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Actualité du Jeudi 09 Novembre 2000

CONCERT MANCA 2000 - Puzzle

Jeudi 09 novembre 2000
Théâtre Francis Gag



PUZZLE 2000
Michel PASCAL


Pablo CUECO            Zarb
Vinko GLOBOKAR        Trombone
Michel PASCAL        Echantillonneur
Barre PHILLIPS        Contrebasse
Jean QUERLIER        Hautbois





Le disque compact « Puzzle » est une co-production CIRM, Centre National de Création Musicale, Studio Instrumental, Groupe de Recherche Musicale de l'Institut National de l'Audiovisuel, édité avec l'aide de l'ADAMI, de la DRAC et de la Région Provence Alpes Côte d'Azur.


Vinko Globokar    Prestop
(autoportrait pour Puzzle inclus)    Pour trombone et transformations
Pablo Cueco    Autoportrait au     zarb
        
Michel Pascal    Puzzle Noroit    Pour un orchestre imaginaire aux sons fixés
    1-Diffractions    
    2- Vents    
Jean QuerlierJ    Autoportrait au hautbois
Pablo Cueco, Barre Phillips, Jean Querlier    Trio    zarb/hautbois/contrebasse
Michel Pascal    Puzzle 99    Pour un orchestre imaginaire aux sons fixés
    1-Rondes    
    2-Portrait d'Alexandre Ouzounoff     basson
    3-Trois temps    
    4-Portrait de Gérard Frémy    piano préparé
Barre Phillips    Autoportrait à la contrebasse
Tutti    Quintette    hautbois/cor/trombone/zarb/
contrebasse/échantillonneur





Grâce au coup de baguette magique de la fée numérique (celle qui enregistre le son sur de petits supports optiques) Puzzle a réuni un orchestre imaginaire, un orchestre dont les instrumentistes ne se sont ni rencontrés, ni entendus au préalable, un orchestre de musiciens qui s'expriment dans des styles hétérogènes, un orchestre imaginaire un peu comme on parle d'un musée imaginaire, mais un orchestre au son bien vivant.
De cet orchestre « aux sons fixés », Michel Pascal à invité quatre musiciens pour vous rencontrer ce soir, et fêter en chair et en sons la sortie du CD. Quatre des dix-huit solistes de l’orchestre, ceux là même dont l’autoportrait n’a pu être gravé, faute de place sur le disque.
Car à l'origine sont autant de portraits qui signent en un court laps de temps comme une carte génétique du musicien et de son instrument. On y aurait capté, au delà du son, une trace vivante, une petite photographie (ou devrait-on dire, phonographie) de chacune des personnalités.
Le matériau de ces prises de son, et lui seul, a servi par la suite à créer, en studio, avec cette fois une approche non plus instrumentale mais résolument acousmatique, les « Puzzle ». Du frottement de ces deux pratiques, a jailli un mode particulier de composer un nouveau genre, qualifié d’ « acousmatique instrumentale ». Il en résulte des musiques essentiellement dépendantes du support, mais d'où l'empreinte vivante des instrumentistes jaillit à chaque instant. Ils flottent dans une zone trouble de l'écoute, liés aussi intimement au geste instrumental qu'à la matière sonore captive de la mémoire numérique.
L'échantillonneur (sampler) jette un pont inverse de l'électroacoustique vers l'instrumentiste vivant. On y saisit quelques éléments de matière sonore qui permettent la création de modes de jeu caractéristiques du clavier électronique. On suit là la philosophie du Studio Instrumental : exploiter au maximum, par le jeu instrumental, des moyens techniques très économes. Quelques secondes de sons captés chez les divers instrumentistes permettent de jouer en temps réel au cœur de la microstructure des sons, d’hybrider entre eux les instruments acoustiques comme les sons électroniques...
Le spectacle entremêle donc deux pièces « pour sons fixés » (Puzzle 99, et Puzzle Noroit), les portraits  « live » composés spécialement pour le projet par les solistes présents, ainsi que trois réunions improvisées pour le plaisir d'un autre genre de puzzle... avec en cas particulier « Prestop » de Vinko Globokar, dont l'autoportrait était extrait, et qui servira ici de passerelle entre extérieur et intérieur, acoustique et électronique, performer et auditeur, en ouverture du concert.

Aujourd'hui, la puissance et la précision de contrôle offertes par l'ordinateur individuel deviennent médiatrices entre les différentes pratiques musicales. J'essaie d'en profiter pour réconcilier l'émotion de musiques qui parfois offrent toutes les apparences de la simplicité avec la maîtrise d'un langage et d'une technologie savante, partager aussi l'expression, les échanges, au sein d'un jeu musical, de rencontres, ouverts à toutes les influences.
Michel Pascal.


Les musiciens de l'orchestre imaginaire :
Flûtes    Pierre Yves Artaud
Hautbois    Jean Querlier
Clarinette    Michel Lethiec
Basson    Alexandre Ouzounoff
Saxophone    Daniel Kientzy
Cor    Patrice Petitdidier
Trompette    Bernard Vitet
Trombone    Vinko Globokar
Tuba    Michel Godard
Zarb    Pablo Cueco
Piano    Gérard Frémy
Clavecin    Elisabeth Chojnacka
Harpe    Brigitte Sylvestre
Guitare    Raymond Boni
Violon    Charles Frey
Alto    Michel Michalakakos
Violoncelle    Jean Grout
Contrebasse    Barre Phillips


Studio Instrumental
Le Studio Instrumental rassemble des solistes qui travaillent à la mutation des instruments de musique courants par leur connexion aux potentiels des nouvelles technologies en s'attachant à fournir au soliste des contrôles gestuels puissants sur le domaine électronique. Aussi simples et légers que possible, ils restent dans la proximité de la technique instrumentale travaillée par l'instrumentiste, afin de faire émerger un nouveau genre de musicien, interprète ou créateur, contrôlant à la fois le domaine acoustique et électronique, en temps réel, au cœur du concert vivant.



Michel PASCAL
(Avignon, 1958)
Né en 1958, à Avignon, Michel Pascal compose pour des répertoires variés : musiques acousmatiques (Falaises et Emergences), instrumentales (Puissance 3, Liens CD MFA Radio France 216030 - 1998), vocales (Voiles), live electronic (Etude 4), théâtre musical (Icare ?), installations interactives grand public (Centre Nausicaä de Boulogne/mer CD CIRM 1991). Si son écriture varie considérablement selon les productions, son style demeure cependant fidèlement attentif à un certain raffinement de la perception, en créant de nombreux passages entre les sensations de note et de son.

Il collabore régulièrement avec le monde du théâtre, du cinéma ou de la danse, notamment en compagnie de Jacques Renoir, Luc Henri Fage, Josette Baïz, Jean Marc Matos, Bernard Menaut, Bernard Glandier, Georges Appaix, Julyen Hamilton…

Assistant de Jean Etienne Marie de 1984 à 1987, il a créé au Centre International de Recherche Musicale, le Studio Instrumental, afin de développer de nouvelles relations entre le geste du musicien et le son qu'il joue, fusionnant les potentiels des instruments acoustiques aux plus récentes lutheries électroniques. Il est l'un des rares tenants d'un nouveau type de virtuosité qualifiée de « à l'intérieur même du son », dans une famille où l'on pourrait citer Gyorgy Kurtag, Pascal Gobin, Xavier Garcia, Serge de Laubier...
Il aime travailler avec des créateurs pratiquant aussi bien les musiques écrites que l'improvisation tels Jean Paul Celea, Barre Phillips, Michel Redolfi, Joëlle Léandre...
Michel Pascal enseigne la composition électroacoustique au Conservatoire National de Région de Nice, il est également conseiller artistique pour le réseau international
« Rainbow Across Europe » à Aix en Provence.

Barre PHILLIPS
« Barre Phillips est tout simplement le meilleur bassiste que j’aie jamais entendu… Il a la technique d’un grand musicien classique et le « feeling » d’un Mingus »
(Richard Williams – Melody Maker (GB).

Compositeur tout autant que perfomeur, Barre Phillips a travaillé pour le cinéma, la danse et le théâtre. Il a composé la musique pour une douzaine de films (Robert Kramer, Jacques Rivette, William Friedkin, Marcel Camus). Il a également  composé une quinzaine de ballets pour : Carolyn Carlson, Dominique Petit, Yvette Resal, Artefacte et des musiques de théâtre.
Parallèlement à ces expériences Barre Phillips a continué à être présent sur les scènes de jazz, de la musique improvisée et contemporaine. Il a enregistré une centaine de disques dont 30 sous son propre nom.
Partout dans le monde, Barre est constamment sollicité comme soliste et improvisateur accompli.  Ses expériences sur scène couvrent presque tous les styles de jazz, de Coleman Hawkins à Derek Bailey.
Dans les années 70, son travail avec John Surman et Stu Martin (The Trio) a ouvert la voie à bien des groupes actuels.
Parmi les innombrables musiciens qui ont recherché Barre comme collaborateur ou accompagnateur, on peut citer : Archie Shepp, Chick Corea, George Russel, Lee Konitz, Ralph Towner, Charlie Mariano, Michel Portal, Albert Mangeldorsf, Anthony Braxton, Jimmy Giuffre, Paul Bley, Evan Parker, Leonard Bernstein, Terje Rypdal, Benny Golson, Coleman Hawkins, Sheila Jordan, Chris Connors, Maynard Ferguson, Louis Belsen, Derek Bailey, Barry Guy, Cecil Taylor, Ornette Coleman et bien d’autres.

Barre Philips est aussi très actif dans l’enseignement. Depuis 1976, il dirige régulièrement des ateliers de musique improvisée et de musique pour la danse.
Originaire de San Francisco, Barre Phillips vit dans le sud de la France depuis 1972.

 « On ne compose pas pour Barre Phillips, on le prend à bras le corps, à bras le cœur… Mais le couple Barre Phillips/contrebasse, c’est déjà tout un monde en soi, c’est le centre d’une galaxie en constants mouvements, que plongent vers l’aube même de la découverte par l’homme de la magie expressive cachée au fond d’une matière qui vibre. Bois, métal, corde tendue, détendue, tirée, lâchée contrainte de tant de manières de chanter, grincer, percuter ou que sais-je encore ? … et puis l’air tout autour que résonne e sphères concentriques ».

Michel Pascal sur Barre Phillips à l’occasion des MANCA 1995



Jean QUERLIER
Diplômé du Conservatoire de Toulouse, musicien professionnel depuis 1972.
Fait parti du « Machi Oul Big Band » de Manuel Villaroel, du groupe « Confluence » , dirigé par Didier Levallet et Jean-Claude Caon de l’Orchestre de l’Union Européenne des radios (dirigé successivement par Ivan Julien, Martial Solal et André Hodeir, du groupe « Armonicord » de Jok Minor, du Big Band de Bernard Lubat, du Big Band « Berkummernis », du quintette de Christian Escoude, du groupe « Flûte Rencontre » de Michel Edelin, du « Drame musical instantané », du quintette de Didier Levallet et du quintette de Claudine François.
Il s’est produit avec Annick Nozati, François Couturier, Beb Guerin, Siegfried Kessler, Alain Jean- Marie, Colette Magny, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, André Jaume, François Jeanneau, Enrico Rava, Michel Godard, Chris Mac Grégor, Yoscko Seffer.
Jean Querlier a participé à de nombreux Festivals (Paris, Angoulême, Vienne, Nancy, de Venise, de Berlin, La Haye, Moers, Nïmes, Châteauvallon, Tarbes, Antibes Cluny, de Coutances. Il s’est produit au New Morning, la Maison de la Radio, au Café de la Plage, au Petit Opportun, au Chêne Noir à Avignon.
Parallèlement, il a travaillé pour le théâtre avec Georges Wilson pour Ubu Roi, avec Jean-Marc Bory pour Oncle Vania, avec Viviane Théophilides pour  « On ne badine pas avec l’amour » (musique de Giovanna Marini).
Il a écrit la musique de ZOO STORY, monté par le théâtre de Nanterre et des « Pieds dans le plat » de Crevel, monté par le Théâtre de La Courneuve.
Jean Querlier est actuellement enseignant à l’I.A.C.P.  et au conservatoire de Bagnolet.
Il se produit avec René Bottlang, Christian Lete et le quartette Phalene.


Pablo CUECO
(Corrèze, 1957)
« J’ai étudié la percussion « classique » avec Jean Batigne et Gaston Sylvestre, le zarb avec Jean-Pierre Drouet, Bruno Caillat et Djemshid Chemirani, la composition tout seul (ou presque).
Au départ percussionniste « classique », je joue actuellement  surtout du zarb (tambour iranien), du berimbao (arc musical brésilien) et du repique (tambour uruguayen, rythme de candombe) et je compose de la musique. J’ai joué et parfois enregistré avec entre autres Sylvain Kassap, Luc Ferrari, Georges Aperghis, François Tusques,Mirtha Pozzi, Denis Colin, Didier Petit, Hariprasad Chaurasia, Patricio Villarroel ainsi que dans divers spectacles ou formations que j’ai conçus ou dirigés.
J’assure actuellement en collaboration avec Patricio Villarroel,  la direction de Transes européennes Orchestra.
 « Sol, suelo, sombra y cielo »
P. Cueco

Compositions récentes :
« Sol, suelo, sombra y cielo », pour flûte, hautbois, clarinette basse, cornet, violon, violoncelle, piano, harpe, zarb et 2 percussions (1997). Créations Sons d’hiver / MAC de Créteil / par l’ensemble Transes européennes – 60’.
« Territorio reservado », pour clarinette basse et piano (1997). Créations Sons d’hiver / par Denis Colin et Michel Maurer ) commande du Festival Sons d’Hiver – 6’.
« Adi anant », co-composition avec Hariprasad Chaurasia concerto pour flûte bansuri, tabla et petit ensemble : flûte, hautbois, clarinette basse, cornet, violon, violoncelle, piano, harpe, zarb et 2 percussions (1999). Création Théâtre de la Ville, salle du Châtelet / Paris / par Hariprasad Chaurasia, l’ensemble Transes européennes – 75’.
« L’enfance de Gargantua » en collaboration avec Pierre Etienne Heymann (co-adaptation et mise en voix) pour Transes européennes Orchestra et 4 comédiens. Feuilleton pour France Culture et spectacle pour le Festival Sons d’Hiver. La suite (les guerres pichrocolinnes) est en cours de préparation… « Celui qui ne dit jamais non » opérette pour groupe vocal d’adolescents et 5 musiciens, livret de Anita Fernandez, commande du CREA, Opéra Bastille (jeune public), mars 2000.


Participation actuelles aux groupes et projets :
Duo Cueco / Villaroel  et Cueco / Villaroel sextet.
Denis Colin trio, quintet et grand orchestre.
Le serpente inmortal de Mirtha Pozzi.
Transes européennes Orchestra


Vinko GLOBOKAR
(Anderny, 1934)
En Yougoslavie, où il vit de 1947 à 1955, il débute comme tromboniste de jazz, puis, de retour en France, il fait ses études au Conservatoire National de Musique de Paris et mène une activité de tromboniste soliste.
En tant que tel, il suscite la création de toute une littérature contemporaine ou trombone, nombre d’œuvres lui étant dédiées. En parallèle, il étudie la composition et la direction d’orchestre avec René Leibowitz puis avec Luciano Berio.
Il compose sa première œuvre Voie à l’âge de 30 ans et possède actuellement un catalogue de quelques 60 compositions de tous genres pour orchestre, chœur, solistes, ainsi que des œuvres de théâtre musical.
Comme compositeur Vinko Globokar est difficilement classifiable. D’une part, il produit des œuvres centrées sur le rapport de la voix et de l’instrument (ex. Discours II et VIII) ou du texte à la musique (ex. Voie, Kolo). D’autre part, il s’intéresse au potentiel inventif de l’interprète, l’invitant à créer collectivement (ex. Concerto Grosso, Individuum / Collectivum).
Parallèlement, il compose des œuvres musicales où viennent s’amalgamer des éléments de théâtre. Persuadé que la musique doit aujourd’hui avoir un rôle critique dans la Société, il s’attaque à des problèmes d’ordre social dans certaines de ses œuvres (ex. Les Emigrés, l’Armania drammatica).
Pour composer, il s’inspire souvent de questions situées en dehors de la musique (politique, société, humanisme), celles-ci générant l’invention de  nouvelles techniques, de nouveaux matériaux et de nouvelles formes de présentation. Il considère que tout modèle d’organisation existant dans la nature ou dans la culture peut devenir musique.

Programme imprimé en octobre 2000

CIRM, Centre National de Création Musicale
33 avenue Jean Médecin, 06000 Nice
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