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Actualité du Mercredi 09 Novembre 2005 à 15h00

CONCERT MANCA 2005 - Symphonie monoton ‘‘ Concert/Performance‘‘


Mercredi 9 novembre 2005
15h

Eglise Saint-Pierre d'Arène


"Concert-Performance"
Yves Klein
La Symphonie Monoton

20'

Élèves du Conservatoire National de Région de Nice
Philippe Arii-Blachette, direction

Consert suivi de la projection vidéo "Traces de l'époque bleue : antropométri de l'époque bleue (1960)" : Yves Klein
Alain Jaubert, réalisateur
Marcel Cuvelier, voix

30'

Fin du spectacle : 16h00




C’est avec Yves Klein que Philippe Arrii-Blachette, (fondateur et directeur de « l’ensemble Sillages » très présent dans cette édition du festival) a donné plusieurs fois la « Symphonie monoton ». Œuvre musicale ? Performance ? La partition accompagnait les performances picturales publiques de Klein dans lesquelles il se servait de modèles vivants pour composer ses empreintes avec son fameux IKB (International Klein Blue). C’est une nouvelle collaboration avec le Conservatoire National de Région de Nice et l’occasion d’offrir au public un nouveau format de « musique à voir » en souvenir de l’un des fondateurs du Nouveau Réalisme et de son ouverture vers des champs variés d’expressions artistiques.

Philippe Arrii-blachette, direction
Prix de violon et de musique de chambre au C.N.S.M. de Paris -
Perfectionnement auprès des maîtres Jacques Thibaud et Henryk Szerynk -
Prix du Concours International de Mexico -
Tournée européenne en soliste sous la direction des chefs Louis de Froment, Hans Swarowsky, Joseph Calvet -
Tournée en Amérique Latine avec le pianiste Pierre Vozlinski -
Collabore avec les groupes de recherches musicales G.R.M. et G.E.R.M -
Enregistrements radiophoniques – Suisse Romande, Radio-Stuttgart, Radio-France – d’œuvres du XXème siècle (Auric, Kœssler, Cage…) -
Producteur de 80 émissions musicales pour la télévision entre 1970 et 1974 – « Musique en 33 Tours », « La Rose des Vents », « La Musique et Nous » -
Producteur d’émissions musicales à France-Culture de 1975 à 1985 -
Professeur de violon et de musique de chambre au Conservatoire Municipal de Pantin de 1976 à 1981. Il participe à l’ensemble 2E2M de 1978 à 1983 -
Directeur du Programme Musical de France-Culture à Radio-France de 1985 à 1988 -
Titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de directeur des Écoles de Musique contrôlées par l’État -
Directeur de l’École Nationale de Musique de Romainville (Seine St Denis) de 1975 à 1995 -
Directeur de l’École Nationale de Musique, Danse et Art Dramatique de Brest de 1995 à 2002 -
Fondateur et directeur artistique de l’ensemble SILLAGES.

Yves Klein (Nice, 1928 – Paris, 1962)
Bien que ses parents soient tous deux artistes - son père, Fred Klein, est un peintre figuratif qui expose dès le début des années trente, sa mère, Marie Raymond, peintre abstrait géométrique, est largement reconnue à partir de 1945 - Yves Klein ne s’oriente pas immédiatement vers une carrière artistique.
 S’il peint spontanément depuis son adolescence, c’est en subordonnant la peinture à d’autres activités. Tout d’abord au judo auquel il s’initie en 1947, alors que cette pratique n’est pas encore réduite à un sport mais se veut une méthode d’éducation intellectuelle et morale visant à la maîtrise de soi. À l’occasion d’un de ses premiers cours, il rencontre Armand Fernandez, le futur Arman. En 1952, il part se perfectionner au Japon où il devient ceinture noire, quatrième dan, grade qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. De retour en France, la Fédération Française de Judo lui refusant d’enseigner, il ouvre, en 1955, sa propre école qu’il décore de monochromes, mais qu’il est contraint, pour des raisons financières, de fermer l’année suivante.
Parallèlement au judo, Yves Klein découvre en 1947 la mystique des Rose-Croix. Les monochromes qu’il peint deviennent, pour lui, des objets de culte. Il lit régulièrement la Cosmogonie, texte fondateur de l’ordre de Max Heindel. Cet ouvrage enseigne la connaissance par l’imagination, considérée comme la plus puissante des facultés humaines. Aussi, lorsqu’en 1958, Klein lit L’Air et les Songes, du philosophe Gaston Bachelard, il y décèle un écho à sa propre pensée.
C’est à partir de 1955 que Klein présente ses travaux dans un cadre artistique : il expose au Club des solitaires de Paris des monochromes de différentes couleurs, sous le titre Yves, peintures. Il y rencontre le critique d’art Pierre Restany avec lequel il collaborera toute sa vie : sa carrière de peintre est lancée.
 En 1957, il entame son "époque bleue", choix de couleur confirmé par son voyage à Assise où il découvre les ciels de Giotto. Il reconnaît en lui le véritable précurseur de la monochromie bleue qu’il pratique : uniforme et spirituelle. Le bleu mis au point par Klein est officialisé en 1960 lorsqu’il dépose le brevet de sa formule sous le nom de l’IKB (International Klein Blue). Dès lors artiste de renommée mondiale, il participe à la fondation du Nouveau Réalisme avec notamment Restany et Arman, tout en poursuivant ses recherches personnelles.
Il meurt d’une crise cardiaque en juin 1962.

Symphonie Monoton (1947-1961)
« La symphonie Monoton Silence du Peintre Yves KLEIN est datée de 1947-1961, dans la mesure où il y a plusieurs versions de durée différente.
 La partition accompagnait les performances picturales publiques de Klein dans lesquelles il se servait de modèles vivants pour composer ses empreintes avec son fameux IKB (International Klein Blue). La partition est à la fois assez simple à réaliser sur le plan technique et en même temps difficile sur le plan musical si l'on veut obtenir du seul son que comporte cette symphonie une égalité, une tension, une justesse absolue, inséparables de l'effet qu'elle doit produire.
En fait ce qui intéressait Klein c'était le silence qu'il voulait saisissant après la symphonie. Il rejoint dans un certain sens les préoccupations de compositeurs comme John Cage ou La Monte Young.
Je propose une version de 20 minutes, 15 minutes de symphonie et 5 minutes de silence avec les musiciens et le chef en position de jeu ».
Philippe Arrii Blachette

« (…) la musique, à une  certaine époque de mon oeuvre, s'est vue intégrée à mon  travail comme élément à part entière. Si je me souviens  bien, c'est vers la fin de l'année 1949 que l'idée a commencé  à germer! J'étais chez Robert Sauvage, et là, j'ai ébauché  mes premiers monochromes. Je m'étais enfermé dans la salle de bains  pour reparaître quelques minutes plus tard avec des carrés de cartons  maculés d'un seul et même ton. Là, je me suis dit que si l'on  pouvait peindre avec une seule et même couleur, alors pourquoi ne pouvait-on  pas pas composer avec une seule et même note? Une symphonie sans réel commencement ni réelle fin. Une symphonie monochromatique ou monoton si vous  préférez! Une symphonie n'ayant pour durée que le temps que  l'on veuille lui accorder!
Le projet a réellement connu sa réalisation lors de la toute première  manifestation des anthropométries. Là, cette symphonie monoton a pu  exister au sens propre du terme et donner à «entendre» vingt minutes  d'un son continu suivi de vingt minutes de silence et d'immobilité totale.  Pour l'occasion, j'ai fait appel au compositeur Louis Saguer afin qu'il conduise  ce projet. Louis Saguer a demandé au musicien Alain Bancquart de rassembler  une dizaine de musiciens, des instrumentistes à cordes. Je me souviens que  Louis avait concocté plusieurs projets, allant du plus simple au plus compliqué.  Il me les a fait entendre et j'ai opté pour l'accord le plus simple. Un truc  comme Do mi sol ou Sol si ré, je ne sais plus trop! J'imagine aisément  que mon choix a dû amuser les musiciens composant l'orchestre! Amuser dans  le sens où l'accord que j'avais choisi était celui de quelqu'un qui  n'était pas familiarisé avec la musique. En fait, il faut surtout retenir  que cette symphonie monoton n'est pas vraiment de la musique au sens propre du terme,  mais plutôt une composition destinée à créer une atmosphère  tendue et égale afin d'accompagner un travail.
L'accord joué a la qualité d'une résonance au son grave et profond,  comme issu des entrailles de la terre. Aucune gesticulation ne vient troubler sa  force intérieure. Cet accord est la continuité fondamentale de la vie:  son apparition et sa disparition dans la permanence de l'être. Une allégorie  de la vie éternelle prend place! La présence unique et absolue de l'homme  au monde se poursuit dans l'absence après la mort. Une absorption du silence!!!!!  Vêtements impalpable de mes pinceaux-vivants ayant évolué sur scène ce soir là! ».
Yves Klein

Vidéo Traces de l’époque bleue

Traces de l'époque bleue : Anthropométrie de l'époque bleue (1960) : Yves Klein (Nice 1928-Paris 1962) / Alain Jaubert, réal. ; Marcel Cuvelier, voix
Couleur – 30 minutes

Editeurs : Montparnasse Video, 1997; Palette Production" Palette Production, 1996

Collection : Palettes

Synopsis :
Yves Klein s'est illustré par l'invention d'une formule produisant un bleu outremer qu'il a fait breveter. Nous le voyons au travail dans son atelier ou lors de performances, enduisant de peinture ses modèles nues et les faisant marquer l'empreinte de leur corps sur la toile.




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