CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2018
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GIARDINO DELLA PAROLA

Giardino della parola de Luciano BERIO

Durée : 60.00 minutes

Formation :

Pour voix seule, ensemble vocal et ensemble instrumental enregistrés

Contexte CIRM


Notice :


par
Isabel Soccoja
Conception et mise en scène Christine Dormoy
Direction musicale Isabel Soccoja
Collaboration artistique Nicolas Deflache
Lumière Eric Soyer
Vidé o Dominique Aru
Son Nicolas Deflache
Scénographie Philippe Marioge
Costumes Jean-Philippe Blanc - Concepteur/Opéra national de Bordeaux
et Cidalia da Costa
Maquillage et coiffure Sophie nisseron
Régie générale et régie lumière Jean-Pierre Michel
Assistante à la mise en scène Céline Bénard, Elodie Brémaud
Réalisation costumes Ateliers de l’Opéra national de Bordeaux
Ensemble instrumental enregistré / direction musicale Isabel Soccoja,   enregistrement Nicolas Poitrenaud.
Agnès Bonjean (piano), Claire Parruitte (violon, alto), Isabelle Veyrier (violoncelle) , nicolas Vallette (flûte ), Laurent Berthomier (clarinette), Elodie Adler (harpe),
Ensemble vocal enregistré et filmé / direction musicale Isabel Soccoja,  réalisation film Dominique Aru, informatique musicale Nicolas Deflache.
Wahid Lamamra (basse), Paul Alexandre Dubois (baryton), Thierry Cantero (ténor), Isabel Soccoja (mezzo soprano), Sevan Manoukian (mezzo soprano)
Coproduction : Grain Théâtre de la Voix / Opéra National de Bordeaux / ARCADI / IDDAC en partenariat avec : LA BARBACANE scène conventionnée de Beynes / Théâtre du Glob / Bordeaux.
Avec le soutien du Grand Théâtre de Reims / CESARE et LA MUSE EN CIRCUIT
Centres Nationaux de Création Musicale.
AIDE à L A DIffUSION ARCADI, IDDAC



C’est la naissance du théâtre musical de Luciano Berio qu’incarne ici Isabel Soccoja. La pièce commence comme un concert sur les partitions inspirées des mélodies populaires d’Arménie, d’Italie, d’Ecosse etc. Un à un, comme échappés d’une peinture naïve, entrent en scène quelques éléments : le vent se lève sur les voyelles de Martin Luther King, trois pommes passent… Avec une pomme précisément, se joue Sequenza III, partition a capella déclinant, entre parlé et chanté, tous les registres du rire. Sur le poème de Sanguineti, composé d’extraits de Joyce, Marx, Dante, Barthes et la Bible, la pièce radiophonique A-ronne agrandit ce « Jardin de la Parole » par une fresque vocale inventoriant de A à Z « quoi du langage et quoi du corps ».
L’exploration des langages par Berio marque les années 60. A Milan, aux côtés de philosophes, de poètes, de compositeurs, il expérimente chez Cathy Berberian la façon dont le texte et le comportement vocal agissent l’un sur l’autre, à la manière de ce qui arrive dans le chant et le langage de tous les jours. Entre texte et «comportements vocaux», s’ouvrent alors des possibilités infinies du discours et du chant humains.
Berio, c’est, comme le disait Michel Guy : «le plus éclatant démenti au stéréotype qui voudrait que la musique contemporaine soit incompatible avec le plaisir.»

La vocalité chez Luciano Berio est à la fois un travail sur la langue et une exploration ludique décoiffante. La voix chantée, les voix chantées, droites ou vibrées du bel canto, la voix quotidienne qui émet des sons pleure, tousse, rit.
Un rire peut se transformer en «colorature». Cette vocalité s’est élaborée à partir des années 1960, comme la «substance même de ce qu’est la musique» avec John Cage et Cathy Berberian, dans la dynamique du laboratoire de phonologie, créé par Berio et Umberto Eco à Milan.

Dans le réseau des soupirs, des accents et de l’intonation, le sujet surgit toujours dans la vocalité emportant grâce à la voracité de sa bouche un morceau du principe de vie initial : le désir. Avec ce désir si cher à Jankélévitch dans ses conférences sur la tentation, la philosophie n’est jamais loin de la musique.

Précisément dans ce corps à corps entre la soliste et la voix, il y a un moment dans le langage où le mot devient une seule et même chose avec ce qui est nommé.


Le début
Mélodies populaires et mélodies de timbres
Comme une balade stylistique entre voix, instruments incluant le piano solo que la chanteuse interprète sur scène, Isabel Soccoja chemine entre les timbres avant d’entrer dans le vif du sujet : la voix, a capella.
Folksongs pour voix et petit ensemble : harpe, alto, violoncelle, clarinette, percussion, flûte
Canzoni popolari voix et piano
Chamber Music (extraits) voix et harpe, clarinette, violoncelle
extraits Brin et Erderklavier pièces pour piano
O King voix et petit ensemble : piano, violoncelle, violon, flûte, clarinette

Le milieu

Sequenza III
La Sequenza pour voix seule, ouvre le théâtre pour les oreilles. Il s’agit pour Berio d’une structuration des différentes formes du rire : un corps à corps entre la soliste et sa propre voix, radiographie de la conscience où quarante-quatre attitudes émotionnelles se succèdent en une multitude de sentiments rassemblés en un seul individu.

La fin
A-Ronne
Kaléidoscope musical et philosophique, A-Ronne, initialement composée dans l’idée d’une pièce radiophonique pour 5 voix d’acteurs. A ronne est incarnée ici par une seule cantatrice : Isabel Soccoja au centre de l’univers polyphonique qui fait vibrer l’espace.
On croit entendre : une cantate de Bach, une liturgie, une chanson populaire à l’italienne, un jingle de jazz… Le poème d’Eduardo Sanguineti est le creuset d’une multiplicité de langues et de voix. Le texte est une tour de Babel, la musique de Berio une fête !

textes sources,
dont le poème de Sanguineti reprend les premières phrases

In my beginning is my end. In succession
house rise and fall, crumble,
are extended,
are removed, destroyed, restored, or in
their place is open field, or a factory, or a
by-pass.
Old stone to new building, old timber to
new fires,
Old fires to ashes, and ashes to the earth
which is already flesh, fur and faeces, bone
of man and beast, cornstalk and leaf.
houses live and die : there is a time for
building
And a time for living and for generation
And a time for the wind to break the loosened
pane
And to shake the wainscot where the fieldmouse
trots

En mon commencement est ma fin. tour à tour
Des maisons s'élèvent et tombent, s'écroulent, sont agrandies,
Enlevées, détruites, restaurées, ou à leur place
Il y a la rase campagne, ou une usine, ou un chemin détourné.
La vieille pierre va aux bâtiments neufs, la vieille charpente
aux feux nouveaux, les feux anciens s'en vont en cendres,
et les cendres dans la terre
qui est déjà chair, fourrures et fèces,
Os de l'homme et de la brute, tige de blé et feuille.
Les maisons vivent et meurent : il y a un temps pour bâtir,
Un temps pour vivre et engendrer,
Un temps, pour le vent, de briser le carreau disjoint
Et pour ébranler la boiserie où le mulot trotte
Et pour secouer la tenture en lambeaux tissée
EASt COKER, FOuR QuARtEtS - T.S. Eliot

Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspera e forte
che nel pensier rinova la paura!
tant’è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch’i’ vi trovai,
diro de l’altre cose ch’i v’ho scorte.

Au milieu de chemin de notre vie
je me retrouvai par une forêt obscure
car la voie droite était perdue.
Ah dire ce qu’elle était est chose dure
cette forêt féroce et âpre et forte qui ranime la peur dans ma
pensée !
Elle est si amère que mort l’est à peine plus
mais pour parler du bien que j’y trouverai, je dirai des autres
choses que j’y ai vues
L’EnFER, LA DIvInE COMéDIE - Dante

Steht : Im Anfang war das Wort! hier Stock’
ich schon ! Wer hilft mir weiter fort ? Ich
kann das Wort so hoch unmöglich schätzen,
Ich muB es anders übersetzen, Wenn
ich vom Geiste recht erleuchtet bin. Geschrieben
steht : Im Anfang war der Sinn.
Bedenke wohl die erste Zeile, DaB deine
feder sich nicht übereile! Ist es der Sinn,
der alles wirk und schafft? Es sollte stehn :
Im Anfang war die Kraft ! Doch, auc indem
ich dieses niederschreibe, schon warnt
mich was, daB ich dabei nicht bleibe, mir
hilf der Geist ! Auf einmal seh’ich Rat und
Gespenst geht um in Europa - das Gespenst
des Kommunismus. Alle Mächte des
alten Europa haben sich zu einer heiligen
hetzjagd gegen dies Gespenst verbündet,
der Past und der Zar, Metternich une Guizot,
französische Radikale und deutsche
Polizisten.

Il est écrit : Au commencement était le verbe ! Ici je m’arrête
déjà! qui me soutiendra plus loin ? Il m’est impossible d’estimer
assez ce mot, le verbe! il faut que je le traduise autrement, si
l’esprit daigne m’éclairer ! Il est écrit : Au commencement était
l’esprit ! Réfléchissons bien sur cette première ligne, et que la
plume ne se hâte pas trop. Est-ce bien l’esprit qui crée et
conserve tout ? Il devrait y avoir : Au commencement était la
force ! Cependant tout en écrivant ceci, quelque chose me dit
que je ne dois pas m’arrêter à ce sens. L’esprit m’éclaire enfin!
L’inspiration descend sur moi, et j’écris consolé : Au commencement
était l’action!
FAuSt - Goethe

Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme.
toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en
une Sainte Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar,
Metternich Guizot, les radicaux de france et les policiers d’Allemagne.
MAnIFEStE Du PARtI COMMunIStE - Marx - Egels

s’il existe un commencement de la chaîne, si la métaphore
comporte un terme générateur (et par conséquent privilégié) à
partir duquel le paradigme se construit de proche en proche, il
faut au moins reconnaître que l’histoire de l’Oeil ne désiqgne
nullement le sexuel comme un terme premier de la chaîne.
ESSAIS CRItIQuES - Barthes




Dossier complet du spectacle





Extranet artiste Dernière mise à jour le 07/11/2011

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