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Actualité du Mercredi 15 Novembre 2000 à 20h30

CONCERT MANCA 2000 - Orchestre Régional de Cannes PACA

Mercredi 15 novembre 2000
Fondation MAEGHT (Saint-Paul de Vence)

L'ORCHESTRE REGIONAL DE CANNES PACA
direction Philippe BENDER
récitant Daniel MESGUICH,  violon Nicolas MIRIBEL


Benjamin de LA FUENTE "Redbone" - Création mondiale
Pour orchestre de chambre et électronique (10’)

Henri TOMASI "Retour à Tipasa"
Pour orchestre et récitant (16’)

Jacques CHARPENTIER "les 10 commandements"
Pour orchestre et récitant (20’)

Entracte

Alain FOURCHOTTE "Symphonie n° 1" - Création mondiale
Pour orchestre (19’)

Philippe LEROUX "(D')Aller"
pour violon soliste et 16 instruments (18’)



C’est l’Orchestre Philharmonique de Nice qui a ouvert le festival, c’est l’Orchestre Régional de Cannes Provence-Alpes-Côte d’Azur qui le clôturera avec deux créations au programme : aux cotés du compositeur niçois Alain Fourchotte on trouvera le jeune compositeur Benjamin de la Fuente. Daniel Mesguich sera le récitant de Jacques Charpentieret Henri Tomasi et Nicolas Miribel, le soliste du Concerto pour violon de Philippe Leroux.

Orchestre Régional de Cannes P.A.C.A.
Direction artistique, Philippe Bender
Cette phalange de 40 musiciens d’une moyenne d’âge de 35 ans fêtera ses 25 ans en 2001. Gérée par une association 1901, son financement est assuré par le Ministère de la Culture, la Ville de Cannes, le Département des Alpes-Maritimes, la Région Provence Alpes Côte d’Azur, complété par un autofinancement élevé.
Sous la Direction de Philippe Bender, l’Orchestre a atteint un niveau artistique lui permettant  de rivaliser sur le plan international avec d’autres formations du même type, English Chamber Orchestra, Ensemble Orchestral de Paris, Orchestre de Chambre de Lausanne, Orchestre de Chambre de Stuttgart, etc.. Il a participé à de nombreuses émissions de Radio et de Télévision telles que le Carrefour des Orchestres, Grand Echiquier, Musique au Cœur…).
Investi d’une mission de service public culturel, il est, au cœur de sa Région un véritable outil culturel à la disposition des villes. Son intense activité lui permet d’être présent sur tout le territoire de Provence Alpes Côte d’Azur, l’affirmant comme un élément vivant et dynamique de la diffusion musicale, assurant une centaine de prestations annuelles réparties à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, dans la Région Provence Alpes Côte d’Azur.
Depuis sa création, l’O.R.C.P.A.C.A. a participé  à de nombreux Festivals en France comme à l’étranger, parmi lesquels on peut citer ceux de Cervo & Turin (Italie) ; Montreux Vevey (Suisse), Prades, Besançon, Antibes, Toulon & Menton (France) et réalisé avec la Suisse, Italie, Etats-Unis, Allemagne, Autriche, Grèce, Japon, Espagne, Ile Maurice & Polynésie française de grandes tournées de concerts qui lui ont valu, de la part du public, comme de la critique un accueil enthousiaste et élogieux.
Parallèlement, l’Orchestre remplit une mission sociale importante, donnant des concerts aussi bien pour les enfants des hôpitaux, les personnes âgées ou handicapées, dans les prisons. Il participe également  l’initiation musicale des élèves en recevant  des classes dans sa salle de répétition pour des animations scolaires, en donnant des concerts spécifiques pour les élèves et les collégiens, en collaborant avec le rectorat aux programmes musicaux des lycées, et en proposant des concerts sur les campus universitaires.

Philippe BENDER
(né à Besançon)
Après avoir commencé ses études musicales dans sa ville natale, il les poursuit au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il obtient en 1959 trois Premiers Prix. Il suit les cours de la Hochschule für Musik de Fribourg en Brisgau, puis ceux de la Julliard School de New-York dont il sort diplômé. Il est alors flûtiste concertiste et sera lauréat de plusieurs concours internationaux : Genève, Munich, Montreux.
De 1960 à 1968, il mène une carrière de soliste qui le conduit en Suisse, Allemagne, Autriche avant d’appartenir à l’Orchestre de Monte-Carlo où il rencontre Paul Paray.
C’est celui-ci qui, découvrant les dons de chef d’orchestre du musicien, l’encourage à se présenter aux concours internationaux de jeunes chefs d’orchestre. Lauréat du concours de Besançon en 1968 et médaille d’or du prestigieux concours Mitropoulos de New York en 1970, Philippe Bender est engagé comme chef-assistant au New York Philharmonic où il travaille sous les directions successsives de Léonard Bernstein et Pierre Boulez.
Depuis Philippe Bender a dirigé de nombreux orchestres occidentaux parmi lesquels on peut citer l’American Symphony de New York, les orchestres de la Suisse Romande, de Genève et de Lausanne, ceux de Francfort et Baden-Baden, l’Essicher Rundfunk Orchester, les Orchestres de la Haye, de Rotterdam, le Concertgebow d’Amsterdam, le New York Philharmonic, le Houston Symphony Orchestra, l’Orchestre symphonique du Québec, les Orchestres N.H.K et Tokyo Philharmonic, l’Orchestre national de France, L’Orchestre de Paris, l’Ensemble instrumental de Paris.
Il a dirigé, à la tête de l’Orchestre de la Fondation Gulbenkian, une série de concerts en Inde qui l’a amené en particulier à Bombay, New Delhi, Madras… Il est aussi régulièrement invité aux Etats-Unis où il dirige différents orchestres et participe à de nombreux festivals. Il a été de 1995 à 1997 directeur artistique de l’Orchestre de Palma de Majorque dont il est resté chef invité, et dirige régulièrement les phalanges espagnoles, dont l’Orchestre National de Madrid.
Il préside deux académies de musique, à Fez et à Palma de Majorque où il assure également des masterclasses de direction d’orchestre.
Philippe Bender s’est notamment rendu avec l’Orchestre Régional de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Autriche pour des grandes tournées qui l’ont conduit à New York, Washington, Tokyo, Osaka, Berlin et Vienne.


Nicolas MIRIBEL
(Violon soliste)
Après des études au Conservatoire National de Région de Besançon dans la classe de Paulette Verstraeten, Nicolas Miribel entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Gérard Jarry. Il y obtient son prix de violon et un Premier Prix à l’unanimité de musique de chambre.
C’est alors qu’il intègre un cycle de perfectionnement avec le trio Wozzeck, dans la classe de Bruno Pasquier. En 1992, il part étudier au Center for the arts de Banff au Canada, puis au Festival de Ravinia à Chicago. Il y rencontre Walter Levin et Hatto Beyerle, dont l’influence sera décisive sur sa conception de la musique.
Avec le trio Wozzeck, il obtient le prix Maurice Ravel de l’Académie de Saint-Jean de Luz, puis le deuxième prix au Concours International Franz Schubert et Musique du XX° siècle de Graz en Autriche.
En 1994, le Kranichsteiner Preis des Rencontres Internationales de Musiques Contemporaines de Darmstadt lui est décerné. Violon solo depuis 1993 de l’Ensemble Itinéraire, il participe aux créations de Michaël Levinas, Jean-Luc Hervé, Robert H.P. Platz, Eric Tanguy…Brice Pauset et Karim Haddad lui dédient plusieurs de leurs œuvres.
Nicolas Miribel a joué en Europe et dans le monde, avec des artistes tels que Christophe Coin, Pierre-Yves Artaud, Michaël Levinas ou André Richard avec lequel il a interprété La Lontananza nostagica de Luigi Nono pour violon et bandes. Des radios comme France Musique ou la Hessischen Rundfunk ont diffusé certains de ses concerts.
Il a aussi réalisé des disques consacrés aux compositeurs Gérard Grisey, François Paris et Philippe Hurel. Professeur titulaire du C.A. à l’ENM de Bourg la Reine/Sceaux, il enseigne également à l’Académie des Sources de Condom, ainsi qu’aux Rencontres Musicales de Lorraine à Nancy.

Daniel MESGUiCH
Daniel Mesguich a été élève au Conservatoire National Supérieur d’art dramatique de Paris dans les classes d’Antoine Vitez et de Pierre Debauche. Il y enseigne depuis 1983. En 1974, il a fondé sa compagnie, le Théâtre du Miroir. De 1986 à 1988, il a dirigé le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. De 1991 à 1998, il a dirigé le Théâtre National de Lille (la Métaphore). En 1998, il a créé une nouvelle compagnie : Miroir et Métaphores.:
des textes classiques : Marivaux, Le Prince travesti, La seconde surprise de l’amour ; Jean Racine, Britannicus, Andromaque, Bérénice, Mithridate ; Anton Tchekov, Platonov ; Paul Claudel, Tête d’Or ; Victor Hugo, Marie Tudor ; William Shakespeare, Hamlet (trois versions), Le Roi Lear, Roméo et Juliette, Titus Andronicus, la Tempête ; Molière, Dom Juan ; An-Ski, Le Dibbouk ; Sophocle, Electre ; Euripide, Médée.
Des textes contemporains : Julius Amédée Laou, Folie ordinaire d’une fille de Cham ; Gaston Portail, Boulevard du boulevard ; Hélène Cixous, l’Histoire qu’on ne connaîtra jamais, Clarisse Nicoïdski, Ann Boleyn, Le Désespoir tout blanc…
A l’opéra, il a mis en scène notamment :
Le Grand Macabre de Ligeti (à l’Opéra de Paris) ; l’Amour des trois oranges de Prokofiev (à l’Opéra-Comique) ; La Passion de Gille de Boesmans et Mertens (au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles) ; la Tétralogie de Wagner, Der Ring des Nibelungen (à l’Opéra de Nice et au Théâtre des Champs-Elysées) ; Le Bal Masqué de Verdi (à l’Opéra de Lille) ; GO-gol de Michaël Lévinas (au festival Musica à Mulhouse et à l’Opéra de Montpellier) ; La Vie Parisienne d’Offenbach (à la Comédie Française) ; Wozzeck d’Alban Berg (à l’Opéra de Montpellier) ; Des Saisons en enfer. Un amour fou : Rimbaud et Verlaine de Marius Constant (Printemps des Arts de Monte-Carlo, 1999) ; Le Fou de Landowski (Opéras de Montpellier, mars 2000) ; Le Manège de Manon Landowski, comédie musicale, Los Angeles, avril 2000.
Acteur de théâtre, il a joué notamment : Hamlet, Platonov, Camille Desmoulins, Pascal… Acteur de cinéma, il apparaît au générique de grands films signés Michel Deville (Dossier 51), Costa-Gravas (Clair de Femme), François Truffaut (l’Amour en fuite), Ariane Mnouchkine (Molière), Francis Girod (La Banquière), Alain Robbe-Grillet (La Belle Captive), Yves Boisset (Allons z’enfants), José Pinheiro (Les mots pour le dire, la femme fardée), James Ivory (Quartet, Jefferson à Paris), Bernard Rapp (Tiré à part), Iradj Azimi (Les Iles, le Radeau de la Méduse)…
Pour la télévision, il a joué notamment les rôles de Napoléon, Berlioz, Kafka…Un pique-nique chez Osiris, téléfilm de Nina Companeez (2000). Il a conçu et réalisé, avec Frank Verpillat, Un rêve de Racine, documentaire de 52 minutes pour la Cinquième (1999).
Il intervient régulièrement comme récitant dans de nombreux concerts et a enregistré de nombreux textes pour la radio, le disque et le CDROM.
Outre de nombreux articles sur le théâtre, il a publié un texte français de Titus Andronicus (Editions de la Différence) ; il cosigne avec Xavier Maurel, une adaptation de la Vie parisienne d’Offenbach (L’Avant-scène) et une traduction de La Tempête de Shakespeare (Editions de la Comédie Française) ; il traduit Médée d’Euripide en 1999 ; il est l’auteur d’un essai théorique sur le théâtre, l’Eternel éphémère (Editions du Seuil).

En préparation :
Acteur : D’Artagnan, film américain d’après Alexandre Dumas (septembre-octobre 2000)
Metteur en scène : Britannicus de Racine (septembre 2000, Théâtre national de Séoul), Le Diable et le bon dieu de Jean-Paul Sartre (janvier 2001, Théâtre de l’Athénée, Paris), Esther de Racine (mars 2001, Espace Rachi, Paris), Elephant Man, opéra de Laurent Petit-Girard (Prague, janvier 2002), La Damnation de Faust de Berlioz (Leipzig, juin 2002)…




Benjamin DE LA FUENTE
(né en 1969)
Il a obtenu tout d’abord les prix d’orchestration, d’analyse et de composition électroactoustique (classe de Bertrand Dubedout) au CNR de Toulouse.
Il étudie au CNSM de Paris de 1994 à 1998 et obtient les prix de composition dans la classe de Gérard Grisey et d’improvisation générative dans la classe d’Alain Savouret et Rainer Boesch. Il obtient parallèlement une Maîtrise de Musicologie à l’Université de Paris VIII (l’Entendre aujourd’hui ou la réappréhension du son musical). Il fait partie de la promotion 1998-99 du cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM. Il sera pensionnaire à la Villa Médicis à Rome pour 18 mois (2001-2002).
Il est lauréat du 1er prix du concours international de composition d’Aquitaine (ADAMA) en 1990 et finaliste du concours international de composition électroacoustique de Noroit en 1996.
Depuis quelques années il consacre sa production musicale en grande partie au développement des vertus poétiques et techniques de la musique mixte à travers un jeu sur les différentes perceptions du son et leurs impacts dans la mémoire. Il a réalisé également des musiques pour la scène et l’image et poursuit parallèlement une carrière d’improvisateur en tant que violoniste et est cofondateur de l’ensemble Roue- libre.
Plusieurs institutions lui ont passé commande : l’ensemble TM+, le Théâtre du Châtelet, l’Orchestre N ational de Lyon, l’ensemble Itinéraire, les Percussions de Strasbourg ainsi que le Ministère de la culture, l’ADIAM-78.


Redbone
Pour orchestre de chambre et électronique
Redbone tente de mettre en évidence certains aspects d’une musique concentrée sur l’énergie, le mouvement, la vitesse, la mémoire et surtout les différents niveaux de perception d’une musique mixte, à l’intérieur d’une architecture construite directement sur la « logique » du matériau lui-même et dont le sens se dégage par une écriture établie sur la variation d’intensité, de densité, sur la mise en évidence de certains de ses paramètres. La notion de développement laisse la place à une esthétique accordant une réelle valeur à la confrontation du matériau avec un contexte, un espace renouvelé, à la présentation de ses différentes facettes dans l’altérité, afin de révéler son identité. Redbone nous plonge dans un jeu de références dans l’utilisation d’éléments formateurs préexistants et reconnus pour la perception, qu’ils soient d’ordre musical ou extra-musical et propose plusieurs niveaux d’écoutes qui organisent la structure même de la musique. Par-là, Redbone représente autant une volonté d’étendre la notion de mixité usant de notre phonoculture et de notre quotidien sonore. Je tiens à remercier chaleureusement le chanteur Léon Redbone de m’avoir donné l’autorisation d’utiliser un extrait de sa chanson Winter Wonderland (tiré de son disque Christmas Island). Un élément « dramaturgique » essentiel dans cette pièce.
Benjamin De la Fuente.

Henri TOMASI
(1901-1971)
« Le catalogue du compositeur marseillais Henri Tomasi s'ouvre, en 1918 par un Poème pour Cyrnos: Cyrnos est le nom grec de la Corse. En 1927, Tomasi obtient le Premier Second Grand Prix de Rome avec Coriolan, un thème qui inspira aussi Shakespeare. À sa mort, en 1971, Tomasi projetait un opéra d'après Hamlet et venait de terminer un arrangement de Chants populaires de l'Ile de Corse.
La Corse des origines, les interrogations shakespeariennes sur le monde et le sens de l'existence : ouvrant et fermant sa carrière, ces deux thèmes vont jalonner la vie du compositeur.
Cette vie commence à Marseille, à la Belle de Mai, le 17 août 1901.
La jeunesse de Tomasi, ses rapports avec sa mère, avec son père, facteur des postes (son trajet le conduisait vers Cassis, "à travers les montagnes" disait Henri !), les études, à Marseille - Henri, souvent, préférait aller sur le port qu'au Conservatoire ! - et à Paris, les difficiles années d'apprentissage expliquent quelques traits de son caractère, de divers aspects de son œuvre. Sa haine de la capitale fut telle que, mort à Paris le 13 janvier 1971, c'est à Avignon, en terre de soleil, qu'il fut enterré.
Entre Paris, Marseille, "Porte de l'Orient" qui lui inspira tant de rêves d'évasion vers des pays exotiques, et les Alpilles, Henri Tomasi connaîtra de nombreuses escales, si bien évoquées par l'orchestre et par la voix. À travers l'Europe, il mènera une carrière de chef renommé, ralentie puis interrompue, à la suite d'un accident survenu en 1952.


"CETTE STUPIDE PLANETE…"
En 1955 Tomasi écrit sur la partition de L'Atlantide offerte à son fils : "Pour mon petit Claude chéri, en espérant pour lui des aventures merveilleuses sur cette stupide planète". "Stupide planète" : ces mots, avec de multiples variations et commentaires sur "l'homme loup pour l'homme" seront le leitmotiv d'une correspondance de plus en plus amère. Dans l'œuvre, combien de fois retentiront la grande question : "être ou n'être point ?" et les réponses, toujours dans le langage qui convient, colère, révolte, angoisse, espoir...
Les adaptations de récits d'Alphonse Daudet, les ballets Les Santons et Folies mazarguaises, le Tombeau de Mireille, les arrangements de Noëls de Nicolas Saboly, la Messe de Minuit pour Frigolet témoignent de l'attachement de l'homme pour la région et la ville natales du compositeur. Mais dans ce répertoire ne se trouve pas le grand Tomasi.
Le grand Tomasi, c'est celui qui, profondément inspiré par la Méditerranée, berceau de bien des civilisations, a su faire de chaque œuvre importante un voyage vers d'autres façons d'être et d'aimer, vers d'autres sonorités, d'autres rythmes, d'autres êtres, divers et pourtant semblables avec leurs interrogations face à la vie et à la mort, face à leur condition humaine.
De Paghjella aux Chants laotiens, des Danses cambodgiennes, au Divertimento corsica, de Semaine Sainte à Cuzco aux Chants populaires de l'Ile de Corse, de 1928 à 1971, que d'escales en des terres et de mers pleines de chants d'oiseaux, de rires de filles, où le soleil dore les corps ! Et Henri Tomasi dira aussi les malheurs et la libération des peuples : Symphonie du Tiers Monde d'après Aimé Césaire et, d'après Sartre, Chant pour le Viet-Nam.
On ne saurait passer sous silence d'autres pages lyriques ou symphoniques : le Concerto pour guitare et orchestre, à  la mémoire d'un poète assassiné, Federico Garcia Lorca, Miguel Manara, Sampiero Corso ou L'Atlantide. Preuve éclatante de son goût littéraire et de son savoir-faire dramatique, Tomasi réussira l'adaptation lyrique du Silence de la mer de Vercors et celle de L'Eloge de la folie d'après Erasme.
Outre le Concerto pour guitare, Henri Tomasi montrera sa grande connaissance des instruments avec des œuvres destinées à mettre en valeur leurs possibilités, à les conduire à leurs extrêmes limites. Et sa musique de chambre comporte de fort belles pages.
Évoquons encore deux œuvres significatives : le ballet Noces de cendres (1952) et Retour à Tipasa (1966). Dans la première, l'absurdité de la guerre nous saute au visage et, dans la seconde, on entend la leçon d'espoir d'un homme malade, désabusé mais capable, au moment même où il hurle un pathétique "Je n'espère plus en l'homme...", de donner tout leur sens aux paroles de Camus : "Je redécouvrais à Tipasa qu'il fallait garder intacte en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l'injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise."
Cent ans après la naissance du compositeur, la musique d'Henri Tomasi conserve intactes, au-delà des modes, ses immenses qualités. Son humanisme, sa générosité, sa tendresse mêlées de révoltes, ses colères s'ouvrant en définitive sur une immense leçon d'espoir, l'ensoleillement de ses amertumes comme de ses émerveillements la rendent plus que jamais contemporaine.».
Gabriel Vialle (juin/octobre 1995)


Jacques CHARPENTIER
(1933, Paris)
Il débute l’étude du piano le jour anniversaire de ses cinq ans avec Maria Boutillier-Cerati. Sur le conseil d’Henri Busser, il travaille l’écriture musicale avec Jeanine Rueff. Elève au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il remporte les plus hautes récompenses dans les classes d’Olivier Messiaen et de Tony Rubin (Premiers Prix dans chacune de ces classes). Il part pour les Indes où il se met à l’écoute et à l’étude de la musique traditionnelle de ce pays. De retour des Indes, il est nommé Organiste titulaire  à Saint- Benoît d’Issy-les-Moulineaux. Il entre aux Jeunesses Musicales de France où il participe, selon les cas, comme compositeur, pianiste, chef d’orchestre, conférencier, à plus de 200 manifestations. Il devient collaborateur de la Radio, est nommé Membre du Jury du Conservatoire National Supérieur, et représente la France dans plusieurs Congrès de l’UNESCO, notamment à Jérusalem et à Téhéran. En 1966, à la création de la Direction de la Musique au Ministère de la Culture, il est nommé par André Malraux  – alors Ministre d’Etat chargé des Affaires Culturelles - Inspecteur  Principal de la Musique, aux côtés du compositeur, Marcel Landowski, nommé Inspecteur Principal A partir de cette date, Jacques Charpentier va jouer un rôle éminent dans la réorganisation et le renouveau musical de la France. En 1974, il est nommé Inspecteur Général de l’Enseignement Musical. En 1979, Il est nommé Directeur de la Musique de l’Art Lyrique et de la Danse au Ministère de la Culture.
En 1982, Jacques Charpentier est nommé Directeur Général de la Musique de la Ville de Nice et Professeur de Composition au Conservatoire National de Région de cette même ville. En tant qu’Inspecteur Général puis en tant que Directeur de la Musique, Jacques Charpentier eut à assumer de multiples fonctions, notamment celles de Président de l’Orchestre de Paris, de Vice-Président de l’Opéra de Paris et du Festival d’Aix-en-Provence, ainsi que de beaucoup d’autres organismes officiels ou privés, dont certains furent créés par lui. En 1989, Il est Professeur d’orchestration de composition et de civilisation musicale au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Aujourd’hui, Jacques Charpentier préside de nombreuses associations musicales dont certaines d’importance nationale, parmi lesquelles la Cité de la Musique de la Ville de Marseille.
Régulièrement jouée à l’étranger, son œuvre de compositeur est très large et demeure ouverte. Sa musique, au service de l’expression sensible, utilise les matériaux d’Occident et d’Orient. Epris de spiritualité, son chemin musical le conduit à une réflexion d’au-delà du temps.
Malgré son activité largement consacrée au renouveau de la vie musicale de son pays, il demeure l’un des compositeurs les plus féconds  de sa génération : 2 « opéras » dont un opéra d’enfants, 1 opéra en langue d’oc « Béatris », plusieurs oratorios dont un « Te Deum », 8 « symphonies » dont une avec orgue, 10 concertos, 18 « concerts » pour divers instruments, solistes et cordes, près de cent pièces pour piano dont les célèbres « 72 Etudes Karnatiques », plusieurs ballets, des musiques de scène diverses, une quinzaine de pièces pour Grand Orgue dont son « Livre d’Orgue », grande fresque composée à la demande de la Ville de Metz en hommage à Saint-Thomas d’Aquin pour le 7ème centenaire de sa mort, de nombreux ouvrages de musique de chambre dont le « Quatuor pour Ondes Martenot » premier du genre.
Enfin, Jacques Charpentier est titulaire de nombreuses distinctions et décorations honorifiques.
M. Desjardins

Les Dix Commandements
Récitant : Daniel MESGUICH

Les Dix Commandements, pour récitant et orchestre, sont une œuvre écrite au début de l’année 2000 et créée par Philippe Bender et l’Orchestre de Cannes avec Frédéric Lodéon comme récitant au Festival de Saint Jean Cap Ferrat.
Il s’agit du texte du décalogue de l’Ancien Testament que Moïse transmet au peuple hébreu après avoir reçu les Tables de la Loi.
L’Orchestre, tantôt feu, tantôt ciel, tantôt terre, éclatant ou sombre, violent ou tendre apporte un prolongement sonore, comme un vitrail de lumière au texte initial librement transcrit par le compositeur.
Jacques Charpentier


Alain FOURCHOTTE
(né en 1943)
Études littéraires – Etudes musicales parallèles avec René Callonico et au C.N.R. de Nice avec Mario Vittoria – Grand Prix de la Ville de Nice de composition – suit à Darmstadt les cours de György Ligeti, Mauricio Kagel et Cristóbal Halffter (1976) – Boursier du Ministère de la Culture : élève de Franco Donatoni  à Sienne (1980) – De 1977 à 1981 : Alain Fourchotte présente et dirige des concerts de musique contemporaine au C.A.R.I. de Nice – De 1978 à 1983 il collabore au Centre International de Recherche Musicale (CIRM) et au Festival MANCA avec Jean-Etienne Marie – Doctorat d’Etat de Musicologie (1991) – Maître de conférences en Musique à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice.
Catalogue fourni d’œuvres très diverses (Plus de 100). Parmi ces œuvres : Médée (Opéra de chambre, livret de Colette Bottin : MANCA 84). Quietum pour 6 instruments créée en mars 92 à New-York. Sillages, Concerto pour piano et orchestre : commande d’Etat (1995) créé en mars 95 par Denis Weber et Philippe Bender.  Tropes pour clarinette et trio à cordes créé à New-York en mars 96. Spatium pour 12 cordes (commande du Festival MANCA 1998). Double trio (commande Radio France), (99), Symphonie n° 2 (1999-2000).

1ère Symphonie
Cette œuvre a été écrite en 1996. Pourquoi une symphonie ? Après quelques pièces pour orchestre (dont un Concerto pour orchestre : 1975) et plusieurs concertos : dont le Concerto pour flûte et orchestre (crée au MANCA 82 par Aurèle Nicolet et l’Orchestre Régional dirigé par Philippe Bender), le Concerto pour clarinette et orchestre (création  à Radio-France en 1984 par Michel Lethiec et le N.O.P.), Sillages (création en 1995 par Denis Weer et Philippe Bender), j’avais envie d’affronter la grande forme par excellence que reste la symphonie en faisant la synthèse de mes expériences timbriques. Sans nostalgie, mais en continuant le sillon tracé depuis Quietum pour 6 instruments (crée à New-York en 1992) jusqu’à Spatium pour 12 cordes (crée au MANCA 98), je voulais retrouver une certaine spontanéité d’expressivité atonale. Pour cela, loin de toute mode « néo », bâtir chacun des 4 mouvements sur les transformations motiviques d’un thème et oser tendre vers le lyrisme. Le premier mouvement : lent procède par tuilage et remplissage progressif d’accords. Le second mouvement : rapide fait éclater les motifs en un contrepoint de plus en plus dense. Le troisième mouvement est un adagio espressivo avec en son centre une polyphonie à 11 voix des violons divisés. Enfin le quatrième mouvement : rapide essaie de condenser et de mêler tous les types d’écriture utilisés dans les mouvements précédents.
Alain Fourchotte

Philippe LEROUX
(Boulogne, 1959)
Philippe Leroux entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, en 1978, dans les classes d’Ivo Malec, Claude Ballif et Pierre Schäeffer où il obtient trois Premiers Prix. Il a étudié également avec Olivier Messiaen (en auditeur libre au CNSM), Franco Donatoni (à Sienne), Betsy Jolas et Jean-Claude Eloy (au CNSM), et Iannis Xénakis (au CEMAMU). Plusieurs œuvres lui ont été commandées par  Le Ministère français de la Culture (en 1982, 1987, 1991, 1994, 1996, 2000), Radio-France (1985, 1993, 1999), La Südwestfunk de Baden Baden (1997), l’IRCAM (1997, 2000), l’INA-GRM (1986, 1989, 1992), Les Percussions de Strasbourg, l’Ensemble Ictus ainsi que par d’autres institutions. En 1993, il est nommé pensionnaire à laVilla Médicis où il séjourne jusqu’en octobre 1995.
Il reçoit en 1994, le prix SACEM « Hervé Dugardin » et en 1996 le prix SACEM de la « meilleure création musicale contemporaine de l’année » pour son œuvre « (D)’ALLER ». Il est l’auteur d’une vingtaine d’œuvres, pour orchestre symphonique, vocales, et  de musique de chambre, dont la plupart sont éditées aux Editions Gérard Billaudot. Il a publié de nombreux  articles sur la musique contemporaine,  et son œuvre « Continuo(ns) » vient de faire l’objet de l’écriture d’un livre publié aux Editions de l’Harmattan. Ses œuvres sont régulièrement jouées et diffusées en France et à l’étranger : Festival Donaueschingen, Festival Présences de Radio-France, Festival Roma-Europa, Festival Nuove Synchronie de Milan, Festival de Bath, Festival Musica de Strasbourg, Journées de l’ISCM de Stockholm, Festival d’Helsinki, Festival de Barcelone, Festival Musiques en Scènes de Lyon, Festival de Bogota, Biennale de Zagreb, etc …
Philippe Leroux vient de terminer une œuvre pour grand orchestre, commande de l’Orchestre Philharmonique de Radio - France.

Discographie :
Disques monographiques : Continuo(ons), Fleuve, Air-Ré, PPP, Phonie douce, Ensemble Court-Circuit, dir., Pierre-André Valade, MFA 216005, distribution Harmonia Mundi (D’)Aller, AAA, Souffles, Ial, Orchestre Poitou-Charentes, dir ., Pascal Verrot, soliste : Annick Roussin, Ensemble Court-Circuit, Ensemble Le Concert Impromptu, Disques Concord GRCD 13.
Disques collectifs
« Je brûle, dit-elle un jour à un camarade », Dominique Thibaudat soprano, Harmonia Mundi ED 13019.
« Air », Ensemble Sic (clarinette et percussion), Vandoeuvre 9508.
« M » (extrait), Ensemble Ictus (2 pianos, 2 percussions et électronique), IRCAM, les années 90, IRCAM 008.
« Histoires anciennes », Caroline Delume guitare, Disques Concord ARN 60439
« PPP », Annie Ploquin-Rigniol et François-Michel Rigniol, MOTUS M298004
« Histoires anciennes », Tristan Manoukian guitare, Société Internationale pour la musique contemporaine.


(D’)ALLER
Violon Soliste : Nicolas MIRIBEL
« (D’)ALLER pour violon soliste et 16 instruments a été composée à la Villa Médicis à Rome, en 1994 et 1995 et est dédiée à Robert Pfeiffer.
Dans cette œuvre qui n’est pas proprement parler un concerto, la partie du soliste ne s’oppose pas à l’ensemble instrumental. Elle ne revêt pas non plus de caractère spectaculaire ou particulièrement virtuose. Le soliste y est plutôt pensé comme un catalyseur, traversant les éléments de la matière orchestrale  la manière d’un rayon de soleil qui fait resplendir un vitrail. »
Philippe Leroux

« Le mouvement-sa naissance, sa mort, l’entretien de l’énergie qui favorise sa durabilité est l’une des préoccupations de Philippe Leroux. Le principe de continuité qui anime la pièce procède d’une volonté évidente de logique. Toutes les idées de l’œuvre sont déduites, soit d’un son initial qui porte déjà en lui ses propres développements, soit de processus qui, chauffés à blanc, doivent s’épuiser et mourir. Mais ces mouvements, inverses pour qui voudrait les distinguer, sont toujours complémentaires. En ce sens, on peut écouter l’œuvre comme une métaphore sonore des lois du vivant, pour lesquelles des éléments qui sont détruits en engendrent déjà d’autres dans l’acte de disparaître. La composition peut être envisagée comme un processus d’engendrements, comme une série d’opérations génétiques dans laquelle l’Alpha se confond de manière télescopique avec l’Oméga »
Dominque Druhen
(D’)ALLER a reçu en 1996 le prix Sacem de la meilleure création contemporaine de l’année.



Programme du concert rédigé et imprimé en novembre 2000

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