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AN INDEX OF METALS

An index of metals de Fausto ROMITELLI

Année de composition : 2003
Durée : 65.00 minutes

Formation :

Pour ensemble (flûte, hautbois, clarinette, trompette, trombone, violon, alto, violoncelle, piano et clavier, guitare électrique, basse électrique), soprano, video et électronique.

Editeur

Editions Ricordi

Contexte CIRM




Notice :

Fausto Romitelli, la plus raffinée des oreilles au service de la corruption et des mauvais trips... Somptueux arpèges de bois, harmonies résonantes, guitares électriques alanguies... tout un matériel musical cousu d’or, qu’il ne met à jour que pour mieux le corroder, à la manière dont Greenaway explorait à haute vitesse, dans «Zoo», le destin des chairs faisandées. A la lisière de la «musique contemporaine» et du rock psychédélique, dans des tempos lents , plombés, lourds de fatigue, où toute sonorité glisse lentement vers sa distorsion et son usure, «Index of Metals» sonne comme un long Requiem. Mais requiem pour qui ? Pour toute réalité sensible et palpable, dirait-on, pour la matière elle-même, qu’on voit reluire et scintiller sur les trois écrans géants, danser d'absurdes ballets de molécules, et chuter finalement dans le vertige terminal d’un recycleur à déchets. A travers Pink Floyd et Pansonic, à travers le son filtré et l’image saturée, Romitelli dit sa lassitude d’une musique « pure » ; mais il invente un nouveau sublime.

An index of metals (2003)
Note d'intention de Fausto Romitelli

Au centre de mon activité de compositeur se trouve l’idée de considérer le son comme matière à forger. Grain, épaisseur, porosité, brillance, densité, élasticité sont les caractéristiques principales de ces sculptures de sons obtenues par l’amplification, les traitements électroacoustiques mais aussi l’écriture purement instrumentale. Après « Professor Bad Trip » où les harmonies instrumentales sont comme perçues sous mescaline : saturées, distordues, liquéfiées, il m’a semblé indispensable de poursuivre cette recherche aux limites de la perception en projetant le timbre comme une lumière. Aller au bout de cette hallucination qui rend le son visuel.
« An Index of Metals » a pour projet de détourner la forme séculaire de l’opéra vers une expérience de perception totale plongeant le spectateur dans une matière incandescente aussi bien lumineuse que sonore ; un flux magmatique de sons, de formes et de couleurs, sans autre visée que l’hypnose, la possession et la transe.
Rituel laïque à la manière des light shows des années soixante, de la rave party d’aujourd’hui, où l’espace, solidifié par le volume sonore et la saturation visuelle, semble se tordre en mille anamorphoses.
Loin de solliciter uniquement nos capacités analytiques comme l’essentiel de la production contemporaine, « An Index of Metals » veut s’emparer de notre corps par cette surexposition sensorielle et onirique.
« An Index of Metals » n’est donc pas une nouvelle tentative de renouveler l’opéra en y ajoutant l’image comme adjuvant à la mise en scène. Ni une approche strictement multimédia où chaque artiste illustre de son côté une narration commune. C’est le projet tout à fait original de penser conjointement le son et la lumière, la musique et la vidéo, d’utiliser timbres et images comme éléments d’un même continuum soumis aux mêmes transformations informatiques. L’histoire est celle de cette fusion de la perception, de cette perte des repères, de notre corps devenu sans limites dans la fournaise d’une messe des sens.
Le texte original de Kenka Lekovich se déforme lui-même passant d’une langue à l’autre. Ma musique (pour soprano et onze instruments amplifiés) développe un timbre impur en contrepoint des interférences colorées de la vidéo de Paolo Pachini et Leonardo Romoli. Trois films autonomes, diffusés sur trois écrans, occupent tout l’espace visuel. Le son s’y projette en taches lumineuses. L’image exploite les mêmes caractéristiques physiques que la musique : irisations, corrosions, déformations plastiques, ruptures, incandescence et solarisation de surfaces métalliques qui révèlent leur nature intimement violente et meurtrière.
Composer visuellement le son, filmer acoustiquement l’image, les soumettre aux mêmes transformations informatiques demande une période de développement afin d’unifier les outils de capture et de manipulation de ces deux univers.
Les phases de recherche puis de production des traitements électroacoustiques et vidéos sont poursuivies en collaboration par un petit groupe d’artistes et de techniciens au sein de leurs propres structures, puis réunis pour la post-production au Centre du Fresnoy : Leonardo Romoli (vidéaste), Paolo Pachini (informaticien musical, vidéaste, producteur exécutif), Francesco Giomi (informaticien musical), Fausto Romitelli (compositeur). Ce groupe gère aussi la mise en espace de l’oeuvre et la direction de la vidéo, du son et de l’éclairage pendant la représentation.

« An Index of Metals » sera cette narration abstraite et violente, épurée de tous les artifices de l’opéra, un rite initiatique d’immersion, une transe lumino-sonore.



Pour en savoir plus

http://www.ictus.be



Extranet artiste Dernière mise à jour le 05/01/2009
 
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