CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2018
« Retour page précédente

LES 3 CONTES DE L'HONORABLE FLEUR

Les 3 contes de l'honorable fleur de Maurice OHANA

Année de composition : 1977
Durée : 40.00 minutes

Formation :

Opéra de chambre. Pour soprano et ensemble instrumental.

Editeur

Editions Jobert

Contexte CIRM


Notice :

Contes inventés par Maurice Ohana, écrits par Odile Marcel.

 

I.               Ogre mangeant des jeunes femmes sous la lune

II.             Le vent d’Est enfermé dans un sac

III.           La Pluie remontée du ciel

 

Commandée par France-Culture pour le XXXIe Festival d’Avignon, cette partition approfondit et radicalise les recherches de Maurice Ohana dans le domaine du théâtre musical. La rencontre avec l’opéra chinois, en 1954, qui fut déterminante dans l’orientation de son style, trouve ici son application la plus franche : « recherche d’une distanciation évitant l’incidence psychologique, et goût pour les théâtres de l’enfance où l’imagination s’attache à des mondes apparemment fantasmagoriques, mais où dorment peut-être vérité, critique ou mythe » (programme de la représentation au Festival d’Avignon). Leur argument ayant été inventé par le compositeur et leur rédaction confiée à Odile Marcel, les contes n’ont de japonais que l’esprit, et le titre n’est que la traduction française du mot japonais « Ohana » (honorable fleur) ! Le texte réduit l’intervention de la parole intelligible à un rôle d’introduction ou d’incidences explicatives parlées. Elle est relayée, dans la partie chantée, par l’onomatopée, dérivée en partie des phonèmes japonais. La présence des marionnettes, de masques, d’acrobates, dans le cas d’une version mise en scène, crée un univers apparemment naïf, une imagerie à la manière du douanier Rousseau, où se mêlent le mystérieux, le maléfique et le magique.

 

Les parties :

1) « Ogre mangeant des jeunes femmes sous la Lune »... Comment une jeune femme séduit et berne un ogre mangeur de jeunes femmes. Comment, l’ayant occis, elle se vêt de sa dépouille et, à son tour, dévore les jeunes gens.

2) « Le vent d’Est enfermé dans le sac »... Comment le vent d’Est, pour avoir lutiné la Dame Honorée fut enfermé dans un sac par ordre des Dieux. Comment il fut condamné à vivre dans les neiges et devint triste et froid, et comment le vent d’Ouest survint et enleva la Dame.

3) « La pluie remontée au ciel »... Comment la pluie, fuyant le royaume des singes inhospitaliers, remonta au ciel pour mille ans. Comment, quand elle retomba, la vie refleurit et les singes ont été mis en cage.

Les Trois contes de l’Honorable fleur font partie de ces expériences de théâtre musical des années 60, significatives de la difficulté de renouvellement que connaissait l’art lyrique à ce moment. Œuvre onirique où les onomatopées prolongées par les instruments tiennent lieu de texte, ces Trois contes font une entrée progressive dans le monde d’Ohana. La magie s’opère peu à peu, les percussions se faisant de plus en plus envoûtantes, le hautbois devenant de plus en plus hichiriki (instrument japonais à anche double). L’utilisation des instruments se fait volontairement non-conventionnelle, avec sons multiphoniques aux vents, effets percussifs au piano et au violoncelle, et l’utilisation généralisée de la microtonalité en liaison avec l’emploi de deux cithares accordées en tiers de ton.


(photo de la soprano Kiyoko Okada, © Guy Vivien )





Extranet artiste Dernière mise à jour le 22/05/2013

CIRM, Centre National de Création Musicale
33 avenue Jean Médecin, 06000 Nice
04 93 88 74 68 - Fax 04 93 16 07 66
Email : info@cirm-manca.org

Enhanced by D.B.L. 2019