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EVENEMENT SANS TITRE II

Evenement sans titre II de QUATUOR IXTLA

Année de composition : 2007
Durée : 1.00 minutes

Formation :

Spectacle pluridisciplinaire - Quatuor de percussions, danseur et metteur en ondes

Contexte CIRM


Notice :

Si un bruit vous énerve, écoutez-le.
« À y prêter l’oreille, les bruits racontent le monde, les sociétés, les périodes de l’histoire. Ils révèlent les usages, les modalités d’existence. Ils distinguent les milieux sociaux et également les croyances. Les cris et les sanglots sont des bruits. Les rumeurs de la ville, celles de la nature ne s’entendent comme des bruits que si l’attention veille. Les bruits du monde, les bruits des techniques ont été source d’inspiration pour les compositeurs qui parfois les ont intégrés tels quels dans are l’oreille des hommes, il suscite la faculté d’identification et déclenche la mémoire en mobilisant l’esprit.
Bien plus que les couleurs et les formes, les sons et leurs agencements façonnent les sociétés.
Avec le bruit est né le désordre et son contraire : le monde. Avec la musique est né le pouvoir et son contraire : la subversion. Dans le bruit se lisent les codes de la vie, les rapports entre les hommes. Clameurs, mélodie, dissonance, harmonie ; lorsqu’il est façonné par l’homme avec des outils spécifiques, lorsqu’il envahit le temps des hommes, lorsqu’il est son le bruit devient source de projet et de puissance, de rêve : musique. »
Jacques Attali, « Bruits »


LE PROJET

À la manière de "Theatre piece n°1" ou "Evénement sans titre" (premier happening de l’histoire, en 1952, animé par Rauschenberg, Merce Cunningham et John Cage), le Quatuor Ixtla développe l’idée d’un spectacle pluridisciplinaire, alternant épisodes dansés, lectures et pièces instrumentales.
Disposé face aux acteurs, le public découvrira un panel d’objets-sons, un piano préparé, et plusieurs installations multimédia, incluant des vidéos et de la musique électroacoustique.
Pour réaliser ce projet l’ensemble travaille avec Thomas Gourdy, comédien et metteur en scène issu de l’ENSATT, qui réalise la scénographie et contribue à la mise en forme du spectacle, en y intégrant notamment des écrits de John Cage (son journal et ses traités). Le Quatuor s’adjoint également le concours d’Alexis Baskind issu de l’IRCAM, metteur en ondes, afin de réaliser le projet ambitieux du quatuor : une version électronique totalement inédite de la "Troisième construction", interprétée par les quatre musiciens entourés de machines et de capteurs de mouvements ajoutant à l’oeuvre une dimension chorégraphique. De même, "Quartett" sera interprété en version intégralement réalisée avec les bruits du public, traités, échantillonnés et programmés en temps réel. Par cette expérience (et en présentant aussi "Credo in us", oeuvre faisant intervenir l’aléa d’une radio), Ixtla met en lumière l’approche de l’indétermination dans la musique, chère à John Cage, ainsi que la passion du compositeur pour l’électronique, dont il était à l’époque un des pionniers avec Varèse et Busoni.
"Evénement sans titre II" bénéficie en 2007 du soutien du Mécénat Musical Société Générale. Le spectacle a été capté, lors de sa création en novembre 2007, par la Compagnie Lyonnaise de Cinéma, et diffusé sur TLM, Télégrenoble et Cytizen TV (DVD disponible sur demande).

Quelques mots sur l'utilisation de l'électronique : pourquoi une nouvelle version de la "Troisième construction" ?
L'approche de la composition de John Cage se situe un peu en marge de ses contemporains, entre autres car il donne une importance au moins tout aussi grande à la performance qu'à la forme. Dans cet esprit, il laisse dans beaucoup de ses oeuvres une grande liberté aux interprètes quant au choix des instruments, le travail d'écriture se concentrant principalement sur la forme et le dialogue entre les musiciens.

Notre choix d'adapter "Third Construction" à un instrumentarium partiellement électronique s'inscrit dans cette logique, et a été bien sûr largement motivé par l'intérêt quasiment utopiste que John Cage vouait aux nouvelles technologies.

La première étape consistait à choisir lesquels des nombreux instruments de la version originale seraient remplacés par des équivalents électroniques. Ont été conservés entre autres les instruments les plus atypiques (conque, mâchoires d'âne, boîtes de conserves), notamment pour leur dimension scénique. Sur cette base, nous avons greffé des nouveaux instruments, soit en remplaçant purement et simplement leurs équivalents acoustiques (toms, cymbale, lion's roar, tambourin), soit en augmentant l'instrument acoustique existant avec une prolongation électronique (ce qui est par exemple le cas des boites de conserve). Tous les sons employés ont été enregistrés par nos propres soins, ceci pour nous approprier au mieux la matière sonore, et garder une grande liberté de choix, tout en tâchant de respecter l'idée formelle de la composition originelle.

Se pose bien sûr la question de la posture des interprètes par rapport à un tel arsenal technique. Le danger principal, celui contre lequel nous met en garde Cage lui-même, consiste à implicitement considérer la technologie comme une fin en soi, qui a elle seule justifierait de monter une nouvelle version de "Third Construction". L'intérêt de ce projet ne réside pas dans la démonstration technologique vaine, mais dans la possibilité de "re-présenter" une pièce datée de plus de soixante ans sous une forme nouvelle, collant au présent, laissant ainsi cette pièce le soin de démontrer elle-même son atemporalité.


LE PUBLIC
Conscient de la difficulté que peut représenter la compréhension d’une oeuvre contemporaine, Ixtla souhaite développer l’aspect visuel du concert, à plus forte raison pour recréer l’univers de Cage, lui-même très sensible à une approche interactive avec le public et à la théâtralité de la musique.
Ce spectacle pluridisciplinaire pourra séduire des publics très variés : ainsi, les néophytes pourront découvrir de manière ludique les oeuvres du compositeur, et apprécieront la variété d’objets qui fleurissent le plateau, et les plus avertis se retrouveront dans les références historiques nombreuses, et l’aspect multimédia du spectacle.
Enfin le jeune public pourra être séduit par l’approche esthétique des instruments-objets (jouets, boîtes de conserve et autres sifflets…) notamment dans la "Troisième construction", ainsi que par la théâtralité : intervention par, ou avec le public et interprétation de pièces parlées : "Living room music" et "Wawdwawg".


OEUVRES DE JOHN CAGE interprétées dans Evénement sans titre II :
- Troisième Construction
- Quartet
- Amores (extraits)
- Credo in us
- Living room music
- Wawgwawd (extraits)
- Textes lus tirés de son journal et d’Ulysse de James Joyce.
- In a landscape


(crédit photo : Victor Paimblanc)





Extranet artiste Dernière mise à jour le 26/10/2009
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