CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2019
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LE CYPRèS BLANC

Le Cyprès blanc de Hugues DUFOURT

Année de composition : 2004
Durée : 30.00 minutes

Formation :

Pour alto et orchestre

Contexte CIRM


Notice :

Concerto pour alto, le Cyprès blanc a été écrit à l’initiative de Gérard Caussé qui est le créateur de l’œuvre. Commande du Festival Musica de Strasbourg et de l’Orchestre Philarmonique du Luxembourg, cette œuvre a été créée par Gérard Caussé à l’alto et l’Orchestre Philarmonique du Luxembourg, sous la direction de Pierre-André Valade, le 25 septembre 2004 au Festival Musica de Strasbourg. L’idée directrice de cette œuvre présente deux aspects complémentaires : imaginer la sonorité et la ligne monodique de l’alto comme une sorte de résultante du processus global de la sonorité de l’orchestre, comme si l’orchestre proposait à la voix soliste une immense basse continue ; traiter, à l’inverse, l’orchestre comme une formidable extension de la sonorité de l’alto, à la manière d’une caisse de résonance instrumentée, orchestrée, écrite. Le choix de l’alto déplace le centre de gravité de l’orchestre qu’il abaisse d’une octave. L’orchestration et la ligne d’alto procèdent d’une commune origine qui est le do de la corde grave de l’alto, note autour de laquelle tout l’orchestre sera appelé à graviter, donnant ainsi un relief aux sonorités d’ordinaire plus effacées du registre du sous-médium. L’alto fait son entrée après un très long préambule de l’orchestre, qui se souvient du Premier Concerto pour piano de Brahms. L’alto émerge peu à peu d’un continuum qui, dans toute la partie centrale, s’engagera dans un processus de transformations et de convulsions, mettant le soliste dans la situation d’avoir à lutter pour s’imposer et traverser ce tumulte. La forme de l’œuvre est assez complexe, plaçant constamment le soliste sur le fil du rasoir. J’irais même jusqu’à dire que la forme c’est, à l’image de notre temps, la survie du soliste. La structure est intentionnellement asymétrique : après la très longue plage du préambule, sans soliste, après l’épisode de la mer démontée, vient une seconde partie qui est à la fois un adagio, une coda, une péroraison qui n’en finit pas et qui donne latitude au soliste de déployer une forme reconquise de lyrisme. Là encore, les rapports traditionnels du soliste à l’orchestre sont inversés car tout l’orchestre est appelé à osciller autour des lignes directrices que trace la voix solitaire de l’alto. L’harmonie devient de plus en plus complexe et équivoque car elle absorbe peu à peu en elle toutes les déterminations du domaine du timbre, si bien que c’est une seule couleur sonore qui s’anime d’un mouvement alterné de contraction et d’expansion, une couleur souvent polarisée qui donne à la sonorité de l’alto un indéfini pouvoir de différenciation et de résonance. Le titre de cette œuvre est tiré des lamelles orphiques que l’on a retrouvées dans les tombes du bassin méditerranéen. Au VIIe siècle avant Jésus-Christ se forme une conscience de l’au-delà qui est sans doute l’une des premières formes de conscience historique. L’image, unique dans l’Antiquité, du cyprès blanc est celle d’un arbre de lumière qui indique aux mourants la manière de s’échapper du monde, de s’échapper du cycle des métempsychoses, pour rejoindre l’au-delà d’une mémoire qui se rattache à l’éternité.

Hugues Dufourt





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