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Actualité du Vendredi 04 Novembre 2005 à 20h30

CONCERT MANCA 2005 - Ensemble Ictus - ‘‘Opéra-Vidéo‘‘

Vendredi 4 novembre 2005
20h30
Opéra de Nice


An index of metals
Vidéo-Opéra
pour soprano, ensemble, multiprojection et électronique

Ensemble Ictus
Direction, Georges-Elie Octors
Soprano : Donatienne Michel-Dansac

Conception : Fausto Romitelli, Paolo Pachini

Musique : Fausto Romitelli
Textes : Kenka Lékovich
Vidéo : Paolo Pachini et Léonardo Romoli
Informatique musicale : Stefano Bonetti et Paolo Pachini

Mike Schmid flûte, Piet Van Bockstal hautbois, Dirk Descheemaeker clarinette, Philippe Ranallo trompette, Alain Pire trombone, Igor Semenoff violon, Paul De Clerck alto, François Deppe violoncelle, Jean-Luc Plouvier piano et clavier, Tom Pauwels guitare électrique, Géry Cambier basse électrique

Son : Alex Fostier
Assistant vidéo : Gerrit Nulens
Lumières : Tom Bruwier

65’


    Fin du spectacle : 21h45





Fausto Romitelli, la plus raffinée des oreilles au service de la corruption et des mauvais trips... Somptueux arpèges de bois, harmonies résonantes, guitares électriques alanguies... tout un matériel musical cousu d’or, qu’il ne met à jour que pour mieux le corroder, à la manière dont Greenaway explorait à haute vitesse, dans «Zoo», le destin des chairs faisandées. A la lisière de la «musique contemporaine» et du rock psychédélique, dans des tempos lents , plombés, lourds de fatigue, où toute sonorité glisse lentement vers sa distorsion et son usure, «Index of Metals» sonne comme un long Requiem. Mais requiem pour qui ? Pour toute réalité sensible et palpable, dirait-on, pour la matière elle-même, qu’on voit reluire et scintiller sur les trois écrans géants, danser d'absurdes ballets de molécules, et chuter finalement dans le vertige terminal d’un recycleur à déchets. A travers Pink Floyd et Pansonic, à travers le son filtré et l’image saturée, Romitelli dit sa lassitude d’une musique « pure » ; mais il invente un nouveau sublime.


Fausto Romitelli, compositeur (Gorizia 1963 – 2004)
Fausto Romitelli a obtenu un diplôme de composition au conservatoire Verdi à Milan et a suivi des cours de troisième cycle à l’Accademia Chigiana de Sienne et à la Scuola Civica de Milan. En 1991, il s’installe à Paris pour étudier les nouvelles technologies et suit le cursus d’informatique musicale, dirigé par l’IRCAM, institution avec laquelle il a collaboré en 1993 et 1995 en tant que compositeur en recherche. Ses travaux ont obtenu des récompenses lors de compétitions internationales comme à Amsterdam, Francfort, Graz, Milan, Stockholm et Sienne, où il reçoit le premier prix de la compétition Casella en 1989. Sa musique à été jouée dans de nombreux festivals (Festival musica de Strasbourg, Ars musica de Bruxelles, ISCM de Francfort et Stockholm, Festival Présence de Radio France, Saison IRCAM inter contemporain, Saison musicale du centre Pompidou, Festival Royaumont, Biennale de Venise, Festival de musique en scène de Lyon, Milano Musica Festival, Festival Time of music d’Helsinki).
L’artiste a également collaboré avec des ensembles et orchestres comme : l’Itinéraire, Court-circuit, l’Inter Contemporain, l’ensemble FA, 2 E2M, Ictus, L’Ensemble des Musiques Nouvelles, l’orchestre Toscanini, Alter Ego, l’Orchestre philharmonique de Radio France…
Il a reçu des commandes du ministère français de la culture, de l’Etat autrichien, du festival Roma Europa, de l’IRCAM…


Ensemble Ictus
Ictus est un ensemble de musique contemporaine installé depuis 1994 à Bruxelles, dans les locaux de la compagnie de danse Rosas. Sa programmation se promène sur un très large spectre stylistique (d'Aperghis à Reich, de Murail à Tom Waits) mais chacun de ses concerts propose une aventure d'écoute cohérente : concerts thématiques (la transcription, le temps feuilleté, le nocturne, l'ironie, musique et cinéma, Loops...), concerts-portraits (Jonathan Harvey, Fausto Romitelli, Toshio Hosokawa...), concerts commentés, productions scéniques (opéras, ballets, tours de chant).
Ictus propose chaque année, en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et le Kaaitheater, une série de concerts qui rencontrent un public large et varié. Depuis 2003, l'ensemble est parallèlement en résidence à l'Opéra de Lille. Ictus a organisé quatre séminaires pour jeunes compositeurs, et développé une collection de disques, riche déjà d’une quinzaine de titres. La plupart des grandes salles et les meilleurs festivals l’ont déjà accueilli (Musica Strasbourg, Witten, Brooklyn Academy of Music, le Festival d'Automne à Paris, Royaumont, Villeneuve-lez-Avignon, Wien-Modern, ...)



Georges-Elie Octors, direction
Né en 1947, Georges-Elie Octors a fait ses études au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il a été soliste à l'Orchestre National de Belgique à partir de 1969 et membre de l'Ensemble Musique Nouvelle dès 1970, qu’il a dirigé de 1976 à 1991. Il a également dirigé des formations symphoniques, des orchestres de chambre et des ensembles de musique contemporaine en Belgique et à l'étranger.
Il enseigne au Conservatoire de Liège et à l'Escuela Superior de Musica de Catalunya (Barcelona).
Georges-Elie Octors a dirigé de nombreuses créations mondiales, parmi lesquelles des oeuvres de Saariaho, Aperghis, Harvey, Jarrell, Francesconi, Wood, Pousseur, Boesmans, Hosokawa et De Mey. Il est l'invité régulier des grands festivals contemporains et a signé de nombreux enregistrements discographiques.
Depuis 1996, il est le directeur musical de l'ensemble Ictus et membre fondateur du Quatuor Ictus pour pianos-percussions.




Donatienne Michel-Dansac, soprano
Donatienne Michel-Dansac, soprano, a étudié au C.N.S.M. de Paris où elle obtient son Prix de chant en 1990. Elle est l'invitée régulière de nombreuses formations comme les ensembles SIC, Itinéraire, Sillages, ICTUS, Court-circuit, le Tapiola orchestra d'Helsinki, le London Sinfonietta, l'Orchestre National de France, l'Orchestre Philharmonique de Radio-France... Une étroite collaboration avec l'IRCAM depuis 1993 lui a permis de créer de nombreuses œuvres nouvelles (Philippe Manoury, Pascal Dusapin, Luca Francesconi, Fausto Romitelli, Mauro Lanza, Georges  Aperghis, Philippe Leroux...). Elle  interprète également la musique baroque française, italienne et allemande (avec les Arts Florissants, notamment), les répertoires romantique et classique.  En 2001, elle a créé l'intégrale des 14 Récitations pour voix seule d'Aperghis au Konzerthaus de Vienne (Wien Modern Festival). Elle a travaillé avec les meilleurs chefs : Pierre Boulez, Sylvain Cambrelaing, Kazushi Ono, Jonathan Nott...



An index of metals (2003)
Note d'intention de Fausto Romitelli

Au centre de mon activité de compositeur se trouve l’idée de considérer le son comme matière à forger. Grain, épaisseur, porosité, brillance, densité, élasticité sont les caractéristiques principales de ces sculptures de sons obtenues par l’amplification, les traitements électroacoustiques mais aussi l’écriture purement instrumentale. Après « Professor Bad Trip » où les harmonies instrumentales sont comme perçues sous mescaline : saturées, distordues, liquéfiées, il m’a semblé indispensable de poursuivre cette recherche aux limites de la perception en projetant le timbre comme une lumière. Aller au bout de cette hallucination qui rend le son visuel.
« An Index of Metals » a pour projet de détourner la forme séculaire de l’opéra vers une expérience de perception totale plongeant le spectateur dans une matière incandescente aussi bien lumineuse que sonore ; un flux magmatique de sons, de formes et de couleurs, sans autre visée que l’hypnose, la possession et la transe.
Rituel laïque à la manière des light shows des années soixante, de la rave party d’aujourd’hui, où l’espace, solidifié par le volume sonore et la saturation visuelle, semble se tordre en mille anamorphoses.
Loin de solliciter uniquement nos capacités analytiques comme l’essentiel de la production contemporaine, « An Index of Metals » veut s’emparer de notre corps par cette surexposition sensorielle et onirique.
« An Index of Metals » n’est donc pas une nouvelle tentative de renouveler l’opéra en y ajoutant l’image comme adjuvant à la mise en scène. Ni une approche strictement multimédia où chaque artiste illustre de son côté une narration commune. C’est le projet tout à fait original de penser conjointement le son et la lumière, la musique et la vidéo, d’utiliser timbres et images comme éléments d’un même continuum soumis aux mêmes transformations informatiques. L’histoire est celle de cette fusion de la perception, de cette perte des repères, de notre corps devenu sans limites dans la fournaise d’une messe des sens.
Le texte original de Kenka Lekovich se déforme lui-même passant d’une langue à l’autre. Ma musique (pour soprano et onze instruments amplifiés) développe un timbre impur en contrepoint des interférences colorées de la vidéo de Paolo Pachini et Leonardo Romoli. Trois films autonomes, diffusés sur trois écrans, occupent tout l’espace visuel. Le son s’y projette en taches lumineuses. L’image exploite les mêmes caractéristiques physiques que la musique : irisations, corrosions, déformations plastiques, ruptures, incandescence et solarisation de surfaces métalliques qui révèlent leur nature intimement violente et meurtrière.
Composer visuellement le son, filmer acoustiquement l’image, les soumettre aux mêmes transformations informatiques demande une période de développement afin d’unifier les outils de capture et de manipulation de ces deux univers.
Les phases de recherche puis de production des traitements électroacoustiques et vidéos sont poursuivies en collaboration par un petit groupe d’artistes et de techniciens au sein de leurs propres structures, puis réunis pour la post-production au Centre du Fresnoy : Leonardo Romoli (vidéaste), Paolo Pachini (informaticien musical, vidéaste, producteur exécutif), Francesco Giomi (informaticien musical), Fausto Romitelli (compositeur). Ce groupe gère aussi la mise en espace de l’oeuvre et la direction de la vidéo, du son et de l’éclairage pendant la représentation.

« An Index of Metals » sera cette narration abstraite et violente, épurée de tous les artifices de l’opéra, un rite initiatique d’immersion, une transe lumino-sonore.


« An Index of Metals » est une co-production de la Fondation Royaumont, L’apostrophe (Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise), Le Fresnoy (Studio des arts contemporains à Tourcoing), Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France avec le soutien de DICREAM / CNC (Ministère de la Culture).

Programme imprimé en octobre 2005

CIRM, Centre National de Création Musicale
33 avenue Jean Médecin, 06000 Nice
04 93 88 74 68 - Fax 04 93 16 07 66
Email : info@cirm-manca.org

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