
Lundi 13 novembre 2000
Cedac de Cimiez
Jean GEOFFROY percussions (photo) et Jean-Marie COTTET piano
Bertrand DUBEDOUT "Fraction de silence"
Pour percussion
Philippe HUREL "Tombeau"
Pour piano et percussion
Ivo MALEC "Attacca"
Pour percussion solo et bande magnétique
Henri DUTILLEUX "3 préludes pour piano"
« Un dispositif impressionnant pour cette œuvre d’Ivo Malec
« Attacca » pour percussion et bande. Plus de trente minutes
d’une tension extrême pour le percussionniste qui doit gérer ces
déferlantes sonores instrumentales et acousmatiques.
« Tombeau » de Philippe Hurel a été écrit en mémoire de
Gérard Grisey. Les « Fractions de silence » de Bertrand
Dubedout pour percussion et trois préludes d’Ohana pour piano viennent
conclure ce concert. »
Jean GEOFFROY
(né en 1960)
Timbalier solo de l’ensemble Orchestral de Paris de 1985 à 2000
Soliste de l’ensemble de musique contemporaine « Court-Circuit »
Dédicataire et premier interprète de nombreuses œuvres pour percussion
solo dont : Attacca (I. Malec), Phoenic Design, Multitude Quartet
(D. Tosi), Je est un autre / Lust Ich (J.L. Campana), Towards (E.
Tanguy), Air-Ré (P. Leroux), Per tre/Contours/Et in Terra Pax/Images de
peaux (B. Giner), Chemins Croisés (M. Reverdy), Double jeux, Moi Jeu
(B. Mantovani), Clostrum (L. Naon), Oxymore (F. Paris), Incidences (F.
Durieux)Fractions du silence (B. Dubedout), Devouring time(percussions
et chœur) (B. Mantovani), Thâal (B. Giner), Dialogue 6 (C. Lenners),
Wolken (M. Jarrell) (percussion solo et chœur et Tombeau (P.
Hurel).
Jean Geoffroy a reçu de nombreux prix :
Premier Prix du Conservatoire National Supérieur de Paris en 1985 (classe de M. Delécluse).
Premier Prix d’Excellence du Conservatoire National de Créteil,
Percussion et musique de chambre en 1982 (classe de M. Brana et M.
Séchet).
Titulaire du C.A.
Lauréat 1992 de « Présence de la musique » de la Fondation Ménuhin.
Après avoir été professeur assistant au Conservatoire National
Supérieur de Musique de Paris de 1993 à 1998, il est depuis 1998,
Professeur au Conservatoire Supérieur de Genève et au Conservatoire
National Supérieur de Musique de Lyon depuis 1999.
Jean Geoffroy est régulièrement invité en tant que soliste dans de
nombreux festivals : Biennale de Zagreb, Festival Estival de
Paris, Festival d’Auch, « Aujourd’hui Musique » de Perpignan
95/96, Festival de Darmstadt 1992/1994, Festival Présence de
Radio-France 1995-1997, 1999-2000, P.A.S. de Londres 1995, 38°
Rugissants 97, Festival de la Fenice de Venise 1998…
Mais aussi pour des récitals : Barcelone, Berlin, Lausanne, Rouen,
Grenoble, Bourges, Tours, Paris, Londres, Strasbourg (Musica 98/99),
Amsterdam, etc…
Après avoir été professeur assistant au Conservatoire National
Supérieur de Musique de Paris de 1993 à 1998, il devient Professeur au
Conservatoire Supérieur de Genève et au Conservatoire National
Supérieur de Musique de Lyon depuis 1999.
Régulièrement invité dans différents stages : « Académie
internationale des percussions d’Auvergne », « Bach
Seminar » à Grozjnan… ainsi que pour des Master-Class :
Perpignan, Bordeaux, Bourg en Bresse, Tours, Strasbourg, Caen,
Grenoble, Lyon, Zagreb, Londres, Madrid…. Il est collaborateur à
l’IRCAM depuis 1992.
Auteur de plusieurs ouvrages pédagogiques (Le Sablier, Timbales,
Auditions, « Toutes les reprises sont Ad Lib » (5 pièces pour
caisse) ; d’une « Transcription de la Chaconne » de J.S.
Bach aux Editions H. Lemoine. Il est directeur de collection dans cette
même maison d’édition. Il est rsponsable de l’ouvrage » 10 ans
avec la percussion » édité par la Cité de la Musique.
Jean-Marie COTTET
(né en 1959)
Après ses études au CNR de Lyon et au Conservatoire de Genève,
Jean-Marie Cottet devient titulaire de cinq Premiers Prix au C.N.S.M.
de Paris : piano, musique de chambre, harmonie, contrepoint et
accompagnement au piano.
En cycle de perfectionnement avec Jacques Rouvier pour le piano, et
Jean Hubeau pour la musique de chambre, il complète son palmarès par
une série de récompenses dans plusieurs concours internationaux :
« Casadesus » (Cleveland, 1985), « Dino Ciani »
(Milano, 1986), « Clara Haskil » (Vervey, 1987).
Il se perfectionne alors avec Leon Fleisher, Maria Curcio, Menahem Pressler, Nikita Magaloff…
Depuis, ses concerts le conduisent sur plusieurs continents : Europe, Asie, Amérique ainsi qu’au Moyen-Orient.
Jean-Marie Cottet joue tant en solo ou avec orchestre qu’en musique de
chambre qu’il pratique dans les formations les plus variées ; il
joue avec Emma Johnson, Gérard Poulet, Yvan Chiffoleau, Jacques
Rouvier, Michel Arrignon, et fonde le Duo Chin-Cottet (2 pianos).
Il enregistre régulièrement pour radios, télévisions et sur compact-disque (REM, Una Corda, MFA).
Compositeur (prix « Marcel Joste » à dix-huit ans) et
directeur de collection aux éditions COMBRE, sa fréquentation naturelle
de la musique de notre temps se traduit en outre par son activité de
soliste permanent de l’ « Ensemble COURT-CIRCUIT ».
Jean-Marie Cottet est professeur titulaire au Conservatoire Supérieur
de Paris/CNR, et invité chaque année à donner des master classes en
France et à l’étranger.
Bertrand DUBEDOUT
(Bayonne, 1958)
Bertrand Dubedout suit ses études musicales supérieures à l’Université
de Pau puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris
dans la classe de composition électroacoustique et recherche musicale
de Pierre Schaeffer et Guy Reibel (Prix de composition en 1981). Il
suit parallèlement les cours de musicologie de l’Université de Paris
VIII et du Centre d’Etudes Polyphoniques de Paris. Professeur de
composition électroacoustique de Conservatoire National de Région de
Toulouse, il fonde dans cette ville l’Ensemble Pythagore, dont il est
toujours aujourd’hui le directeur musical. La SACEM lui attribue en
1997 le Prix Claude Arrieu. Il est nommé compositeur en résidence à la
Villa Kujoyama de Kyôto au Japon pour l’année 1999 (AFAA /Ministère des
Affaires Etrangères). Les œuvres instrumentales de Bertrand Dubedout
sont publiées par Gérard Billaudot Editeur.
Fractions du silence - Sixième livre (1996)
Pour un percussionniste
A Jean Geoffroy
« J’ignore la route sur laquelle notre souffle se retire.
Le jour, en tombant, m’entoure »
André du Bouchet »
(Dans la chaleur vacante © Mercure de France – 1961)
La richesse du champ acoustique toujours rigoureusement cerné,
liée à une éthique sonore très personnelle, confère à la musique de
Bertrand Dubedout une lumière originale. Musicien du voyage, Dubedout
est fasciné par le monde asiatique, par la musique du Japon tout
particulièrement qui stimule son imaginaire depuis plusieurs années.
Dès 1988, Les nombres, pour sept instrumentistes, inaugurent de
nouveaux lieux sonores où se fait entendre l’écho tout à la fois proche
et lointain des orgues à boucheshô qu’entourent la flûte ryuteki et le
hichiriki dans la musique du Gagaku. Les sonorités tendues aux allures
glissées de ces instruments traditionnels s’inscrivent comme un timbre
personnel dans son paysage sonore.
Sans jamais faire d’emprunt direct à la lutherie japonaise (à
l’exception notable du mokusho, entre woodblock et tambour de bois),
Dubedout possède son propre « laboratoire instrumental » où
cet alchimiste peut prodiguer son savoir-faire. Dans le sixième livre
de Fractions du silence, il sonde plus avant les richesses rythmiques
et les principes de développement de l’ancienne musique de cour
japonaise en réalisant, selon ses propres termes, « le palimpseste
d’un Gagaku dans la notation occidentale ».
Avec une énergie souterraine qui pousse l’œuvre en avant, propulse les
sonorités vers des régions toujours plus lumineuses sans jamais renier
leur point d’ancrage, sa musique acquiert une force incantatoire.
Impulsions itératives (on pense à Varèse), ressassement obsessionnel et
intensification du processus qui durcit la matière jusqu’à
l’éclatement : Dubedout aime maintenir l’écoute sous tension avant
cette décharge émotionnelle qui empoigne avec la puissance, la violence
même transmise par le surgissement sonore.
Michèle Tosi, XI 1998
Philippe HUREL
(né en 1955)
Après des études à l’Université de Toulouse et au Conservatoire de
Paris, il participe aux travaux de la « Recherche musicale »
à l’Ircam 1985/86-1988/89.
Il est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome de 1986 à 1988.
En 1995, il reçoit le Prix de la Fondation Siemens à Münich pour les
« Six Miniatures en Trompe –l’œil » sur lesquelles le
chorégraphe François Raffinot a écrit une partie de son ballet
« Rift » crée en octobre 1997.
Depuis 1990, il est directeur artistique de l’Ensemble Court-circuit placé sous la direction musicale de Pierre-andré Valade.
Il enseigne à l’Ircam dans le cadre du Cursus d’informatique musicale depuis 1997.
Il sera en résidence à l’Arsenal et à l’Orchestre de Metz à partir de 2001.
Après l’écriture des « 4 variations » pour percussion et
ensemble, commandée par l’Ensemble Intercontemporain, il compose
actuellement une pièce pour l’Ensemble Recherche de Freiburg commandée
par B. et L. Polla. Ses prochaines pièces lui ont été commandées par F.
et J-Ph. Billarant pour l’Ircam, par la Philarmonie de Lorraine et
l’Arsenal de Metz, par l’ensemble Bit20 de Bergen, par les Percussions
de Strasbourg…
Ses œuvres sont éditées par Gérard Billaudot Editeur et Henri Lemoine.
Tombeau in memoriam Gérard Grisey (1999)
Pour piano et percussion
Comment rendre hommage à Gérard Grisey sinon en essayant d’écrire ma
propre musique : pas de citations ni d’influences repérables.
Pourtant, la violence du solo de piano de son Vortex Temporum fut le
point de départ.
La pièce prit rapidement l’allure d’un rituel et le vibraphoniste se
vit attribuer de nombreux instruments supplémentaires : cloches de
vache, gongs thaïlandais, crotales, tambour de bois… autant de moyens
pour « perturber » le piano sans le désaccorder comme l’avait
fait Grisey.
Pour la première fois, ma musique ne sera pas objective, ainsi que la
qualifiait Gérard. J’ai eu beaucoup de mal à en calculer le matériau et
mon abandon par instants à l’intuition la plus complète n’aurait
peut-être pas plu à son dédicataire. Pourtant, c’est bien l’esprit de
Gérard qui règne dans cette pièce, je n’aurais pu l’écrire sans lui.
« Au fond, nous avons beau faire, nous sommes tous des êtres
collectifs ; ce que nous pouvons appeler notre propriété au sens
strict, comme c’est peu de chose ! et par cela seul, comme nous
sommes peu de chose ! Tous, nous recevons et nous apprenons, aussi
bien de ceux qui étaient avant nous que de ceux qui sont avec
nous… » (Goethe, 17 février 1832).
Philippe Hurel
Ivo MALEC
Né à Zagreb où il fait des études musicales et universitaires, Ivo
Malec habite à Paris depuis 1959 ; il y est par la suite
naturalisé français. Membre du Groupe de Recherches Musicales depuis sa
fondation par Pierre Schaeffer en 1960, il a produit un nombre
considérable de concerts et manifestations musicales, notamment le
désormais traditionnel Cycle Acousmatique.
Professeur de composition au Conservatoire de Paris de 1972 à 1990, Ivo
Malec a contribué à former une pléiade de jeunes compositeurs
appartenant à la nouvelle génération de la musique française. Il a
également donné des master classes en France et à l’étranger
(Argentine, Canada, Chine, Croatie, Japon, etc…). Compositeur de très
nombreuses œuvres touchant à tous les genres et techniques, allant de
l’orchestre aux ensembles instrumentaux et vocaux, de la scène à la
musique électroacoustiques (concrète, analogique et numérique), il a
été particulièrement attiré par les musiques « mixtes » sans
oublier les instruments solo. Le Petit Larousse dit d’Ivo Malec
qu’il « réussit la synthèse entre la musique traditionnelle et la
technique électroacoustique ».
Joué en France et à l’étranger, Ivo Malec a eu les honneurs de la
Philharmonie de Berlin, de l’Orchestre National de France, de
l’Orchestre Philharmonique de Radio France ainsi que d’autres grands
orchestres français, allemands, japonais, etc…, sans parler
d’innombrables ensembles musicaux et des différents orchestres de
haut-parleurs, dont le prestigieux « Acousmonium » de
l’INA-GRM. Invité en tant que compositeur par de nombreux festivals, il
y a souvent défendu la musique contemporaine également en tant que chef
d’orchestre. Commandeur des Arts et Lettres, il est lauréat de cinq
Grands Prix du disque, du Grand Prix de la SACEM et du Grand Prix
National de la Musique 1992.
Parmi ses œuvres, il faut citer :
pour orchestre, avec ou sans solistes : Sigma (1963), Oral (1967),
Gam(m)es (1971), Ottava bassa (1983), Exempla (1994), Ottava alta
(1995), Sonoris causa (1997).
Pour voix, avec ou sans instruments : Cantate pour elle (1966),
Lied(1969), Dodecameron (1970), Victor Hugo - Un contre tous (1971),
Vox, vocis, f. (1979)
Pour ensemble divers ou instruments solo (avec ou sans bande
magnétique) : Tutti (1962), Miniatures pour Lewis Carroll (1964),
Lumina (1968), Arco-11 (1975), Arco-22 (1976), Attacca (1985-86),
Arco-1 (1987), Doppio coro (1993), Saturnalia (1996).
Pour bande magnétique seule : Dahovi (1961), Luminétudes (1968),
Triola ou Symphonie pour moi-même (1978), Recitativo (1980), Carillon
choral (1981), Week-end (1982), Artemisia (1991).
Discographie
Actuor – Harmonia Mundi, Musique Française d’Aujourd’hui.
Dahovi II, Spot – Philips 67 40 001.
Dodecameron – Barclay 995-073 (Grand prix du Disque).
Luminétudes, Lumina, Lied – Philips PHI 6521017.
Mouvements en couleur – Jugoton LPY V 84.
Oral – Erato STU 70431 (Grand prix du Disque).
Reflets – BAM 5072.
Sigma, Miniatures pour Lewis Carroll, Cantate pour elle, Dahovi I – Philips 836 891 DSY (Grand prix du Disque).
Sigma, Dodecameron, Lumina, Carillon choral, Vox, Vocis, F.,
Recitativo, Vocatif – Double Album INA-GRM 9105 Ma, Musique Française
d’Aujourd’hui (Grand prix de l’Académie Charles Cros, (Grand prix de
l’Académie du Disque Français, Diapason d’Or)
Triola, Bizarra – INA-GRM AM 830 11.
Tutti – « Concert collectif » - Philips 836 894 DSY (Grand prix du Disque).
Attacca, Week-end, Lumina, Gam(m)es - Actuel Salabert/ INA GRM CSD 8901.
Attacca – Skarbo SK 3923.
Doppio coro, Artemisia , Triola, Cantate pour elle, Week-end,
Luminétudes, Reflets, Dahovi, Lumina, INA C 2006/2007 – Musidisc 245052.
Ottava Bassa, Cantate pour elle, Arco – 11 – Erato / Radio-France 2292 455212.
Reflets – «Concerts imaginaires GRM» - INA C 1000, Musidisc 244532.
A paraître :
Exempla, Ottava alta, Sonoris causa (MFA – Radio-France)
Vient de paraître :
Sigma, Lied, Oral, Vox, Vocix, f., Arco-1, Miniatures pour Lewis
Carroll, Dodecameron (Livre – 2 CD, éd. MOTUS-MFA, M 299006,
distribution : Abeille Musique).
Attacca (1985/86)
Concerto pour percussion solo et bande magnétique
Dans la terminologie musicale « attacca » indique l’idée de
l’enchaînement immédiat. Par extrapolation, on peut rapprocher ce terme
de tout ce qui apparaît comme très net : les départs incisifs, les
liaisons « aux ciseaux », les arrêts secs, les faits sans
progression ni préparation. Également, les apparitions et disparitions
soudaines, les plans fixes, les échanges par paliers bien définis, les
formes rituelles. Enfin, les contours précis et homogènes, les silences
ordonnés. Mais «attacca », bien sûr, c’est aussi l’attaque,
la puissance, l’agression, le mouvement tellurique, l’envahissement,
chose totale sans limite, le désespoir…
Attaca enchaîne ses quatre parties en proposant, dans chacune, un type
particulier de rapports entre la percussion et la bande. On y
remarquera également un certain recours au « leitmotiv »,
comme à une source de mémoire.
I.M.
P.S. : Et pourquoi « Concerto » ? Parce que, une
fois achevée, la pièce me semblait répondre davantage à une certaine
logique ou dialectique du concerto qu’à celle d’une musique ‘mixte’
habituelle. Ainsi ai-je pensé que le jour où j’aurai beaucoup-beaucoup
de temps, j’orchestrerai la partie bande, c’est-à-dire que je la
transcrirai pour l’orchestre. C’est faisable.
(Commande d’Etat pour les Rencontres Internationales de Musique Contemporaine de Metz)
Henri DUTILLEUX
(Angers, 1916)
Henri Dutilleux est né en 1916 à Angers. Il fait pendant
l’entre-deux-guerres ses études classiques au lycée de Douai et ses
études musicales au conservatoire de la même ville sous la direction de
Victor Gallois. Il rentre en 1932 au Conservatoire de Paris, où il suit
les enseignements de Jean et Noël Gallon (harmonie, contrepoint et
fugue), Maurice Emmanuel (histoire de la musique) et Henri Büsser
(composition). Il obtient le Grand Prix de Rome en 1938. De 1944 à
1963, il dirige le Service des illustrations musicales à la Radio
Télévision française.
De 1961 à 1970 Henri Dutilleux est professeur de composition à l’Ecole
Normale de Musique et professeur associé au Conservatoire (1970-1971),
il quitte l’ORTF en 1963 pour se consacrer à son œuvre.
Ses principales œuvres sont : Sonate pour piano (1947), Première
symphonie (1951), Le Loup, ballet (1953), 2ème symphonie, « Le
Double » commande de la fondation Koussevitzky pour le Boston
Symphony Orchestra, dir. Charles Munch (1959), Métaboles, commande du
Cleveland Symphony Orchestra, dir. George Szell (1965), Tout un monde
lointain pour violoncelle et orchestre, commande de la Rostropovitch
(1970), Ainsi la nuit pour quatuor à cordes commande de la fondation
Koussevitzky pour le Juilliard String Quartet (1977), Timbres, espace,
mouvement ou la Nuit Etoilée commande du National Symphony Orchestra de
Washington, dir. Rostropovitch (1978), l’Arbre des songes pour violon
et orchestre, commande de l’Orchestra National de France pour Isaac
Stern, dir. Lorin Maazel (1985), Mystère de l’instant, commande de Paul
Sacher pour le Collegiuum Musicum Zurich (1989), Les Citations, pour
hautbois, clavecin, contrebasse et percussion (1991), The Shadows of
Time, commande du Boston Symphony Orchestra, dir. Seiji Ozawa (1997).
En 1967, il reçoit le Grand prix national de la musique en 1967, puis
en 1983 le Grand Prix International du Disque à Montreux. En 1987, il
se voit décerner le Prix International Maurice Ravel et, la même année,
le Prix du Conseil International de la Musique. En 1994, il reçoit le
Praemium Imperiale du Japon pour l’ensemble de son œuvre. En 1998, le
Royal Philharmonic Society Music Awards lui est décerné à Londres pour
The Shadows of Time.
Henri Dutilleux est depuis 1973 membre associé de l’Académie Royale de
Belgique et depuis 1981, membre honoraire de l’American Academy and
Institute of Arts and Letters de New-York, avec la citation
suivante : « Henri Dutilleux is an artist who has steadfastly
maintained his vision of music. Exacting in his standards for himself,
each work is beautifully wrought and informerd by the magic of a unic
imagination ». Par ailleurs, Henri Dutilleux est membre honoraire
de l’Academia Nazionale Santa Cecilia (1993) ainsi que de la Royale
Académy of Music de Londres (1996) et de la Bayerische Akademie der
Schönen Künste de Munich (1998).
Il a d’autre part, été invité à faire des cours ou conférences à
l’étranger, notammment au Liban (1966), au Royal College de Londres
(1981), aux universités de Tokyo et Kyoto (1982), de Séoul (1982), au
Conservatoire de Genève (1984), au Aldeburgh Festival (1985), au
Peabody Institute de Baltimore (1986) ; à l’Académie Sibelius
d’Helsinki (1987), à la Juilliard School de New York (1987), au
Tanglewood Music Center (1995 et 1998), comme compositeur en résidence.
Trois Préludes pour piano
I – D’ombre et de silence
Par cette courte page, datant de 1973, je me proposais de renouer avec
l’écriture du piano, instrument que j’avais pratiquement délaissé
depuis ma Sonate de 1947. Nimbée de longues harmoniques, elle se
situe dans un climat assez impressionniste.
II – Sur un même accord
Ce prélude est basé sur un accord pivot de quatre sons, autour duquel
se noue peu à peu la polyphonie. Sorte d’étude de timbres, l’on y
retrouve mes préoccupations quant aux phénomènes de résonances.
III – Le jeu des contraires
Cette pièce a fait l’objet d’une commande du Summer Institude of
Maryland, à l’occasion du Concours International William Kapell, en
juillet 1988.
Il s’agit d’un jeu d’écriture utilisant d’une manière tantôt linéaire
(resserrement progressif d’intervalles, dispositions en éventail),
tantôt harmonique ou même rythmique, les procédés « en
miroir » par analogie aux processus du palindrome
(comme dans le simple mot « LAVAL », par exemple).
Henri Dutilleux
(Rédaction et impression du programme en novembre 2000)