CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2018
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LA SYMPHONIE MONOTON

La Symphonie monoton de Yves KLEIN

Année de composition : 1947
Durée : 20.00 minutes

Formation :

Orchestre symphonique

Contexte CIRM


Notice :

« La symphonie Monoton Silence du Peintre Yves KLEIN est datée de 1947-1961, dans la mesure où il y a plusieurs versions de durée différente.
 La partition accompagnait les performances picturales publiques de Klein dans lesquelles il se servait de modèles vivants pour composer ses empreintes avec son fameux IKB (International Klein Blue). La partition est à la fois assez simple à réaliser sur le plan technique et en même temps difficile sur le plan musical si l'on veut obtenir du seul son que comporte cette symphonie une égalité, une tension, une justesse absolue, inséparables de l'effet qu'elle doit produire.
En fait ce qui intéressait Klein c'était le silence qu'il voulait saisissant après la symphonie. Il rejoint dans un certain sens les préoccupations de compositeurs comme John Cage ou La Monte Young.
Je propose une version de 20 minutes, 15 minutes de symphonie et 5 minutes de silence avec les musiciens et le chef en position de jeu ».
Philippe Arrii Blachette

« (…) la musique, à une  certaine époque de mon oeuvre, s'est vue intégrée à mon  travail comme élément à part entière. Si je me souviens  bien, c'est vers la fin de l'année 1949 que l'idée a commencé  à germer! J'étais chez Robert Sauvage, et là, j'ai ébauché  mes premiers monochromes. Je m'étais enfermé dans la salle de bains  pour reparaître quelques minutes plus tard avec des carrés de cartons  maculés d'un seul et même ton. Là, je me suis dit que si l'on  pouvait peindre avec une seule et même couleur, alors pourquoi ne pouvait-on  pas pas composer avec une seule et même note? Une symphonie sans réel commencement ni réelle fin. Une symphonie monochromatique ou monoton si vous  préférez! Une symphonie n'ayant pour durée que le temps que  l'on veuille lui accorder!
Le projet a réellement connu sa réalisation lors de la toute première  manifestation des anthropométries. Là, cette symphonie monoton a pu  exister au sens propre du terme et donner à «entendre» vingt minutes  d'un son continu suivi de vingt minutes de silence et d'immobilité totale.  Pour l'occasion, j'ai fait appel au compositeur Louis Saguer afin qu'il conduise  ce projet. Louis Saguer a demandé au musicien Alain Bancquart de rassembler  une dizaine de musiciens, des instrumentistes à cordes. Je me souviens que  Louis avait concocté plusieurs projets, allant du plus simple au plus compliqué.  Il me les a fait entendre et j'ai opté pour l'accord le plus simple. Un truc  comme Do mi sol ou Sol si ré, je ne sais plus trop! J'imagine aisément  que mon choix a dû amuser les musiciens composant l'orchestre! Amuser dans  le sens où l'accord que j'avais choisi était celui de quelqu'un qui  n'était pas familiarisé avec la musique. En fait, il faut surtout retenir  que cette symphonie monoton n'est pas vraiment de la musique au sens propre du terme,  mais plutôt une composition destinée à créer une atmosphère  tendue et égale afin d'accompagner un travail.
L'accord joué a la qualité d'une résonance au son grave et profond,  comme issu des entrailles de la terre. Aucune gesticulation ne vient troubler sa  force intérieure. Cet accord est la continuité fondamentale de la vie:  son apparition et sa disparition dans la permanence de l'être. Une allégorie  de la vie éternelle prend place! La présence unique et absolue de l'homme  au monde se poursuit dans l'absence après la mort. Une absorption du silence!!!!!  Vêtements impalpable de mes pinceaux-vivants ayant évolué sur  scène ce soir là! ».
Yves Klein





Extranet artiste Dernière mise à jour le 23/09/2010

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