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Actualité du Jeudi 11 Novembre 2004 à 20h30

CONCERT MANCA 2004 - Ensemble Apostrophe

Jeudi 11 novembre 2004 - Théâtre Francis Gag (Nice) - Direction, Marco Guidarini, mezzo, Annie Vavrille - Au programme : Luigi Dallapiccola "Piccola musica notturna" (1961) ; Shuya Xu "Le mirage de Lamu" CREATION MONDIALE - Production CIRM et Arnold Schoenberg "Pierrot lunaire" Opus 21 (1912).



Luigi Dallapiccola "Piccola musica notturna" (1961)
(flûte, hautbois, clarinette, piano, harpe, violon, alto et violoncelle) 7’

Shuya Xu "Le mirage de Lamu" CREATION MONDIALE - Production CIRM
(double quintette, piano, percussion et électronique) 15’
Robin Meier, assistant musical

Entracte

Arnold Schoenberg "Pierrot lunaire Opus 21" (1912)
(soprano, flûte, clarinette, piano, violon, alto et violoncelle) 36’

Fin du concert : 22h00
Technique CIRM
Nicolas Déflache, ingénieur du son


Grande entreprise aussi que celle tentée par Arnold Schoenberg au moment où il s’attèle à la composition du « Pierrot lunaire » au début du 20ème siècle : il ne s’agit pas moins que de rompre avec le langage tonal sur lequel s’était progressivement construite l’histoire de la musique occidentale. L’influence de Schoenberg sera déterminante pour plusieurs générations de compositeurs, Luigi Dallapicola fait partie de ceux-là. Dans un autre registre, à la croisée de deux cultures, le compositeur chinois Shuya Xu - le premier de son pays à avoir obtenu un premier prix de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris - nous invite à la création mondiale de son œuvre « Le Mirage de Lamu » écrite pour l’ensemble « Apostrophe » et réalisée dans les studios du CIRM.

En partenariat avec l’Orchestre Philharmonique de Nice


Luigi DALLAPICCOLA (Pisano, 1904 – Florence, 1975)
Né en 1904 à Pisino, mort à Florence en 1975. Il étudie le piano avec Ernesto Consolo, puis la composition au Conservatoire Luigi Cherubini de Florence avec Roberto Casiraghi, Corrado Barbieri, puis Vito Frazzi. Il se passionne pour le Pierrot lunaire qui le bouleverse lorsqu'il l'entend diriger par Schoenberg au palais Pitti en 1924, mais aussi pour le Traité d'harmonie de Schoenberg qui lui offre des voies à défricher. Influencé également par Alban Berg, Ferruccio Busoni et Anton Webern, il utilise néanmoins la technique des douze sons différemment de ses prédécesseurs viennois et l'adapte en employant des intervalles dissonants, caractéristiques de la musique sérielle (secondes, septièmes, neuvièmes), mais aussi des intervalles consonants.
Les Canti di prigionia (1938-1941) constituent, outre le premier témoignage important sur la résistance au pouvoir, les premiers pas de Luigi Dallapiccola dans la dodécaphonie. Il prigioniero (1944-1948), son premier opéra, témoigne comme les Canti de son engagement contre le fascisme ; cet opéra court, (comme Erwartung de Schoenberg en 1924), est écrit pour grand orchestre, choeurs, orgue, des cuivres et un carillon en coulisse, et utilise parfois des haut-parleurs pour donner au son toute sa puissance : en 1948, c'est un geste hardi.
Dans les années cinquante et soixante, il affine sa manière sérielle d'inspiration weberienne (Cinque canti, pour baryton et huit instruments), adoptant même certains traits propres au sérialisme d'après-guerre ; mais son oeuvre ne sera jamais entièrement sérielle.
Sa dernière pièce majeure est un opéra d'après l'Odyssée d'Homère, Ulysse (1959-1968).

Piccola musica notturna (1961)
(flûte, hautbois, clarinette, piano, harpe, violon, alto et violoncelle)
Cette petite musique de nuit composée en une semaine durant le mois d’avril 1954, avait été commandée à Dallapiccola par Hermann Scherchen pour le neuvième Congrès de la « Fédération Internationale des Jeunesses Musicales » à Hanovre (où elle fut créée le 7 juin de la même année). De même que la première version, pour grand orchestre, celle-ci porte en épigraphe le poème « Nuit d’été » d’Antonio Machado :

« C’est une belle nuit d’été.
Les hautes maisons
Ont leurs fenêtres
Ouvertes sur la vaste place.
Sur l’ample rectangle désert
Des bancs de pierre,
Des fusains et des acacias
Dessinent symétriquement
Leurs ombres noires sur le sable blanc.
Au zénith, la lune
Et sur la tour
La sphère de l’horloge
Illuminée.
Moi dans ce vieux village
Déambulant tout seul, comme un fantôme »

Le titre de la pièce se réfère donc à cet univers sans que la musique ne revête un caractère directement illustratif.
L’appartenance de cette œuvre au dodécaphonisme peut – et devrait – elle aussi être interprétée au second degré, car la Piccola Musica Notturna n’a rien de didactique. On y perçoit un équilibre fait de contrastes entre contrepoint et « blocs » verticaux d’où émergent des repères thématiques ainsi que divers « noyaux » harmoniques et jeux de timbres. En très peu de temps, et avec des moyens relativement simples, le compositeur déploie une perspective dont les « échos » dépassent, dans notre imaginaire du moins, l’extinction de la dernière note …
Pierre Michel


Shuya XU (Jilin – Chine, 1961)
En 1978, après la Révolution Culturelle et l’ouverture des universités, il est l'un des premiers étudiants à s’inscrire au Conservatoire de Musique de Shanghai où il étudie la composition avec Zhu Jian-Er et Ding Shan-De. À partir de 1983, il y enseigne l'harmonie puis la composition. En 1988, il reçoit une bourse du Gouvernement français et il s'installe à Paris. Il entre au Conservatoire de Paris dans les classes d'lvo Malec et d'Alain Bancquart, et aussi dans les masters classes de Karlheinz Stockhausen, de Klaus Huber et de Franco Donatoni. Il obtient le Premier Prix de composition en 1992 et suit les deux années suivantes, le troisième cycle de composition. Il est professeur de composition et fonde le Centre Informatique et Multimédia au Conservatoire de Musique de Chine à Pékin en 2002.
Il remporte le Prix de la Fondation Alexandre Tcherepnin à New York, le Premier Prix du Concours de Besançon, le Prix du Grands Awards de Musique Electroacoustique de Bourges et le Prix Luigi Russolo en Italie. Il est élu, en Chine, musicien de l'année 1992.
Depuis une dizaine d'années, la musique de Shuya Xu est présente dans les festivals internationaux en Europe et Asie. Ses principales œuvres sont, Nirvâna pour orchestre, commandée et créée par l'Orchestre National de France en 2001 ; Les larmes de Marco Polo pour danse contemporaine, créée à la Biennale de la Danse de Lyon en 2000 par le chorégraphe Jean-Claude Gallotta ; San pour 12 instruments, commande du Festival d'Automne à Paris en 1995 ; Cristal au soleil couchant pour orchestre, créée par l'Orchestre National du Capitole de Toulouse en 1993. Ses deux opéras, La neige en Août, livret de Gao Xingjian en trois actes sera présenté par l’Opéra de Marseille au janvier 2005 et, l’autre, In Memory of Taiping Lake, livret de Zeng Li en deux actes sera présenté par le Festival International de Pékin, l’Orchestre Philharmonique de Chine et l’Opéra de Shanghai en octobre 2005.


Robin MEIER (Zug – Suisse, 1980)
Il étudie le violon dans la classe de Rose-Marie Dürner à Zug et le piano avec Franziska Gohl à Winterthur. Puis il étudie la composition avec Madeleine Ruggli à Zürich et Peter Benary à Lucerne. Depuis Septembre 2001 Robin Meier suit les cours de Michel Pascal dans la classe de composition éléctroacoustique au Conservatoire National de Région de Nice. Ses pièces sont jouées lors de divers festivals à Nice, Marseille, Aix-en-Provence, Paris et Venise.
Il travaille également comme assistant musical au CIRM Centre National de Création, Nice et au GRAME, Lyon.
Il participe depuis l’été 2003 au programme de recherche “ Neuromuse ” du CIRM avec Frédéric Voisin sur le thème : intelligence artificielle et création musicale. Dans le cadre de ce projet il fait de diverses conférences, développe des systèmes de réseaux de neurones, étudie leurs comportements et les applique à la musique.
Occasionnellement, Il donne des cours en synthèse musicale à la SAE (School of Audio Engineering) de Zürich.


Le mirage de Lamu
CREATION MONDIALE - Production CIRM
(double quintette, piano, percussion et électronique)
Robin Meier, assistant musical

Cette pièce constitue le deuxième volet d'une série sur Lamu. La première pièce étant L’âme de Lamu, pour soprano et ensemble, a été créée au Festival de Leagues des Compositeurs d’Asie en 2002 à Séoul par le Nieuw Ensemble d’Amsterdam.
Lamu est un nom d’une fille tibétaine dans l’histoire ancienne et inspire l’amour et la pureté. Cette fille est imaginaire, symbolique et attachant du chant traditionnel dans les espaces de neige et de montagne qui sont la source de la religion tibétaine.

La musique est construite en quatre parties :
I. Neige, le rythme et le silence.
II. Lac du Saint, le chant imaginaire et le chant instrumental.
III. Montagne, le jaillissement du rythme et la continuité du son en spirale.
IV. Kano, les variations du chant de paysage et les résonances des couleurs multiples.

Cette œuvre est dédiée à Grace.
Shuya Xu


Arnold SCHOENBERG (Vienne, 1874 – Los Angeles, 1951)
Principalement autodidacte, Schoenberg reçu assez tardivement l'enseignement de Zemlinsky. Après son mariage à Berlin, il retourne en 1903 à Vienne où il enseigne à la Reformschule du Dr. Schwarzwald. C'est à cette époque que Berg, Erwin Stern, Webern et Wellesz devinrent ses élèves. Alors que ses premières oeuvres (Verklärte Nacht, Pelléas et Mélisande...) trouvent un accueil mitigé auprès du public viennois, Schoenberg se dirige vers un langage atonal dès les années 1906-1907. Ce n'est qu'entre 1921 et 1924 que naquirent les premières oeuvres écrites dans la nouvelle technique de composition à douze sons. Professeur à la Preussische Akademie der Künste de Berlin en 1925, il est «mis en congé» par le gouvernement national-socialiste en 1933 et émigre à cette même date aux Etats-Unis. Durant ses dix-sept années américaines, il composa encore de nombreuses oeuvres avec la technique des douze sons, mais aussi quelques-unes dans une tonalité très élargie (Variations pour orgue en ré mineur, Variations pour orchestre d'harmonie en sol mineur).
Source : Ircam

Pierrot lunaire OPUS 21 (1912)
Soprano, flûte, clarinette, piano, violon, alto et violoncelle
Pierrot lunaire constitue un tournant dans l'histoire de la musique occidentale. C'est l'aboutissement d'une recherche qui, de 1898 (premiers lieder) à 1912, avait progressivement éloigné le compositeur de la tonalité, devenue caduque à ses yeux. La tonalité, en effet, parvenue à sa plénitude dans l'œuvre de Johannes Brahms, avait été simultanément ébranlée par Richard Wagner et Gustav Mahler. Ces maîtres si dissemblables avaient profondément marqué Schönberg à ses débuts. La période postromantique de Schönberg s'était définitivement terminée avec le Deuxième Quatuor (1908). Commence alors une période dite d'«atonalité libre» où accords et dissonances ne peuvent plus s'expliquer par l'analyse tonale. Elle culmine avec le monodrame Erwartung (1909) puis Pierrot lunaire. Au cours des années suivantes, Schönberg élabore le système qui donnera naissance à ses premières œuvres dodécaphoniques et qui substitue aux fonctions tonales celles qui se fondent sur la formation de séries incluant les douze sons de la gamme chromatique tempérée.
L'œuvre comporte 21 pièces courtes réparties en trois grands volets de sept poèmes chacun. Ces poèmes ont été empruntés au recueil d'un écrivain belge, Albert Giraud, et traduits très librement en allemand par Otto Erich Hartleben. Pierrot lunaire fut écrit sur la proposition d'une actrice et diseuse de cabaret, Albertine Zehme, qui créa le rôle de Pierrot. Celle-ci avait demandé à Schönberg un mélodrame, c'est-à-dire une musique destinée à accompagner un texte déclamé. L'instrumentation ne requiert que six exécutants: outre la voix parlée, piano, flûte (et piccolo), clarinette (et clarinette basse), violon (et alto), violoncelle.
C'est la contrainte de la déclamation substituée au chant qui suscita le recours au Sprechgesang («chant parlé»), sans hauteurs définies (écrites mais jamais exécutées strictement). Le port de voix relie les hauteurs notées entre elles: «La hauteur du son, une fois indiquée, est abandonnée pour une montée ou une chute» (Schönberg), alors que, dans le chant, le son est soutenu. Si la courbe mélodique est approximative, son rythme est strictement déterminé par rapport au contexte instrumental. Le caractère d'une telle déclamation étant outré par nature, c'est aux instruments qu'incombe toute l'expressivité, fixée minutieusement.
Le Pierrot de Schönberg baigne dans une ambiance de morbidité sanglante. Violence, blasphème, humour noir et grotesque, froide ironie (présents tout au long du texte), sont des traits constants dans les poèmes, dont le caractère grinçant s'accommode parfaitement avec les audaces du traitement musical. Cette adéquation n'a pas peu contribué au succès et à la postérité de l'œuvre qui, par son caractère théâtral outrancier, échappe au domaine de la musique «pure» et facilite ainsi l'accès à un langage entièrement nouveau.
Données encyclopédiques, copyright © 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre

Programme rédigé et imprimé en novembre 2004

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