CIRM : Centre National de Création Musicale UCA
Manca 2018
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QUATUOR POUR LA FIN DU TEMPS

Quatuor pour la fin du temps de Olivier MESSIAEN

Année de composition : 1941
Durée : 55.00 minutes

Formation :

Pour clarinette, violon, violoncelle et piano

Contexte CIRM


Notice :

Considéré à juste titre comme un des sommets de la musique de chambre du xxe siècle, le Quatuor pour la fin du Temps a été écrit en 1941 dans des conditions de privation extrême alors que le compositeur était prisonnier des Allemands au Stalag VIII A en Silésie. En compagnie de Jean Le Boulaire (violon), Henri Akoka (clarinette) et Etienne Pasquier (violoncelle), Olivier Messiaen a commencé à écrire son quatuor, grâce à un officier allemand qui lui a fourni du papier à musique et des crayons. Cette œuvre est inspirée d’une citation de l’Apocalypse de Saint Jean, reflet du temps  où l’Apocalypse s’annonce. Le Quatuor pour la fin du Temps intègre pour la première fois à son langage musical le chant des oiseaux, et ce, dès les premières mesures. Le troisième mouvement, « Abîme des oiseaux », long solo de clarinette, reste un sommet du genre, opposition entre l’abîme du temps et la vitalité d’oiseaux imaginaires. De même, le Quatuor pour la fin du Temps est la première grande œuvre dont la couleur soit le sujet même. Messiaen avait connu de nombreuses expériences de synopsie, un dysfonctionnement des nerfs optique et auditif par lequel les sons causent la perception de couleur sous l’emprise du froid et de la faim. L’œuvre comporte huit mouvements qui n’ont pas été écrits dans l’ordre. Ces huit morceaux contrastent autant par leurs dimensions et leur caractère que par leur instrumentation. Le quatuor complet n’est présent que dans les premier et sixième mouvements, au début et à la fin du deuxième mouvement (« Vocalise », pour l’Ange qui annonce la fin du Temps) ainsi que dans certains épisodes du septième mouvement (« Fouillis d’arcs-en-ciel », pour l’Ange qui annonce la fin du Temps). Le troisième mouvement, tel que mentionné précédemment, est un solo de clarinette. Les deux louanges sont des duos et le quatrième mouvement, l’« Intermède », un charmant petit scherzo en trio sans piano. Le compositeur lui-même précise que « le langage musical de l’œuvre est essentiellement immatériel, spirituel, catholique. Des modes, réalisant sur les plans mélodique et harmonique une sorte d’ubiquité tonale, y rapprochent l’auditeur de l’éternité dans l’espace ou l’infini. Des rythmes spéciaux, hors de toute mesure, y contribuent puissamment à éloigner le temporel. […] Le temps – mesuré, relatif, physiologique, psychologique – se divise de mille manières, dont la plus immédiate pour nous est une perpétuelle conversion de l’avenir en passé. Dans l’éternité, ces choses n’existeront plus. »




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