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Actualité du Mardi 09 Novembre 2004 à 20h30

CONCERT MANCA 2004 - Jean-Marie Cottet, piano

Mardi 9 novembre 2004 - Théatre de la Photo et de l'image (Nice) - Au programme : Karlheinz Stockhausen : "Klavierstück IX" (1954-1961), "Klavierstück X" (1954-1955) et Tristan Murail : "La Mandragore" (1993), "Territoires de l’oubli" (1977).



K. Stockhausen Klavierstück IX
(1954-1961) 10’
K. Stockhausen Klavierstück X
(1954-1955) 23’

Entracte

T. Murail La Mandragore
(1993) 10’
T. Murail Territoires de l’oubli
(1977) 25’


Fin du concert : 22h00



De grands travaux peuvent aussi être entrepris autour d’œuvres solistes. Tel sera le cas des « Territoires de l’oubli » de Tristan Murail, œuvre de grande dimension qui a su renouveler l’écriture pianistique. Grands travaux aussi pour la série des « Klavierstück » de Stockhausen dont nous présentons ici les pièces n° IX et X qui sont parmi les plus représentatives de la littérature pour piano du 20ème siècle. Ce concert sera interprété par Jean-Marie Cottet, soliste de l’ensemble court-circuit et professeur depuis de nombreuses années à l’Académie Internationale de Nice.

Avec le soutien de l’ONDA




Jean-Marie COTTET
Après ses études au CNR de Lyon et au conservatoire de Genève, Jean-Marie COTTET devient titulaire de cinq Premiers Prix au C.N.S.M. de Paris : piano, musique de chambre, harmonie, contrepoint et accompagnement au piano. En cycle de perfectionnement avec Jacques ROUVIER pour le piano, et Jean HUBEAU pour la musique de chambre, il inscrit à son palmarès une série de récompenses dans les concours internationaux :
“Jaen”(Espagne, 1983),“Casadesus” (Cleveland, 1985), “Dino Ciani” (Milano, 1986), finaliste ”Clara Haskil” (Vevey, 1987). Il complète sa formation au “Banff center”, Canada, (M. PRESSLER, G. SEBOK), ainsi qu’à Londres avec Maria CURCIO.
Depuis, ses concerts le conduisent sur plusieurs continents : Europe, Asie, Amérique ainsi qu’au Moyen-Orient. Jean-Marie COTTET joue en solo, avec orchestre ainsi qu’en musique de chambre qu’il pratique dans les formations les plus variées; ses partenaires sont Emma JOHNSON, Gérard POULET, Yvan CHIFFOLEAU, Jacques ROUVIER, Michel ARRIGNON; il fonde en outre le Duo CHIN-COTTET avec Judy CHIN (2 pianos). Il enregistre régulièrement pour radios, télévisions et sur CD : (REM, Una Corda, MFA); “St Petersbourg, les derniers romantiques” est paru en 2001 chez QUANTUM. Compositeur (prix “Marcel Joste” à dix-huit ans) et directeur de collection aux éditions COMBRE, Jean-Marie COTTET est soliste permanent de l’Ensemble COURT-CIRCUIT.
A ce titre il est très souvent l’acteur de créations mondiales, jouant sous la direction de Pierre-André VALADE, Pierre BOULEZ…
Dans ses programmes de récital, il aime créer des interactions (ou des chocs) par un dosage subtil entre pièces contemporaines et plus anciennes. Jean-Marie COTTET est professeur titulaire au Conservatoire Supérieur de Paris/CNR, et invité chaque année à donner des masterclasses en France (Nice, Nancy, Courchevel) et à l’étranger (Europe, extrême-orient).

Karlheinz STOCKHAUSEN (Modrath - Allemagne, 1928)
Karlheinz Stockhausen étudie le piano, la musicologie, la philologie au conservatoire et à l'université de Cologne, avant de suivre en 1951 les Cours d'été de Darmstadt où il enseigne deux ans plus tard. Membre fondateur du studio de musique électronique de Cologne en 1953, il suit les cours de phonétique de Werner Meyer-Eppler à l'université de Bonn (1954-1956), tout en dirigeant la revue Die Reihe (1954-1959). Professeur aux Kölner Kurse für Neue Musik (1963-1968), à l'université de Pennsylvanie (1965) et à l'université de Californie (1966-1967) Stockhausen poursuit une intense activité d'interprète, de théoricien et de conférencier qui l'amène à parcourir de nombreux pays, parmi lesquels le Japon où il est accueilli pour l'Exposition Universelle de 1970. Depuis 1977, il compose un cycle de sept opéras, Licht (Donnerstag en 1981, Samstag en 1984, Montag en 1988, Dienstag en 1993, Freitag en 1996...).
Il a composé 254 oeuvres et publié 70 CDs disponibles au Stockhausen Verlag.


KLAVIERSTUCK IX (1954, 1961) Opus 4/V
Klavierstück IX vit le jour en 1954, dans le contexte de la composition nx4 : Klavierstuck V-X. Il resta inachevé pendant 7 ans, et reçut en 1961 sa forme définitive. Différentes formes du temps musical y sont réunies : la périodicité, et toute une série de degrés d'apériodicité. Des événements immobiles, "monotones" se transforment en événements flexibles, "polytones". Ils sont juxtaposés de manière abrupte, ou se mélangent dans des relations toujours renouvelées.
Karlheinz Stockhausen

KLAVIERSTUCK X (1954-55) Opus 4/VI
Dans le Klavierstück X, j'ai essayé de mettre en rapport désordre et ordre relatif. A l'aide d'une échelle de relations de désordre et d'ordre, j'ai composé des structures dans des séries comportant différents degrés d'ordre. Les degrés d'ordre plus élevés se distinguent par une plus grande univocité (absence de hasard), les degrés d'ordre moins élevés par un plus grand caractère de probabilité et un nivellement des différences (permutabilité croissante, perceptibilité décroissante). Un ordre plus grand est lié à une densité plus faible et à un isolement plus marqué des événements. Au cours de la pièce, on atteint les extrêmes : certaines structures se cristallisent en des formes individuelles uniques (degré d'ordre maximum), d'autres se nivellent pour former des complexes massifs. Au cours du processus de médiation entre désordre et ordre se déploient, à partir d'un état initial uniforme de grand désordre (nivellement), des formes toujours plus nombreuses et plus concentrées. J'ai fait face à l'absence croissante de nivellement en supprimant de plus en plus l'isolement des formes et en unifiant finalement les formes les plus personnelles qui se sont constituées au cours de la pièce en une forme supérieure.
Karlheinz Stockhausen



Tristan MURAIL (Le havre, 1947)
Tristan Murail obtient un diplôme d’arabe classique et d’arabe maghrébin à l’Ecole Nationale des langues orientales ainsi qu’une licence en sciences économiques à l’Institut d’études politiques de Paris avant de s’orienter vers la composition. Élève d’Olivier Messiaen, il reçoit le Prix de Rome en 1971 et passe deux ans à la Villa Médicis. À son retour à Paris en 1973, il est co-fondateur de l’ensemble L’Itinéraire avec un groupe de jeunes compositeurs et musiciens. L’ensemble obtient très rapidement une large reconnaissance pour ses recherches fondamentales dans le domaine du jeu instrumental et de l’électronique.
Dans les années quatre-vingt, Tristan Murail commence à utiliser l’informatique pour approfondir sa recherche des phénomènes acoustiques. Il collabore plusieurs années avec l’Ircam dont il dirige le programme de composition de 1991 à 1997 et participe au programme d’aide à la composition Patchwork.
Tristan Murail enseigne également dans de nombreuses institutions et festivals, en particulier aux Darmstadt Ferienkurse, à l’Abbaye de Royaumont, à l’Université Toho de Tokyo. Il occupe la chaire de composition à l’Université de Columbia à New York.

LA MANDRAGORE (1993)
La mandragore, plante méditerranéenne, était utilisée en sorcellerie pour ses pouvoirs magiques, car sa racine affecte la forme d’un homoncule. Selon la légende, elle pousse sous les gibets, où se balance un pendu… Il faut la cueillir à minuit, quand la lune est pleine. La racine de la mandragore peut alors prendre vie.
Cette « mandragore » musicale pousse à l’ombre du « gibet » de Ravel, bien qu’elle n’en comporte aucune citation directe. Cependant la « mandragore » retient du « gibet » l’idée d’ostinati, une certaine ambiance sonore, des couleurs harmoniques qui font écho à Ravel – bien qu’elles soient basées sur des concepts très différents.
La musique se développe comme une spirale centrée sur plusieurs ostinati, de rythme, de couleur, de timbre ; cinq accords « spectraux » à l’apparence variable tournent dans les bras de cette spirale.

TERRITOIRES DE L’OUBLI (1977)
On a pris l’habitude de ranger le piano parmi les instruments de percussion. C’est sans doute parce qu’on s’est trop laissé influencer par une certaine image du piano, romantique, impressionniste, image que l’on voulait détruire.
Au lieu de considérer le piano comme un simple instrument de percussion (des marteaux frappant des cordes). Territoire de l’oubli met l’accent sur son aspect le plus spécifique : celui d’un ensemble de cordes mises en vibration par résonance sympathique ou par action directe des marteaux.
Aussi la pédale est-elle enfoncée dès le début de la partition, et tient–elle jusqu’à la fin sans jamais être relevée. Signe que la pièce est écrite pour les résonances et non pour les attaques, prises comme un phénomène inévitable, mais secondaire, comme des cicatrices du continu. Les complexes harmoniques qui en résultent sont en évolution très lente et oscillent de structures simples et claires à des complexes beaucoup plus chargés, noircis. Les hauteurs sont choisies en fonction des résonances naturelles du piano, qu’elles renforcent ou contrarient selon le sens de l’évolution (vers plus de simplicité ou vers plus de complexité) à un moment donné. Certaines libertés de tempo ou de répétitions de fragments permettent au pianiste de tenir compte des phénomènes de résonance effective du piano sur lequel il joue.
Les rythmes revêtent des formes « sinusoïdales » (accel-rall-accel…), se désorganisent et se recondensent sans cesse, avec un attrait particulier pour le rythme de « cœur » (jambé ou quasi régulier), le tempo étant quant à lui totalement instable.
Enfin, des effets d’écho jalonnent toute la partition. L’interprète devra ainsi souvent veiller à contrôler l’intensité de nombreux plans superposés, en même temps que les évolutions indépendantes des dynamiques, du timbre, du tempo.
La pièce est dédiée à Michaël Levinas, qui en a assuré la création à Rome (Accademia Filarmonica, 22 mai 78) et beaucoup d’autres exécutions par la suite.
Ed. Transatlantiques

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