CIRM Manca 2013

Les dernières actualités du CIRM

« Retour page précédente

Actualité du Lundi 08 Novembre 2004 à 20h30

CONCERT/CONFERENCE MANCA 2004 - 25ème : Hommage à Jean-Etienne Marie

Lundi 8 novembre 2004 - Eglise Saint-François de Paule (Nice) - Au programme : Conférence "L’homme musical" par Michel Pascal suivie de "Lis Abeiho fasien violoun de sis aleto"(1984) par Claude Crousier, clarinette.
Rencontre suivi d'un cocktail au foyer de l'Opéra en présence notamment des membres de la famille de Jean-Etienne Marie : Mme Brunet Jailly (nièce), Mme Colombo (nièce) et Mme Gisèle Oriot (soeur).


Concert / Conférence
« L’homme musical »
Présentation de Jean-Etienne Marie,
compositeur et fondateur du CIRM
par Michel Pascal*
"Lis Abeiho fasien violoun de sis aleto" (1984)
Pour clarinette et bande 13’
Claude Crousier*, clarinette


* Ensemble Studio Instrumental

Technique CIRM - Nicolas Déflache, ingénieur du son


Le festival MANCA ne pouvait imaginer cette 25ème édition sans rendre hommage à son fondateur. C’est en 1968 que Jean-Etienne Marie crée le CIRM à Paris ainsi que la première classe de composition électroacoustique française à la Schola Cantorum. Dix ans plus tard, le CIRM s’installe à Nice et Jean-Etienne Marie propose, dans le prolongement des activités des studios, la création du festival MANCA en 1979.
Le fondateur du CIRM était donc un homme d’aventure et un militant de la musique d’aujourd’hui : créer une structure comme le CIRM de toutes pièces a demandé en effet un engagement et un dévouement de tous les instants. Mais Jean-Etienne Marie était aussi et d’abord un compositeur. C’est à la croisée de ces deux destins qu’il a su si bien conjuguer que nous vous convions pour cette soirée concert-conférence qui tentera, au delà de l’hommage légitime, de remettre la pensée de Jean-Etienne Marie dans la problématique de la musique d’aujourd’hui.



Jean-Etienne MARIE
Né le 22 Novembre 1917 à Pont L'Evêque, décédé à Nice en décembre 1989
Jean-Etienne Marie se consacre à la musique au lendemain du dernier conflit mondial. Elève de Messiaen et Milhaud, il devint metteur en ondes à la Radiodiffusion Française, spécialiste des retransmissions et sonorisations des Festivals de Musique Contemporaine (Royan, SMIP...).
Musique micro-tonale, musique pour instruments (ou orchestres) et bande magnétique, recherches audio-visuelles, caractérisaient ses premières œuvres. A partir de 1965 le compositeur s'orientera vers une formalisation mathématique de ces trois champs d'investigation.
Sa technique d'écriture découle d'une réflexion sur le "temps musical" perçu, non comme un temps linéaire de nature spatiale, mais un temps tissé de temps autonomes, lacunaires, dont l'étagement organisé produira la profondeur de l'œuvre..
Que ce soit dans la formalisation mathématique la plus poussée ou la plus libre improvisation, la plus violente dialectique ou l'unité apaisée, ses œuvres gardent un certain parfum de "L'agonie du Christianisme" de Miguel de Unamuno, lu au sortir de l'adolescence: "L'agonie c'est la lutte. Le Christ est venu nous apporter l'agonie, la lutte... Et la Paix ?.. Cette paix se réalise dans la guerre et la guerre dans la paix. Et l'agonie, c'est cela même".
Intégrer la mort et la vie est sans doute la constante d'œuvres telles que "Images Thanaïques" (bande et orchestre sur un texte d'Ezechiel), "Obediens usque ad mortem". concerto "Milieu Divin" (pour deux orchestres et 16 haut-parleurs), "Tlaloc", "Ecce Ancilla Domini" (pour 32 cordes solistes) et les nombreux "Tombeaux" à Julian Carrillo, J.P. Guezec... et, dans le domaine de la musique expérimentale: "'s 68", "Quand Elie l'entendit..."
La même volonté de lutte anime l'action de J.E. Marie:
- soit dans ses "fondations" : Le Cercle Culturel du Conservatoire de Paris, le Centre International de Recherche Musicale, Les Semaines de Musique Contemporaine d'Orléans, les "Musiques Actuelles, Nice Côte d'Azur" et enfin le MITT (Micro Intervalles Théorie et Technologie);
- soit dans ses ouvrages: "Musique Vivante", "L'homme musical", "Trois Discours sur le Musical".

Quelques repères biographiques :
1949-1975
Musicien Metteur en Ondes à l'O.R.T.F.
1953
Fonde à la Schola Cantorum le premier cours de Musique Expérimentale.
Expert auprès du Haut Comité de l'Environnement.
1968
Fondation du Centre International de Recherche Musicale (C.I.R.M.).
Fondation des Semaines de Musique Contemporaine d'Orléans.
1978
Implantation du C.I.R.M. à Nice.
1979
Fondation du Festival des MANCA (Musiques Actuelles Nice Côte d'Azur).
1986
Reçoit la Médaille d'Or de la Ville de Nice.
1988
Invité d'honneur à Darmstadt
Cuirassé Potemkine (1978) pour le film muet d'Eisenstein

Quelques œuvres citées :
S 68 (1969). Symphonie électro-acoustique
L'homme musical (1976). Sélectionné parmi les 50 plus beaux ouvrages de 1976. Arthaud-Flammarion
Images thanaïques (1960), pour orchestre
Obediens usque ad mortem (1966), pour orchestre
Tlaloc 1 (1967), pour orchestre
Ecce ancilla domini (1972), pour orchestre
Tlaloc Il (1980), pour orchestre
Marana Tha (1988), pour orchestre
Hephaistos (1980), pour orchestre

(biographie complète sur www.cirm-manca.org)





Michel PASCAL
«Passionné de recherche sonore dans cette frange où bruit et son sont indiscernables comme certains horizons marins pris au lever du jour»
Jean Etienne MARIE présentait ainsi Michel PASCAL en 1984. Ce compositeur français né en 1958 a investi une grande variété de répertoires : des musiques acousmatiques (Falaises et Emergences) , instrumentales, du solo à l’orchestre synphonique (Liens, Trois Ombres éphémères, Protos), vocales (Voiles), du live electronic (Etude 4), du théâtre musical (Icare ?), des installations interactives grand public (Centre Nausicaä de Boulogne/mer), des musiques d’applications pour l’audiovisuel (notamment pour le réalisateur aventurier Luc Henri Fage). Si son style peut ainsi varier considérablement selon les productions, il reste cependant fidèlement attentif à un raffinement de l’écriture entre note et son. Un axe fondamental de son travail concerne la mutation des instruments par leur liaison aux nouvelles technologies. Dans le domaine acousmatique, il en résulte des musiques essentiellement dépendantes du support, mais qui n’absorbent pas totalement les gestes et les sons instrumentaux, ce qui a conduit le compositeur à qualifier ce mode de composition d’acousmatique instrumentale.
Il a régulièrement collaboré avec le monde du théâtre, du cinéma ou de la danse, par exemple avec des créateurs comme Jacques Renoir, Josette Baïz, Jean Marc Matos, Bernard Menaut, Bernard Glandier, Julyen Hamilton, Georges Appaix...
Assistant de Jean Etienne Marie de 1984 à 1987, il crée au Centre International de Recherche Musicale, le Studio Instrumental, afin de développer de nouvelles relations entre le geste du musicien et le son qu'il joue, fusionnant les potentiels des instruments acoustiques aux plus récentes lutheries électroniques. Avec les claviers électroniques, il s’est attaché à développer un nouveau type d’expressivité qu’on pourrait qualifier d’à l'intérieur même du son, comme quelques autres musiciens parmi lesquels on pourrait citer Gyorgy Kurtag, Pascal Gobin, Xavier Garcia, Serge de Laubier...
Son jeu particulier au clavier l’a également amené à travailler dans divers styles musicaux avec des musiciens pratiquant aussi bien les musiques écrites que l’improvisation tels Armand Angster, Barre Phillips, Raymond Boni, Michel Redolfi, Robert Ashley, Yves Robert, Fabien Tehericsen, Jean Paul Celea, Michel Doneda, Alex Grillo, Joelle Léandre, Jacques Di Donato, Henry Fourès...
Michel Pascal enseigne la composition électroacoustique au Conservatoire National de Région de Nice, il est également conseiller artistique pour Aix en Musique, structure avec laquelle il co-produit une manifestation de musiques électroniques « Microfolies ».

Quelques repères discographiques :
Nausicaä, avec Luc Martinez et Michel Redolfi, CD CIRM 1991
Répertoire Polychromes 2, avec 5 autres compositeurs et 6 ensembles dont le Studio Instrumental, CD MFA Radio France 216030 – 1998
Puzzle, CD INA-GRM, acousmatique instrumentale pour un orchestre imaginaire
Bornéo, la mémoire des grottes, film de Luc Henri Fage, Arte (Diffusé le 4 décembre 20h45)




Claude CROUSIER
Après des études secondaires et musicales à Nîmes sa ville natale, il entre au CNSM de Paris. Dans cet établissement, il obtient une première médaille de solfège, un premier prix de clarinette, un premier prix de musique de chambre avant d'entrer en troisième cycle de musique de chambre et dans la classe d'analyse supérieure de J.P. Guézec où il eut par la suite comme professeur O. Messiaen et C. Ballif. Claude Crousier terminera ses études au CNSM par un premier prix d'analyse supérieure et un troisième cycle d'orchestre.
En parallèle de ses activités de soliste au sein d'ensembles de musique contemporaine " 2E2M " et " l'Itinéraire ", il réussit le CA de professeur de clarinette et commence une carrière de pédagogue à Paris puis au CNR de Nice. Dans cette ville il restera 11ans clarinette solo de l'Orchestre Philharmonique. En 1990 il est nommé professeur de clarinette au CNR de Marseille et durant 5 ans clarinette solo (par intérim) de l'Orchestre Philharmonique de cette même ville.
Claude Crousier fût nommé en 1992-86-90 conseiller pédagogique pour les préparations au CA de clarinette. Il est chargé de cours de " pédagogie appliquée " au Cefedem Sud, de conférences au Cefedem de Lyon et de préparations au DE de clarinette en Aquitaine et en Ile de France. Il encadre de nombreux stages de formation professionnelle pour le CNFPT et les Associations Régionales Culturelles.
En tant que compositeur, Claude Crousier dirige ses productions depuis 1977 vers des oeuvres pédagogiques et didactiques, mais aussi orchestrales, chorales et de musique de chambre qui lui permettront de remporter un prix international de composition à Paris en 1986. Directeur de la collection clarinette aux éditions JM. Fuzeau il est également édité chez Billaudot et Choudens.


"Lis abiho fasien viouloun de sis aleto..."
Pour clarinette et sons fixés sur 4 pistes
1984 festival MANCA création à la galerie des Ponchettes par Michel Lethiec

Il n'est d'autre raison d'être de cette œuvre qu'une lettre de F. NIETZSCHE à son ami Peter GAST.
Nice, 20 février
Cher Ami,
Voici le plus récent travail sur la Corse, quelque peu provincial, mais d'un provincialisme méridional. Beaucoup de "couleurs locales". Lisez-le, je vous prie, à l'aide d'un lexique et ne négligez pas le meilleur, trois vers en dialecte provençal qui pendant deux jours ont fait mon bonheur* .
Fidèlement à vous
F.N.

* Décrivant un paysage de jardins, au-dessus de Bastia, l'auteur se demande: "sommes-nous à Paphos? On le croirait à cette atmosphère saturée du parfum des lauriers-roses, des citronniers et des myrtes, à cette heure enchanteresse et caressante, à ce silence profond où dans l'air alangui:
"lis abiho, li mouissaleto fasien viouloun de sis aleto e zongzounavoum... »

(les abeilles, les moucherons faisaient violon de leurs petites ailes - et bourdonnaient - citation de Mireille - NIETZSCHE, Lettres à Peter GAST, Edition du Rocher)

Programme de la manifestation rédigé et imprimé en novembre 2004

Pour en savoir plus :
Extrait vidéo du concert (Ville de Nice) :
http://www.whebdo.org/159/video/manc-2004-mov.html (pour MAC)
http://www.whebdo.org/159/video/manc-2004-wmv.html (pour PC)
Présentation Activités Au Fil Des Jours Ressources

Content on this page requires a newer version of Adobe Flash Player.

GET FLASH





 

Design by WEBSTORE 2011