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Actualité du Vendredi 08 Novembre 2002 à 20h30

CONCERT MANCA 2002 - L'itinéraire

Vendredi 8 novembre 2002
Eglise Saint-François de Paule (Nice)



L'ENSEMBLE ITINERAIRE
Direction Olivier Cuendet
Ténor Adrian Brand, basse Fabrice Chomienne
Clarinette basse Aude Richard

Flûte : Sophie Dardeau, cor : Takenori Nemoto, trombone : Pascal Gonzales, violons : Anne Mercier et Nicolas Miribel, altos : Christine Laize et Gilles Deliège, violoncelle : Florian Lauridon.


Annette MENGEL "Reigen" (1996)
Pour clarinette basse 7'

Gérard ZINSSTAG "Cinq Fragments"(1982 – 1983)
Pour quatuor à cordes 23’

Entracte

Michaël LEVINAS " Quatuor à cordes" (1999) 12’

Florence BASCHET "Filastrocca"
Pour basse, ténor, ensemble instrumental et électronique
CREATION MONDIALE - Production CIRM 15’

Fin du concert : 22h00


Technique CIRM, Centre National de Création Musicale
Ingénieur du son : Gérard d'Elia



Ce concert clôt un cycle de trois années de collaboration entre le CIRM et l’ensemble Itinéraire. La diffusion des œuvres coproduites ont permis l’enrichissement de leurs répertoires réciproques. On se souviendra par exemple de Amok Koma de Fausto Romitelli, créé au Festival MANCA 2001, puis programmé dans d’autres festivals. C’est avec le compositeur Florence Baschet que le CIRM et l’Itinéraire ont décidé de s’associer cette année. L’œuvre présentée ici en création mondiale a pour fondement quelques principes acoustiques inhérents au répertoire choral traditionnel de Castelsardo (Sardaigne). Il s’agit, par exemple, grâce à des phénomènes acoustiques naturels, de faire émerger une cinquième voix (la quintina) dans un quatuor de voix d’hommes. Réalisée dans les studios du CIRM, cette œuvre utilise les technologies les plus récentes afin de proposer, in fine, une vision métaphorique et subjective du propos initial. Reigen(la ronde) d’Annette Mengel explore les richesses des différents registres de la clarinette basse. Deux quatuors à cordes, l’un de Gérard Zinsstag et l’autre de Michaël Lévinas, directeur de l’Itinéraire, mettent en avant les qualités de chambriste des musiciens de l’ensemble.

L’ITINERAIRE
Depuis plus de 25 ans, L'Itinéraire est l'un des principaux acteurs des mutations en vigueur dans la création musicale. La plupart des compositeurs ont vécu grâce à lui des moments précieux, car leurs œuvres se sont fait entendre et ont survécu en France et à l'étranger au-delà de la réalité éphémère du concert. Fondé par Tristan Murail, Roger Tessier, Michaël Levinas et Gérard Grisey, L'Itinéraire a créé les œuvres majeures qui ont établi les principes du courant dit spectral.
Depuis 1985, sous la direction artistique et la présidence de Michaël Levinas, L'Itinéraire a réfléchi sur les conditions de possibilité de la composition en favorisant le débat esthétique, notamment dans le cadre de rencontres et de colloques réunissant compositeurs, interprètes, philosophes, plasticiens, autour de problématiques communes, telles que les questions d'écriture, d'idée musicale, de lois, de narrativité, d'affects, de convergences et divergences des esthétiques ou encore de représentation.
Parallèlement, l'ensemble s'est totalement renouvelé en intégrant des interprètes de la nouvelle génération.
Aujourd’hui, la notion de passage s'avère non seulement le lieu de promesses à venir dont on ne peut maintenant déceler les véritables orientations, et en même temps une figure d'accomplissement historique dans laquelle L'itinéraire a joué un rôle fondamental.
Créer, inventer, imaginer redevient désormais une responsabilité éthique qui présuppose une pensée tournée vers la transmission des œuvres et une écoute active des réalités musicales de plus en plus diversifiées.
Entrer dans le XXIè siècle est pour L'Itinéraire une manière d'hommage à l'histoire de la composition de la seconde moitié du XXè siècle.

L’Itinéraire reçoit le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France - Ministère de la culture et de la communication, de la SACEM. Avec le soutien de l’AFAA, Association Française d’Action Artistique – Ministère des Affaires Etrangères, SPEDIDAM

Olivier CUENDET
Chef d’orchestre, chef d’opéra, créateur, concepteur d’événements musicaux et pédagogue, Olivier Cuendet cherche, à travers l’interprétation et la programmation, à retrouver l’esprit des musiques du passé et le fil conducteur qui les relie à notre époque et à la création.
Après des études d’orgue et de direction en Suisse, il se perfectionne en Italie et aux Etats-Unis avec des maîtres tels que Igor Markevitch, Franco Ferrara, Seiji Ozawa, Rafael Kubelik et Leonard Bernstein.
Lauréat du concours de chef d’orchestre N.Malko en 1983 à Copenhague, il dirige régulièrement, depuis lors, dans toute l’Europe. Il a travaillé, entre autres, avec l'Orchestre de la Suisse Romande, le Philharmonique de Radio France, la Philharmonie de Stockholm et celle de Oslo, l'Ensemble Intercontemporain, l'Ensemble Contrechamps et le Klangforum de Vienne.
Au théâtre, Olivier Cuendet fait ses débuts au Teatro la Fenice de Venise où il dirige une production de Giselle avec Rudolf Nureyev en 1979. Depuis il a monté en France, en Suède, en Espagne et en Suisse de nombreux ballets et opéras allant de Monteverdi à la période contemporaine.
Son répertoire, allant du baroque au contemporain, inclut de nombreuses créations de compositeurs tels que Gyorgy Kurtág, Franco Donatoni, Olga Neuwirth ou Pascal Dusapin. Il travaille également le répertoire baroque et classique sur instruments d'époques.
Olivier Cuendet a créé en 1999 l’Atelier Lyrique de Lausanne, destiné à la formation des chanteurs d’opéra. Il a été directeur du Conservatoire Supérieur de Musique et Théâtre de Lausanne de 1998 à 2001.

Annette MENGEL (Née à Giessen – Allemagne)
Elle entre en 1980 à la Musikhochschule Hannover, où elle travaille auprès de Bernhard Ebert (piano) et Helmut Lachenmann (analyse musicale). Depuis 1985, elle vit à Paris où elle étudie la composition avec Sergio Ortega, puis avec Emmanuel Nunes. Elle a complété sa formation en participant aux stages du Centre Acanthes, notamment avec Toru Takemitsu. Une bourse du gouvernement français lui a permis en 1998 de suivre un cursus d'informatique musicale aux Ateliers UPIC. En 2002 elle est lauréate du programme Villa Médicis hors des murs de l’AFAA et elle effectue un séjour de quatre mois à Istanbul.
Ses œuvres comprennent de la musique vocale et instrumentale pour des formations diverses ainsi que des musiques de scène pour le théâtre. Elles ont été présentées dans différents festivals internationaux (Musica Strasbourg, Bloc-Notes Paris / Berlin, Voix nouvelles Royaumont, etc.). Une commande d’Etat qu’elle réalise en 2000 pour les Neue Vocalsolisten Stuttgart constitue le point de départ d’une confrontation avec l’œuvre du poète turc Nazim Hikmet. Actuellement elle écrit un cycle de pièces à partir des Paysages humains de mon pays de cet auteur.
ŒUVRES (extraits) : Kadinlar (1 voix soliste et ensemble), En güzel (4 voix a capella), Abîme (fl, cl, vl, vc), Ressac (fl, cl, vl, vc), Reigen (Clarinette basse), Arithmétique II (2 perc.), Identification (vc et sax bar), Herbstmanöver (2 voix solistes et ensemble).

Reigen (1996) Pour clarinette basse
Impossible de ne pas avoir en tête - ne serait-ce qu'inconsciemment - les Suites et Partitas de J. S. Bach pour violoncelle et violon seul, en écrivant pour un instrument mélodique soliste. D'où des titres de danse choisis pour une série de pièces dont celle-ci est la première.
Reigen a la particularité d'explorer la tessiture des quatre octaves de la clarinette basse par une écriture presque exclusivement en intervalles disjoints. Absence de continuité également dans le développement temporel : seuls, existent des gestes interrompus.
Reigen en allemand signifie "Ronde". Ainsi, les deux principes, alternance et répétition, empruntés à la forme rondo, sont présents à tous les niveaux de la conception de l'œuvre.
Alternance de parties rapides et lentes : interpénétration des deux (les parties lentes s'accroissent pendant que les rapides rétrécissent) dans la première section, opposition simple dans la seconde.
Le principe de la répétition se perçoit d'abord à travers quatre notes pivots (on revient toujours sur les mêmes notes). Il se perçoit ensuite par la répétition intégrale de l'enchaînement de toutes les parties lentes de la première section. Dans la seconde, les notes pivots qui ont changé d'octave, sont soulignées par des répétitions immédiates.
Tout cela constitue le cercle. Pour y entrer - où du moins, pour le percevoir comme tel -, au centre, entre les deux sections, il y a un élément tout à fait différent : concentration des notes sur un registre de l'instrument et également (pour un très bref moment), ébauche d'une continuité.
Annette Mengel

Gérard ZINSSTAG (Genève, 1941)
Gérard Zinsstag fait ses premières études à Genève (Collège Calvin et le Conservatoire de Musique de Genève). Il poursuit sa formation musicale d'abord au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (1961-63) puis à l'Accademia Chigiana à Sienne. De 1964 à 1967 il vit à Rome, voyageant à travers l'Europe en qualité de musicien flûtiste itinérant. En 1967, il rejoint l'Orchestre de la Tonhalle à Zürich qu'il intégrera jusqu'en 1975 (date à laquelle il démissionne pour se consacrer exclusivement à la composition). Zinsstag a étudié avec Hans Ulrich Lehmann au Conservatoire de Zürich (1973-75), et avec Helmut Lachenmann à Stuttgart et Hanovre. Il a participé aux cours d'été de Darmstadt de 1976 à 1978 avant de passer une année aux Etat-Unis en 1979. La bourse du DAAD à Berlin lui est attribuée (1981-82), et en 1982 il est stagiaire à l'Ircam.Gérard Zinsstag a dirigé le festival "Tage für neue Musik" à Zürich depuis sa création en 1986 jusqu'en 1994. Il a participé à des séminaires et donné de nombreuses conférences (Bamberg, Berkeley, Moscou, Paris - CNSMDP, CSM, Ircam et Sorbonne , Salzbourg, Taïpei, Zürich) « Après une période au cours de laquelle Gérard Zinsstag s’attacha à une recherche instrumentale sur les bruits et à des agencements formels heurtés, vint une écoute attentive des sons et un cheminement aux côtés des compositeurs dits « spectraux », principalement l’Itinéraire. Apparaissent maintenant les caractéristiques d’une écriture où le compositeur « laisse davantage libre cours à ce qu’on pourrait appeler l’expressivité du matériau et l’intuition du geste », où par des échappées de mémoire de plus en plus fréquentes jaillissent des objets musicaux connotés ». Frank Langlois « Salabert Editions »

Cinq fragments (1982 – 1983)
Pour quatuor à cordes
Depuis quelque 230 ans il y a des quatuors à cordes, et il n' y a que très peu d’autre genre musical dont l' histoire ait été à ce point jalonnée de chef-d'oeuvres : ce genre est, de par la réduction des quatre instruments à un corps sonore homogène et organique, le parangon de la perfection musicale. Après le monument que constituent les 77 quatuors à cordes de Haydn, Beethoven essaie, avec ses quatuors op.18, de percer les possibilités du genre et de les exhausser.
Les trois quatuors " Razoumovsky " et les quatuors tardifs montrent l'éloignement de l’agencement traditionnel, la réorganisation de la forme et la recherche de nouveaux modes d'expression par lesquels on n'aspire moins à l'idéal classique de la perfection, qu'au développement d'un processus musical plus complexe.
Suite à ces considérations, il y a deux ans, tandis que je caressais à nouveau l'idée d'écrire un quatuor à cordes (je séjournais alors à Berlin avec Gérard Grisey comme boursier du DAAD), je portai ainsi mon choix sur la brisure et l'ouverture que comporte le fragment. Le concept formel de fragments différents laisse la grande forme ouverte, mais chaque fragment forme un "moment d'écoute" clos et spécifique. J'ai choisi, dans les derniers quatuors de Beethoven, des gestes typiques, - du matériel extrait, transposé dans de nouveaux contextes. Ces gestes familiers sont ainsi transformés, grâce à une manière d'" adaptation rétrospective", en citations rythmiques. Ils sont donc, non pas seulement un simple hommage au génie de Beethoven, mais servent - comme supports structurels - à l'évolution de la tradition musicale. En insistant sur ces gestes choisis et leur large éventail de distanciations, de déphasages et de nouvelles techniques de jeu, on peut tendre "familièrement" la main à l'auditeur, mais en lui offrant un nouvel "angle d'écoute". Dans cette oeuvre, comme dans mes pièces récentes, Incalzando ou Artifices, j'essaie de mettre en évidence le bruit-musique, et la musique-bruit, comme prise de conscience, car les bruits aussi recèlent leur beauté modulante intrinsèque. Un manque d'idées créatrices fait qu'on les utilise trop souvent comme de simples effets, ou des objets de surprise, au lieu de les intégrer dans un processus motivé et structuré. Ainsi, les bruits ne lamineront pas la magie de la musique mais, bien au contraire, ils la bousculeront, l'élargiront. La scordatura de la quatrième corde de chaque instrument (le premier violon sur le fa, le deuxième violon sur le mi bémol, l'alto sur le sol bémol, le violoncelle sur le la bémol) donne un son fondamental caractéristique qui imprègne véritablement le matériau. Ce n'est pas l'horizontalité polyphonique du discours musical qui domine, mais bien plutôt la verticalité homophonique, avec sa combinaison harmonique de sons et de couleurs, liée à la scordatura. Ce quatuor est une commande de la WDR et fut créé à Cologne le 4 novembre 1983 par le quatuor de Sarbruck. Il existe dans une version courte (cinq fragments) ou longue (sept fragments).
Gérard Zinsstag, Cologne, novembre 1983 Traduction: © jean-Noël Von der Weid

Michaël LEVINAS (Paris, 1949)
Pianiste concertiste et compositeur, Michaël Levinas occupe un espace original dans vie musicale d’aujourd’hui. Ce double profil détermine son interprétation et son écriture.
Né à Paris, il a eu pour maîtres notamment, Vlado Perlmuter, Yvonne Loriod et Olivier Messiaen. Il a été pensionnaire à la villa Médicis dirigée alors par le peintre Balthus.
En tant qu’interprète, Michaël Levinas a réalisé une discographie importante, consacrée autant au répertoire classique et romantique qu’à la musique du vingtième siècle. Cette discographie comprend l’intégrale des sonates de Beethoven, enregistrement salué par la critique internationale.
Souvent relié au courant spectral, au travail avec la technologie et la fondation de l’ensemble Itinéraire, le parcours de compositeur de Michaël Levinas s’identifie avec la création d’œuvres très remarquées. Citons parmi celles-ci Appels (1974), Ouverture pour une fête étrange (1979), La conférence des oiseaux (1985), Rebonds (1993), Diaclase (1993), Par-delà (commande du festival de Donaueschingen, créée par l’orchestre de la Sudwestfunk, sous la direction de Michaël Guielen), opéra Go-gol (créé par le festival Musica de Strasbourg, l’IRCAM et l’opéra de Montpellier dans une mise en scène de Daniel Mesguich) Concertation (1997, commande de la Cité de la Musique), Euphonia (1998, commande de l’Orchestre de Paris et la Comédie française), Les lettres enlacées (2000).

Quatuor à cordes n° 1 (1999)
Ce Quatuor s’inscrit dans une série d’œuvres sur un travail purement instrumental. Il s’agit d’une grande forme organisée en quatre mouvements. Le premier mouvement est conçu sur le principe d’un choral, il est donc polyphonique. L’utilisation de sourdines particulières (un métal très fin, vibrant sur toute la résonance de la corde) permet d’entendre, grâce à un balayage giratoire sur les cordes, le déroulement du spectre harmonique qui produit un effet de phasing. Les trois derniers mouvements du quatuor constituent une suite de variations basées sur un hoquetus, impulsion d’attaques décalées d’archets constituant des groupes harmoniques évolutifs. Dans ces hoquetus, la polyphonie naît d’un phénomène d’écho entre les musiciens du quatuor. La succession des mouvements peut être entendue comme un phénomène de variation ou de réitération. On remarquera notamment la reprise d’une technique de hoquetus sous la forme de pizzicati à plusieurs doigts inspirés des modes de jeux de la guitare, une technique que l’on retrouve dans le flamenco. Le dernier mouvement du quatuor superpose un rythme de boogy-woogie et de hoquetus.

Florence BASCHET(Paris, 1955)
Florence Baschet suit des études musicales à l'École Normale de Musique de Paris, au Conservatoire Santa Cecilia à Rome, en musicologie, en harmonie et contrepoint. Puis elle s'intéresse à la nouvelle lutherie instrumentale, acoustique ( avec le Cristal Baschet, instrument qu'elle explore dans diverses formations) et électroacoustique.
En 1988, l'entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon dans la classe de Philippe Manoury lui permet de travailler la composition et les transformations sonores par les moyens électroacoustiques. En 1991, elle obtient avec Nuraghe le DNESM, (mention TB à l'unanimité des voix dont André Boucourechliev et Gilbert Amy). Elle suit ensuite des cours de perfectionnement au Centre Acanthes auprès de Luigi Nono puis d'Elliot Carter. En 1992, elle entre à l'IRCAM dans le cadre du cursus où elle écrit Alma-Luvia.
Puis elle reçoit successivement des commandes de l'IRCAM, Spira Manes, de l'Etat, Sinopia et Aïponis et de Radio France, Femmes. Ses oeuvres sont jouées par l'ensemble L'Itinéraire, Court-circuit, l’ensemble 2e2m, l'ensemble Fa et l’ensemble Intercontemporain.

Filastrocca (2002)
Pour basse, ténor, ensemble instrumental et électronique
Dédié à François Paris
La pièce est centrée sur le matériau vocal des chanteurs sardes de la Confrérie de Castelsardo. Musique traditionnelle exceptionnelle que l’on peut définir comme étant un « chant à résonance harmonique ». Les hommes du village de Castelsardo pratiquent depuis des générations cette technique vocale très spécifique avec une connaissance tout à fait intuitive et cependant parfaitement exacte de certaines caractéristiques physiques du spectre sonore de la voix. Or, depuis quelques décennies, notre technologie avancée sur les propriétés physiques et formantiques de la voix (recherche scientifique avec ordinateurs, algorythmes et logiciels) nous a permis de faire d’énormes progrès en matière d’analyse, de simulation et de transformation de ces propriétés. Il me semblait donc intéressant de mesurer la proximité / distance entre ces deux mondes musicaux et de les assembler dans un même et seul projet musical : une pièce pour 2 voix d’homme, ensemble instrumental et dispositif électroacoustique. L’auteur italien Marcello Fois a écrit sur ma demande le texte de la pièce, un poème en langue sarde qui donne à l’oeuvre musicale sa forme de « ritournelle ».
Florence Baschet


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