CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2020
MANCA
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E SUPPLICANTE

E Supplicante de Jérôme CASALONGA

Année de composition : 2018
Durée : 80.00 minutes

Formation :

Opera Pulifonico

Contexte CIRM

  • Programmée dans le cadre du Festival Manca 2020 "Opera Viva", dimanche 29 novembre au Théâtre Francis Gag, Nice.

Notice :

E SUPPLICANTE



D’après Eschyle,

adaptation en langue corse, Serge Lipszyc / Jérome Casalonga

 

Mise en scène, Serge Lipszyc

Scénographie, Toni Casalonga

 Costumes, Claire Risterucci

Lumières, Pascal Galeazzi

 

Avec

Léa Antona, Jérôme Casalonga, Fanny Chatelain, Marie-Ange Geronimi, Andréa Lapierre-Antoniotti,

Serge Lipszyc, Claire Mérigoux, Christian Ruspini

 

Production : Voce Centre National de Création Musicale

soutien : Collectivité de Corse, Spedidam


Dossier de presse (pdf)



NOTE D'INTENTION de Serge Lipszyc, metteur en scène

L’humanité s’est construite dans la migration, le déplacement. Le voyage et l’acceptation de l’autre sont le fil, la matrice qui a marqué l’histoire des hommes.
Aujourd’hui comme hier le monde tremble et vacille et peut trouver s’il le désire le moyen de construire un avenir meilleur.
Tout est choix et Eschyle, l’un des plus grands auteurs grecs ne nous apprend pas autre chose. Les textes antiques sont les plus forts de nos textes contemporains.
Eccu è mo pienti
Eccu è mo mughji
Oghje cantu à mè stessu
Un voceru funestu
Ce texte vient de la nuit des temps. Cinq voix de femmes pour dire l’horreur du monde.
Intemporelle, cette tragédie d’Eschyle se prête magnifiquement à une transposition musicale traduite et chantée en Corse par un choeur de femmes.
Eschyle, notre contemporain!
Comme aurait pu le dire Ian Kott.
L’histoire est un éternel recommencement.
Nous sommes partis dans l’idée d’une forme mi opératique mi théâtrale avec comme point d’appui l’idée d’une polyphonie contemporaine qui parle d’une seule et même voix. La musique qui est en cours de composition, les choix scénographiques et les costumes renforceront le maillage entre temps anciens et contemporains.
Ce spectacle est bâti avec la volonté de rechercher un sens originel au choeur grec. Cinq femmes pour dire cinquante suppliantes, c’est cinq timbres vocaux pour dire avec des sensibilités différentes mais aussi avec force et conviction la question de la violence faite aux femmes. Cinq femmes qui interrogent l’exil, la fuite, l’hospitalité.
Face à elles, les hommes. Le père qui guide et conseille, le prince qui écoute, interroge, qui conduit la cité et convoque la démocratie et enfin l’adversaire, le guerrier, le frère qui violente et tue. Ces trois archétypes masculins seront interprétés par des comédiens qui ne chanteront pas et s’exprimeront en français.
Un voyage de circonstance donc à la recherche d’un sens originel du choeur grec …
Serge Lipszyc


NOTE D'INTENTION de Jérôme Casalonga

Imaginez cinquante femmes sur la berge d'une mer turquoise, chantant l'espoir dans l'abîme, la crainte et l'angoisse dans la beauté. Sur les côtes de ces mers tragédiennes elles supplient, elles subliment.
Ces cinquante amazones, d'une chevauchée de la vie, nous emportent avec harmonie dans une polyphonie légendaire. Il n'y a pas de plus beau sujet que de composer sur cette tragédie d'Eschyle,
chant épique des temps modernes, poésie interrogeant la raison de vie, le droit du sol, l'essence même de l'existence ainsi que l'appartenance à la terre.
Une réflexion sur la différence entre "partir et fuir", "sédentarisation et aliénation", "migration et exil".
Imaginez le son de ces cinquante nymphes naviguant sur les flots, rebondissant sur la roche salée.
Ce son a déjà un parfum qui sent le romarin, l'asphodèle, le thym et l'immortelle. J'en extrais l'essence, je
la divise, je la décompose, je découvre ces molécules, ces particules les plus fines, pour pouvoir enfin me mettre au travail. Alors je commence à composer, non plus pour cinquante femmes, mais pour cinq chanteuses comédiennes. Chacune, métaphore d'une voix maîtrisant son sujet, nous restitue cette légende
intemporelle et nous amène vers un dialogue symphonique entre musique et parole, entre elles, "Les Suppliantes" et Danaos et entre le Prince et l'Egyptien.
Parmi les sources d'inspirations multiples, j'utilise pour cette composition les principes du chant polyphonique méditerranéen remontant jusqu'aux premières sources du chant byzantin. La langue de cette oeuvre est le Corse.
Musicale, vivante, aguerrie à la pratique polyphonique, elle fut façonnée depuis des millénaires par les peuples qui l'ont constitué.
La Corse, cette île devient alors Argos dans le Péloponnèse ou Chypre face à la Syrie pour que l'auditeur s'incruste dans ce voyage et qu'il fasse corps avec le son. Le spectateur s'emporte dans ces chants
mélismatiques, eux-mêmes dialoguant avec les différents personnages de la tragédie, mais cette fois en français.
Dans cette conversation entre la musique chantée et le texte joué, le rythme et la cadence sont prépondérants. Ce sont eux qui nous éclairent pour la compréhension du propos. La symbiose de toutes
ces formes d'expressions devient un opéra limpide aux formes poétiques et synthétiques.
Le discours devient la parole,
la légende, la vérité,
la monodie, la polyphonie,
la question, la réponse...
Comme si la durée n'avait plus de temps, si le lieu n'avait plus d'espace, et l'endroit plus d'importance.
Jérôme Casalonga






Extranet artiste Dernière mise à jour le 05/06/2020

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