Chef invité à l’Orchestre Symphonique de Pékin - outre le grand répertoire, il crée des œuvres de Varèse, Messiaen, Boulez et dirige notamment : l’Orchestre pour la paix, l’Orchestre du Festival Bartok de Budapest, l’Orchestre National d’Alger, les musiciens de l’Orchestre de Paris en production au Palais des Congrès, ceux de l’Orchestre de Calgary avec lesquels il enregistre pour Harmonia Mundi, les musiciens de l’Ensemble Intercontemporain, ceux de Kyoto et l’Orchestre Symphonique de Berlin.

Matsukaze, un Noh aujourd’hui
Pour mezzo soprano, saxophone soprano/ténor et percussion.
Commande de Marie Kobayashi
Cérémonie destinée, d’une certaine manière, à apaiser l’âme des défunts, le Noh est aussi cet espace fantomal courbé par la temporalité que brode la musique ; c’est le lieu privilégié d'une porosité des frontières entre onirique et réel : “Carrefour des songes", Yume No Chimata…
Matsukaze, qui de tous les Noh est l'un des plus beau, est l’évocation de l’amour dont firent l'épreuve les deux jeunes filles, Matsukaze et Murasame, pour le noble Yukihira. Après une brève rencontre, ce dernier retenu à la cour… fit la promesse de revenir. Dans l'imminence d'un probable retour, les deux sœurs, cendre au cœur, hantent le temps, un temps fibré par leur chagrin ; un temps qu’elles traversent selon une modalité propre au Noh ou oscillent apparitions et disparitions.
Crée à Kyoto dans un théâtre classique, Matsukaze, pour voix, ensemble orchestral, ballet et projection audionumérique fut donné au printemps 2006. Mari Kobayashi y tenait le rôle titre ; une nouvelle scène lui est dédiée dans le cadre des Manca.

Ryo Noda, compositeur – saxophoniste (Amagasaki – Japon, 1948)
Ryo Noda a étudié avec O. Kita et A. Sakaguchi au Japon avant de partir aux Etats-Unis étudier le saxophone avec Fred L. Hemke et la composition avec W. L. Karlins. Il étudie ensuite au conservatoire de Bordeaux, avec Jean-Marie Londeix et M. F. Lambezat. Il reçoit plusieurs prix de l’université de musique d’Osaka, le prix d’honneur de la ville de Bordeaux ainsi que le prix de SACEM pour la composition. Noda a écrit plusieurs œuvres pour musique de chambre et continue sa carrière en tant qu’interprète en effectuant des concerts en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, avec un répertoire « résolument contemporain ».  

Improvisations
Pour saxophone solo
Improvisations I (1971)
Improvisations II (1972)
Improvisation III (1973)

A l’époque de la création de ses Improvisations, Noda est un tout jeune saxophoniste en quête d’identité ; il étudie en France, aux USA, mais son cœur est à Osaka ou sur les collines avoisinantes ; il transcrit au premier degré quelques parfums modaux avec les moyens techniques appris en occident ; auto thérapie prophétique de son double parcours actuel de musicien et musicothérapeuthe à l’Université de médecine d’Osaka.

Fuminori Tanada, compositeur (Okayama – Japon, 1961)
Il a étudié la composition, l'écriture et l'accompagnement à l'Université Nationale des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo, notamment avec Yoshio Hachimra et Henriette Puig-Roguet. Boursier du gouvernement français de 1984 à 1987, il est admis au CNSM de Paris où il a remporté trois premiers prix : composition, orchestration et accompagnement. Il a travaillé avec Claude Ballif, Paul Méfano, Betsy Jolas, Serge Nigg, Jean Koerner et Solange Chiapparin. Il achève sa scolarité avec le cycle de perfectionnement en composition. Pianiste de l'Ensemble L'Itinéraire, il partage son temps entre le piano et la composition. Parmi ses oeuvres récentes, on compte Mysterious Morning II (1996-2000), créé et enregistrée le quatuor de saxophones Habanera (le disque comportant cette pièce a obtenu le Diapason d’Or). Egalement, Mysterious Morning III (1996) écrit pour le saxophoniste Claude Delangle, Misterious Morning IV (1996) pour deux harpes et ensemble, crée par L'Itinéraire sous la direction de Mark Foster avec Virginie Tarêtte et Elisabetta Giorgi aux harpes. Quatuor avec flûte (2001), commandé par Emmanuel Pahud, « V » (2002) pour violon, écrit pour David Grimal et un Concerto pour flûte (2003), commande d’Etat pour Pierre-Yves Artaud et l’Ensemble 2e2m (James Wood, dir.). Il prépare actuellement une nouvelle version du Quatuor avec flûte pour les solistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin, un sextuor pour les Vents Français et  le pianiste Eric le Sage et un septuor concertant pour le guitariste Pablo Marquez et les solistes de l’Itinéraire.


DUA
Pour mezzo soprano et saxophone soprano
Commande de Claude Delangle

La  relation entre la voix et le saxophone est le sujet même de cette œuvre.
Il n'y a pratiquement qu'une ligne. Elle est jouée par la voix, qui n’articule pas de texte intelligible, et le saxophone tantôt à l'unisson, tantôt avec un léger décalage, comme des vrilles qui s'entrelacent. Par moment, le saxophone est utilisé pour colorer et brouiller la ligne vocale. J'ai souhaité ainsi obtenir l'impression d'un espace flou, toujours en mouvement et en légère agitation en référence à la texture sonore du Gagaku.


Toshio Hosokawa, compositeur (Hiroshima, 1955)
Toshio Hosokawa a étudié le piano et la composition à Tokyo. En 1976, il se rend à Berlin-Ouest pour étudier la composition auprès d'Isang Yun, le piano avec Rolf Kuhnert et l'analyse avec Witold Szaloneck à la Hochshule der Künste. De 1983 à 1986, il suit les cours de Klaus Huber et de Brian Ferneyhough à la Hochshule für Musik de Freiburg. Les oeuvres d'Hosokawa ont été récompensées par de nombreux prix : Premier Prix au concours de composition Valentino Bucchi à Rome pour Jo-Ha-Kyu ; prix Irino pour les jeunes compositeurs (Tokyo 1982) ; Premier Prix à l'occasion du concours de composition organisé pour le centenaire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, pour lequel il reçoit une commande; Arion Music Prize (Tokyo, 1985); prix de composition La Jeune génération en Europe (Cologne, Paris, Venise 1985). Toshio Hosokawa participe à de très nombreux festivals, comme compositeur ou conférencier : Davos Musik Festival (1988 et 1989) ; Automne de Varsovie (1990) ; Festival de Metz (1990); Darmstadt (1990, 1992 et 1994) ; Quaderni Perugini de Musica Contemporanea (1990 et 1991) ; Extasis (Genève, 1991) ; Japan Festival (Londres, 1991) ; Seattle Spring Festival of Contemporary Music (1992) ; Kuhmu Chamber Music Festival (1989 et 1993) ; Festival d'automne à Paris (1993) ; Festival de Witten (1994); Festival du Printemps de Prague (1994); Festival de Salzbourg (1994) ; Biennale de Venise (1995) ; Ars Musica (Bruxelles, 1995) ; ISCM World Music Days (Essen, 1995) ; Festival de Donaueschingen (1995) ; Wien Modern (1995)... À la Biennale de Münich en 1998, son premier opéra, Vision of Lear, commandé par la ville de Munich, obtient un très grand succès et est reconnu comme "un travail inspiré par la rencontre de l'Orient et de l'Occident qui a ouvert un nouvel univers musical". De 1989 à 1998, il est directeur artistique du séminaire et du Akiyoshidai International Contemporary Music Seminar and Festival.

3 love songs
Pour mezzo soprano et saxophone alto
Commande d’Etat – Création mondiale

I.
Kuraki yori
Kuraki michi ni zo
Irinubeki
Haruka ni terase
Yama no ha no tsuki  -from the Shuishu-

Ever since I was young, I’ve been travelling a dark road. Oh, Moon on the mountain ridge, shine your light on one such as me. (composed when the poet was 16 or 17 years old.)

II.
Arazaramu
Kono yo no hoka no
Omoide ni
Ima hitotabi no
Afu koto mogana  -from the Goshuishu-

My illness gets worse, and my life may not be long. I want one more meeting with you, one more memory to take with me to the other side.

III.
Mono omoeba
Sawa no hotaru mo
Wagami yori
Akugare izuru
Tamaka to zo miru

Lost in vague thoughts. Fireflies blinking at the water’s edge. Is that my soul I see stealing away from me ?




Japanese Love Song sera enregistré pour BIS en décembre 2006.

(Programme imprimé en octobre 2006)




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