CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
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TURANGALîLA-SYMPHONIE

Turangalîla-Symphonie de Olivier MESSIAEN

Année de composition : 1948
Durée : 80.00 minutes

Formation :

Pour orchestre, piano et ondes martenot

Contexte CIRM


Notice :

Commandée par Serge Koussevitzky et la Fondation Koussevitzky, la Turangalîla-Symphonie fut composée par Olivier Messiaen de juillet 1946 à novembre 1948. Elle fut créée le 2 décembre 1949 au Symphony Hall de Boston par Yvonne Loriod (piano), Ginette Martenot (ondes Martenot), et l’Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Leonard Bernstein.




La symphonie est écrite en dix mouvements :

Introduction (modéré, un peu vif)
Chant d'amour I (modéré, lourd)
Turangalîla I (presque lent, rêveur)
Chant d'amour II (bien modéré)
Joie du sang des étoiles (vif, passionné, avec joie)
Jardin du sommeil d'amour (très modéré, très tendre)
Turangalîla II (un peu vif - bien modéré)
Développement de l'amour (bien modéré)
Turangalîla III (bien modéré)
Final (modéré, presque vif, avec une grande joie)

Présentée par l'auteur :
La "Turangalîla-Symphonie" m'a été commandée par Serge Koussevitzky, pour le Boston Symphony Orchestra. Je l'ai écrite et orchestrée du 17 juillet 1946 au 29 novembre 1948.  La première audition mondiale a eu lieu le 2 décembre 1949, à Boston (USA), Symphony Hall, par le Boston Symphony Orchestra, sous la direction de Leonard Bernstein.  Le piano solo était tenu par Yvonne Loriod, et c'est presque toujours elle qui l'a joué depuis. Turangalîla : prononcer Tourânegheulî-lâ (avec accent et prolongation du son sur les deux dernières syllabes). Turangalîla est un mot sanskrit.  Comme tous les vocables appartenant aux langues orientales antiques, il est très riche de sens.  Lîla signifie littéralement le jeu : mais le jeu dans le sens de l'action divine sur le cosmos, le jeu de la création, de la destruction, de la reconstruction, le jeu de la vie et de la mort.  Lîla est aussi l'Amour. Turanga : c'est le temps qui court, comme le cheval au galop, c'est le temps qui s'écoule, comme le sable du sablier.  Turanga : c'est le mouvement et le rythme.  Turangalîla veut donc dire tout à la fois : chant d'amour, hymne à la joie, temps, mouvement, rythme, vie et mort.
 
Turangalîla-Symphonie est un chant d'amour. Turangalîla-Symphonie est un hymne à la joie.  Non pas la joie bourgeoise et tranquillement euphorique de quelque honnête homme du XVIIème siècle, mais la joie telle que peut la concevoir celui qui ne l'a qu'entrevue au milieu du malheur, c'est-à-dire une joie surhumaine, débordante, aveuglante et démesurée.  L'amour y est présenté sous le même aspect : c'est l'amour fatal, irrésistible, qui transcende tout, qui supprime tout hors lui, tel qu'il est symbolisé par le philtre de Tristan et Yseult.
 
"Turangalîla-Symphonie" est encadrée par "Harawi, chant d'amour et de mort", pour chant et piano (écrit en 1945), et "Cinq Rechants", pour douze voix mixtes a cappella (écrits en 1949). Harawi, Turangalîla, Cinq Rechants sont trois aspects – de matière instrumentale, d'intensité, d'importance et de style différents – d'un seul et même Tristan et Yseult.  Dans les trois œuvres – comme Viviane, bien-aimée de Merlin  l'Enchanteur, comme Yseult la belle, habile aux philtres, comme Ligeia d'Edgar Poe dominant la mort – l'héroïne est un peu magicienne : "Ses yeux voyagent… dans le passé… dans l'avenir…".  Dans les trois œuvres – comme dans les tableaux de Marc Chagall -.  Les amoureux se dépassent eux-mêmes et s'envolent dans les nuages : "les amoureux s'envolent… Brangien, dans l'espace tu souffles".
 
Dans les trois œuvres enfin il s'agit d'un amour mortel – jeu de vie et de mort – et comme le résume cette dernière citation des "Cinq Rechants" : l'explorateur Orphée trouve son cœur dans la mort.
 
Outre de nombreux thèmes afférents à chacun de ses dix mouvements, "Turangalîla-symphonie" comporte quatre thèmes cycliques, que l'on retrouve un peu partout au cours de l'ouvrage.  Les nomenclatures thématiques classées par symboles littéraires sont bien fragiles et souvent un peu ridicules (c'est ainsi que les wagnériens ont affublé les leitmotiv de Richard Wagner d'idées toutes faites qui restreignent sa pensée) : on me permettra d'en user cependant pour mes quatre thèmes cycliques, restant entendu qu'il s'agit d'un simple moyen mnémotechnique, destiné à rendre leur reconnaissance plus aisée.
 
Le premier thème cyclique, en tierces pesantes, presque toujours joué par des trombones fortissimo, a la brutalité lourde, terrifiante, des vieux monuments Mexicains.  Il a toujours évoqué pour moi quelque statue terrible et fatale (on pense à Vénus d'Ille de Prosper Mérimée).  Je l'appelle "Thème-statue".





Extranet artiste Dernière mise à jour le 25/11/2009

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