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Actualité du Samedi 11 Novembre 2006 à 20h30

CONCERT MANCA 2006 - Orchestre Philharmonique de Nice et Choeur de l'Opéra de Nice

Samedi 11 novembre 2006
Opéra de Nice

CONCERT SYMPHONIQUE
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE NICE et CHOEUR DE L'OPERA DE NICE

Direction Marco Guidarini (photo), Chef de choeur Giulio Magnanini
Gérard Caussé, alto


 Hugues Dufourt "Le Cyprès blanc" (2004) 30'
Pour alto et orchestre
Entracte
Henri Dutilleux "Métaboles" (1964) 16'
Pour orchestre
Giacinto Scelsi "Konx-Om-Pax
" (1969) 18'
Pour choeur mixte, grand orchestre bois  

 
 

             Fin du spectacle : 22h   

En partenariat avec l’Orchestre Philharmonique de Nice

« Konx-Om-Pax » de Giacinto Scelsi mobilise un très grand orchestre avec chœur. Le titre est la traduction de « Paix », respectivement en vieil assyrien, en sanscrit et en latin. Fascination du son et de sa projection pour Scelsi, fascination de la solitude du soliste face à l’orchestre pour Hugues Dufourt qui n’hésite pas à dire que  la forme de son œuvre est «  à l’image de notre temps, la survie du soliste ». Le cyprès blanc, comme l’exprime le compositeur, est cet arbre de lumière qui indique, dans l’Antiquité, aux mourants la manière de s’échapper du monde pour rejoindre l’au-delà d’une mémoire qui se rattache à l’éternité. Pour Henri Dutilleux, la volonté de transformer par étapes successives ses idées musicales explique le titre de « Métaboles ». Les cinq pièces articulées sur des formes classiques telles que le rondo, le lied ou la passacaille portent ici l’art de la variation à un haut degré de virtuosité d’écriture.

Orchestre Philharmonique de Nice 

La Ville de Nice a fondé, en 1945, l’Orchestre Symphonique Municipal de la Ville de Nice.
Depuis sa restructuration de 1982, sous l’impulsion de Pierre Médecin alors Directeur de l’Opéra, l’Orchestre Philharmonique de Nice est reconnu comme une formation musicale de premier plan. Georges Prêtre, Wolfgang Sawallisch, Marek Janowski, Berislav Klobucar, Emil Tchakarov, Zoltan Pesko, Jerzy Semkow, Michaël Schønwandt, Leopold Hager, Aldo Ceccato, Oleg Caetani, Pedro Calderon, Juan Pons, Günter Neuhold entre autres, en ont été les chefs invités ces dernières années.
Cet orchestre de 100 musiciens anime une vie musicale traditionnellement dense à Nice et sur la Côte d’Azur. Son importante activité symphonique permet la participation de solistes internationaux : Abdel Rahman El Bacha, Bruno Leonardo Gelber, Salvatore Accardo, Vladimir Spivakov, Mikhaïl Rudy, Janos Starker, Ivo Pogorelich, Philippe Bianconi, Misha Maisky, Paul Meyer, Jean-Marc Luisada, Augustin Dumay, Gary Hoffman… Il assure la saison de l’Opéra de Nice et apporte son concours à d’autres manifestations : Festival de Musique Sacrée de Nice, Festival MANCA.
Depuis 1983, l’Orchestre Philharmonique de Nice se produit dans tout le département des Alpes-Maritimes, grâce à une convention avec le Conseil Général.
Le Philharmonique de Nice a déjà participe à de grands festivals lyriques d’été: Chorégies d’Orange, Macerata, Festival de Montpellier-Radio France et Festival d’Aix-en-Provence. En 1988, la critique mondiale relevait sa remarquable tenue dans la Tétralogie de Richard Wagner, dirigée par Berislav Klobucar à Nice et au Théâtre des Champs-Élysées.
L’orchestre multiplie les actions de sensibilisation à la musique auprès des étudiants avec les concerts Campus en musique, soutenus par la Caisse des Dépôts et Consignations. Une programmation de concerts à l’intention des enfants rencontre un succès croissant.
Depuis le 1er octobre 2001, la direction musicale de l’Orchestre Philharmonique de Nice est confiée à Marco Guidarini qui place Brahms, Malher et Bartok au centre du répertoire de cette formation. A son arrivée, Marco Guidarini souhaité la création de l’Ensemble “Apostrophe du Philharmonique de Nice”, pour la musique contemporaine et la création. Cet ensemble, composé de musiciens de la formation principale, fut invité au Festival de Montpellier Radio France, en juillet 2005, et assure désormais une saison de 4 concerts à l'auditorium du Musée national Marc Chagall à Nice, où il est en résidence.
L’Orchestre Philharmonique de Nice a été invité, en juillet 2004, aux Festivals de Ravello (Italie), d’Antibes, aux Chorégies d’Orange et au Festival de Montpellier Radio France.
Invité des Chorégies d’Orange cet été, l’orchestre jouera Lucia di Lammermoor, et accompagnera Rolando Villazon et Inva Mula, lors d’un concert lyrique, sous la direction de Marco Guidarini.
Ce travail a été, entre autres, récompensé par une tournée de deux semaines au Japon, en novembre 2005, aux côtés de la soprano Angela Gheorghiu et de la pianiste japonaise Ingrid Fujiko Hemming.
Il a reçu pour ses programmations 2004-2005 et 2005-2006, le soutien de "Musique nouvelle en liberté".


Marco Guidarini direction - photo de droite
Marco Guidarini est né à Gênes.
En plus des lettres classiques et de la philosophie, il étudie le violoncelle au Conservatoire de sa ville natale, suivant même l’enseignement d’André Navarra, à Vienne.
Sa carrière musicale commence à l’Opéra de Lyon, comme assistant de John Eliot Gardiner, dans Falstaff et Le Comte Ory. Elle se poursuit en Grande-Bretagne et en Irlande, où il dirige essentiellement Mozart et Puccini.
Suivent ses débuts à l’Opéra de Vancouver (Don Pasquale, La bohème), et en Australie où l’Opéra de Sydney et l’ABC Radio Orchestra de Melbourne l’engagent sur plusieurs saisons ; en septembre 2001, il a dirigé le Requiem de Verdi, à Adelaide.
Après l’Australie, il revient en Europe, où l’attendent les scènes de Stockholm, Copenhague, Oslo, Genève, Bilbao, Valencia… Au Deutsche Oper Berlin et au Staatsoper de Munich, il dirige Il barbiere di Siviglia.
En Italie, il se distingue dans I Lombardi à Bologne, La Traviata à Messine, Macbeth (version 1847) au Festival de Martina Franca, et I Capuleti e I Montecchi à Reggio Emilia. L’opéra français figure également à son répertoire avec Roma de Massenet, Roméo et Juliette de Berlioz (Festival de Martina Franca) et Carmen (Messine).
Il débute en 1997 aux USA, où il reviendra souvent : Los Angeles (Il barbiere di Siviglia en 1997 et Madama Butterfly, en 1999), Minneapolis (Semiramide de Rossini, en 2000) et le New York City Opera. À Dallas, sa direction du Barbiere di Siviglia, avec Jennifer Larmore et Bruce Ford, remporte un triomphe.
Sa connaissance et sa compréhension de la musique de Verdi le précèdent en France, où il devient un chef très recherché : Nabucco à l’Opéra de Nice en 1997, Un ballo in maschera à Marseille, Otello au Festival d’Antibes, Ernani, Attila et Luisa Miller à Montpellier.
Marco Guidarini connaîtra une véritable consécration à l’été 2001, obtenant d’affilée trois triomphes unanimes de la presse et du public, dans le cadre des célébrations du centenaire de la mort de Verdi : Giovanna d’Arco au Festival de Saint Denis, avec l’Orchestre National de France, Rigoletto aux Chorégies d’Orange avec le même orchestre, et Aida au Stade de France avec l’Orchestre de Radio France. Au New Zealand Festival de Wellington, il a dirigé Simon Boccanegra.
Les formations italiennes s’intéressent les premières à lui pour le répertoire symphonique : les orchestres du Carlo Felice de Gênes, de la Regionale Toscana et de la RAI de Rome. Il intensifie alors son activité symphonique, dirigeant à maintes reprises l’Orchestre de la SWF de Baden-Baden, l’Orchestre symphonique du Québec, I Filarmonici di Torino, l’Orchestre de chambre de Stockholm, l’Orchestra internazionale d’Italia, le Hong-Kong Philharmonic Orchestra. En France, Marco Guidarini est fréquemment réclamé par l’Orchestre National de France et l’Orchestre National de Montpellier. La presse et le public ont salué unanimement sa direction de Rigoletto, pour ses débuts au Metropolitan Opera, en début d'année 2002.
Après des débuts très remarqués à Tokyo, il a dirigé La damnation de Faust de Berlioz, à la tête de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. L'Orchestre Philharmonique de Radio France l'a invité en 2002 pour un programme consacré à Ghedini et Puccini. Il a dirigé en septembre 2003 Carmen, au Stade de France, à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.
En avril 2004, il a reçu le Grand Prix de l'Académie du disque lyrique pour son enregistrement de Le Villi de Puccini, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France et dirige La vedova scaltra à l’Opéra de Montpellier.
Marco Guidarini est directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Nice depuis le 1er octobre 2001. Il a résolument placé le travail et la programmation de cet orchestre sous le signe du XXe siècle historique (Mahler, Bartok…), et fondé l’ensemble Apostrophe du Philharmonique de Nice, consacré à la musique du XXe siècle et à la création contemporaine.
Comme directeur musical du Philharmonique de Nice, il en dirige la majorité des concerts (Brahms, Mahler, Chostakovitch, Beethoven, Ravel…).
En 2005, il prend la direction artistique du Festival de Musique Sacrée de Nice. Il dirige Il corsaro de Verdi, au Gran Teatro del Liceú de Barcelone, la Symphonie n°6 de Mahler, à Malaga, Idomeneo, au San Carlo de Naples, enregistré pour Dynamic, et Pélleas et Mélisande, à l’Opéra de Nice. En novembre de cette même année, il emmène l’Orchestre Philharmonique de Nice au Japon deux semaines, pour une tournée de six concerts et une émission de télévision diffusée sur le réseau, aux côtés de la soprano Angela Gheorghiu et la pianiste japonaise Ingrid Fujiko Hemming.
En 2006, il dirige Wozzeck, à l’Opéra de Nice, Cyrano de Bergerac, à l’Opéra de Montpellier puis Don Carlos, à Strasbourg.

Discographie
Pour DYNAMIC :
Macbeth de Verdi (premier enregistrement de la version originale de 1847) ;
Le Trouvère (premier enregistrement de la version française, avec les ballets complets) ;
Roma de Massenet (premier enregistrement mondial)
DVD de Idomeneo de Mozart, dans la production du San Carlo de Naples.
Pour ABC Classics :
French and italian arias ; David Hobson, ténor ; Tasmanian Symphony Orchestra
Orphée et Eurydice de Gluck ; vidéo dans la mise en scène de Stefanos Lazaridis
Pour Naïve :
Le Villi de Puccini avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Pour Deutsche Grammophon :
DVD de Cyrano de Bergerac d’Alfano, Orchestre National de Montpellier, avec Roberto Alagna
A paraître pour Opera Rara :
La Sofonisba de Paër

Chœur de l’Opéra de Nice
Ce chœur est composé de 40 artistes lyriques. Il assume l’ensemble de la saison lyrique, participe aux concerts de l’Orchestre Philharmonique de Nice et à des manifestations exceptionnelles.
Le chœur s’est rendu célèbre dans de nombreux théâtres, festivals et enregistrements musicaux. Il s’est notamment produit lors de l’inauguration de l’Acropolis de Nice dans Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns avec Placido Domingo et Georges Prêtre ainsi que dans Guillaume Tell de Rossini au Théâtre des Champs-Elysées ; 2ème Symphonie de Gustav Mahler au théâtre du Châtelet ; La Fanciulla del West de Giacomo Puccini ; Macbeth de Giuseppe Verdi à l’Opéra de Montpellier. Hérodiade de Jules Massenet, Nabucco de Giuseppe Verdi , Norma de Vincenzo Bellini ; Requiem de Hector Berlioz aux Chorégies d’Orange. Participation au festival « Musiques au cœur » d’Antibes d’Eve Ruggieri , avec Carmen, La Traviata, Otello , Don Giovanni, Le Barbier de Seville et sur France 2, La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti. En mars 2001, cette formation a enregistré un programme consacré à Giuseppe Verdi avec le ténor argentin Marcello Alvarez. En avril de cette même année il participait à l’inauguration de la salle « Nikaïa ».
Après s’être distingué lors des dernières éditions sous la direction de chefs aussi prestigieux que maître Chung et Plasson, le chœur de l’Opéra de Nice retrouvera cet été  les Chorégies d’Orange pour une nouvelle production de Lucia di Lammermoor aux côtés de Rolando Villazon et Patricia Cioffi.

Giulio Magnanini directeur du Chœur de l’Opéra de Nice
Après des études musicales à l’Ecole Ottorino Respighi d’Imperia, Giulio Magnanini complète sa formation de pianiste au Conservatoire Niccolo Paganini de Gênes et de chef de chœur au conservatoire Giuseppe Verdi de Turin. Il est le chef de chant et chef de chœur de différentes productions (Nozze di Figaro, Teatro Tempo Festival 1991 ; Cavalleria rusticana, Festival Spazio Musica 1993…). De 1991 à 2003, il dirige le chœur « Cantores bormani » d’Imperia. Il est engagé à l’Opéra de Nice, en octobre 1994, comme premier assistant du chef de chœur, auprès de Dante Ghersi, puis de Jean Laforge. En juillet 1996, il signe sa première production pour l’Opéra de Nice,  La Traviata,  présentée dans le cadre du Festival « Musiques au Cœur » d’Antibes. Il préside désormais  aux destinées du chœur de l’Opéra de Nice depuis mai 1997. Sous sa direction, le chœur se distingue régulièrement tout au long des ouvrages des différentes saisons. Depuis juillet 2000, le chœur de l’Opéra de Nice est régulièrement invité à se produire dans le prestigieux festival d’été des Chorégies d’Orange. Giulio Magnanini  a même pris la direction de l’ensemble des chœurs sur la production de Carmen avec Maître Chung. Nous le retrouverons, lors de l’édition 2006, à la tête de ce même ensemble pour la nouvelle production de Lucia di Lammermoor, aux côtés de Rolando Villazon.

Hugues Dufourt compositeur (Lyon, 1943) - Photo de gauche
Hugues Dufourt a été l'élève de Louis Hiltbrandt (piano) et de Jacques Guyonnet (composition) à Genève. Co-responsable du groupe l'Itinéraire de 1976 à 1981, il a fondé le Collectif de Recherche Instrumentale et de Synthèse Sonore (CRISS) en 1977 et présidé le groupe Forum (Lyon) de 1985 à 1989. Agrégé de Philosophie, Hugues Dufourt est actuellement Directeur de Recherche au CNRS. Il y a animé une équipe de chercheurs et dirigé un DEA « Musique et Musicologie du XXe siècle » à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales avec le concours de l'École Normale Supérieure et de l'Ircam. Parmi ses œuvres : Erewhon (1977) pour les Percussions de Strasbourg, Saturne (1977) pour ensemble et lutherie électronique, Antiphysis (1978) pour l’Ensemble Intercontemporain, Surgir (1985) pour l’Orchestre de Paris, La Mort de Procris (1986) pour le Groupe Vocal de France, Dédale (1995) Commande de l’Opéra de Lyon, Lucifer d’après Pollock (2000) pour l’Orchestre Philarmonique de Radio France, le cycle des Hivers (1992-2001) pour l’Ensemble Modern, La Maison du Sourd (2001) pour l’Orchestre de la Fenice de Venise, Le Cyprès blanc (2004) pour alto et orchestre, L’Origine du monde (2004) pour piano et ensemble, L’Afrique d’après Tiepolo (2005) pour ensemble. Il a reçu le Grand Prix de l'Académie Charles Cros pour l'enregistrement de Saturne en 1980, le Prix Koussevitski en 1985 pour celui d'Antiphysis, le Prix des Compositeurs de la SACEM en 1994 et le Prix du Président de la République décerné en décembre 2000 par l’Académie Charles Cros pour l’ensemble de son œuvre. Christian Bourgois publie en 1991 Musique, pouvoir, écriture et les éditions Musica Falsa publient en 2005 Les principes de la musique.

Le cyprès blanc (2004)
Concerto pour alto et orchestre
Alto : Gérard Caussé 
Commande du Festival Musica de Strasbourg et de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, ce concerto a été créé par Gérard Caussé à l’alto et l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, sous la direction de Pierre-André Valade, au Festival Musica de Strasbourg 2004. L’œuvre présente deux aspects complémentaires : la ligne monodique de l’alto apparaît comme la résultante du processus global de la sonorité de l’orchestre, assimilé à une basse continue ; l’orchestre est traité comme une formidable extension de la sonorité de l’alto, à la manière d’une caisse de résonance démesurément agrandie. La forme est assez complexe, plaçant constamment le soliste sur le fil du rasoir. J’irais même jusqu’à dire que la forme c’est, à l’image de notre temps, la survie du soliste. La structure est intentionnellement asymétrique : après le long préambule, sans soliste, après l’épisode de la mer démontée, vient une seconde partie qui est à la fois un adagio, une péroraison qui n’en finit pas et qui donne latitude au soliste de déployer une forme reconquise de lyrisme. L’harmonie absorbe peu à peu toutes les déterminations du domaine du timbre, si bien que c’est une seule couleur sonore qui s’anime d’un mouvement alterné de contraction et d’expansion. Le titre est tiré des lamelles orphiques. Au VIIe siècle av. J.-C., se forme une image, unique dans l’Antiquité, celle du cyprès blanc, arbre de lumière qui indique aux mourants la manière de s’échapper du monde, pour rejoindre l’au-delà d’une mémoire qui se rattache à l’éternité.
Hugues Dufourt

Gérard Caussé altiste (Toulouse, 1948)
Depuis William Primrose, Gérard Caussé est de ceux qui ont su rendre à l'alto sa liberté d'instrument soliste à part entière. Il défend la création d'un répertoire pour son instrument, et c'est ainsi que plusieurs compositeurs lui dédient leurs œuvres. Gerard Caussé est reconnu pour l'importance de l'action qu'il mène pour étoffer le répertoire de son instrument. Son approche du répertoire classique lui vaut également de recevoir les prix les plus prestigieux. Il défend cet éclectisme à travers le monde, aussi bien en tant que soliste qu’en musique de chambre. Sa discographie compte actuellement plus de trente-cinq disques. Il joue un magnifique instrument de Gasparo da Salo de 1560.

Henri Dutilleux compositeur (Angers, 1916)
Henri Dutilleux suit tout d'abord une formation classique — piano, théorie d'harmonie et contrepoint — au Conservatoire de Douai avant d'entamer des études de composition auprès de Henri Busser au Conservatoire de Paris. Il remporte en 1938 le Premier Prix de Rome avec la cantate l'Anneau du Roi. Avant de partir pour la guerre en 1939, il approfondit intensément la musique de d'Indy, de Stravinsky et de Roussel. En 1942, Dutilleux assume pour quelques mois les fonctions de chef de chœur de l'Opéra de Paris et, en 1944, il est au service de la Radio française où il est responsable du secteur Production Musicale. Il quitte ce travail en 1963 pour pouvoir se consacrer entièrement à la composition. En 1961, il est professeur de composition à l'École Normale de Musique de Paris puis, à partir de 1970, au Conservatoire. Grand Prix national de la Musique en 1967 pour l'ensemble de son œuvre, Dutilleux compte parmi les compositeurs français les plus marquants et les plus joués du XXe siècle. Sa renommée est internationale. Henri Dutilleux a reçu le Prix Ernst von Siemens le 29 janvier 2005 (à l'âge de 89 ans). Ce prix, considéré comme le « Nobel de la musique » a récompensé, selon le jury, « un des grands artistes de la musique française contemporaine » dont la production « organique » se distingue par sa « clarté poétique ». Henri Dutilleux est le troisième compositeur français (après Olivier Messiaen et Pierre Boulez) honoré par ce prix, qui a été attribué la première fois, en 1974, au Britannique Benjamin Britten.

Métaboles (1964)
Pour orchestre  
Les Métaboles furent commandées en 1959 par le chef George Szell à Henri Dutilleux à l'occasion du quarantième anniversaire de l'Orchestre de Cleveland, qui en assura la création le 14 janvier 1965 sous la direction du commanditaire. L'œuvre connut rapidement la célébrité et fut reprise dans les grandes villes nord-américaines puis en France. Comme l'explique le compositeur : « George Szell m'avait demandé d'écrire tout spécialement pour la plus grande formation de l'orchestre, c'est-à-dire pour les bois et les cuivres par quatre. Mais il me laissait évidemment toute liberté quant aux dimensions et à la forme de l'œuvre. Mon propos était de m'écarter du cadre formel de la symphonie. (...) Il s'agit, en somme, d'un concerto pour orchestre. Chacune des cinq parties privilégie une famille particulière d'instruments, les bois, les cordes, les percussions, les cuivres, et l'ensemble pour conclure. »  Le titre Métaboles s'explique par la volonté de Dutilleux de faire subir à ses idées musicales, « par étapes successives, un véritable changement de nature ». Les cinq pièces, Incantatoire, Linéaire, Obsessionnel, Torpide, Flamboyant  s'enchaînent sans interruption et portent l'art de la variation à un haut degré de finesse et de complexité. La première adopte la forme du rondo et fait se répéter un bref motif. La polyphonie de la deuxième, dont Dutilleux dit qu'elle est un lied, aboutit à la division des cordes en quatorze parties réelles. La troisième est une passacaille rapide dont le motif obstiné explique le titre. La quatrième, construite sur un accord unique, renonce à toute mélodie cependant que la dernière est l'éclatante coda qu'on attend de cette œuvre d'une maîtrise et d'une concision exemplaires.
Source : Radio France ( le journal des concert de R.F)

Giacinto Scelsi compositeur (La Spezia-Italie, 1905 – Rome, 1988)
Giacinto Scelsi révèle déjà enfant d'extraordinaires dons musicaux en improvisant librement au piano. Il étudie ensuite la composition à Rome avec Giacinto Sallustio tout en gardant son indépendance face au milieu musical de son époque. Pendant l'entre-deux-guerres et jusqu'au début des années 50 il effectue de nombreux voyages en Afrique et en Orient ; il séjourne longuement à l'étranger, principalement en France et en Suisse. Il travaille à Genève avec Egon Koehler qui l'initie au système compositionnel de Scriabine et étudie le dodécaphonisme à Vienne en 1935-36 avec Walter Klein, élève de Schoenberg. Scelsi traverse au cours des années 40 une grave et longue crise personnelle et spirituelle de laquelle il sort, au début des années 50, animé d'une conception renouvelée de la vie et de la musique. Dès lors, le «son» occupera le centre de sa pensée et, quant à lui, il refusera le nom de compositeur pour se considérer uniquement comme une sorte de médium par lequel passent des messages en provenance d'une réalité transcendantale. Rentré à Rome en 1951-52, il mène une vie solitaire dévolue à une recherche ascétique sur le son. Il s'intègre parallèlement au groupe romain Nuova Consonanza qui rassemble des compositeurs d'avant-garde comme Franco Evangelisti. Avec les Quattro Pezzi su una nota sola (1959, pour orchestre de chambre) s'achèvent dix ans d'intense expérimentation sur le son ; désormais ses oeuvres de la maturité accomplissent une sorte de repli à l'intérieur, vers la profondeur du son qui se trouvera désormais démultiplié, décomposé en ses petites composantes. Suivent encore plus de vingt-cinq ans d'activité créatrice au cours desquelles la musique de Scelsi n'est que rarement jouée : il faut attendre le mouvement de curiosité (et d'admiration) à son égard de la part de jeunes compositeurs français Tristan Murail, Gérard Grisey et Michaël Lévinas) au cours des années 70 et les Ferienkurse für Neue Musik de Darmstadt en 1982 pour voir son oeuvre reconnue au grand jour. Auteur d'essais d'esthétique, de poèmes (dont quatre volumes en français), Giacinto Scelsi est mort le 9 août 1988. La plupart de ses oeuvres sont publiées chez Salabert.
Source : IRCAM

Konx-Om-Pax (1968-69)
Pour choeur mixte, grand orchestre bois 
Konx-Om-Pax, mobilise un très grand orchestre avec cordes au complet et orgue, où ne manquent que des flûtes. Le chœur n’intervient que dans le dernier des trois mouvements. Les trois paroles du titre veulent dire « Paix », respectivement en vieil assyrien, en sanscrit et en latin, et le « programme » de l’œuvre est, selon Scelsi, « trois aspects du Son : comme premier mouvement de l’immuable ; comme force créatrice ; comme la syllabe « Om » (la syllabe sacrée des Bouddhistes) ». Ce qui frappe d’emblée par rapport aux œuvres d’orchestre plus anciennes de Scelsi, c’est l’extension du paramètre harmonique, raison pour laquelle, sans aucun doute, le compositeur a ici réuni les cordes au complet, toujours écrites en parties réelles. Il s’affirme ici un harmoniste du génie, et invente des complexes sonores d’une beauté et d’une force expressive qui coupent le souffle. L’œuvre rayonne véritablement d’une chaleur sainte. Deux mouvement modérés, amplement développés, entourent un morceau central très court mais très puissant, sorte de violente explosion de force.
Le premier mouvement, sur le son principal Ut, édifie des complexes harmoniques en éventail autour de l’axe de l’Ut central, traité comme une pédale intérieure. Ces accords respectent tout d’abord la plus stricte symétrie dans la réputation de leurs intervalles, et ce n’est qu’avec l’ajout d’agrégats de quarts de ton que cette symétrie est abandonnée à partir du sixième complexe. A l’issue d’une graduelle densification harmonique, la musique atteint à son sommet dynamique en un gigantesque unisson sur l’Ut d’origine, soigneusement et richement élaboré en tous ses paramètres. Une fois encore, de complexes harmonies se tendent, avec même des glissandi, puis le morceau s’éteint doucement. Le très bref deuxième mouvement (une minute et demie à peine !) veut représenter la force créatrice, et le fait au moyen d’un tourbillon sonore d’une puissance écrasante, emportant tout sur son passage. Le son principal Fa se trouve dans une certaine mesure enfoncé et englouti par la densité des évènements harmoniques, par les glissandi et les gammes chromatiques, mais il survit à ce séisme sonore et revient à la surface pour finir. Dans le dernier mouvement, le plus grandiose, sur le son principal La, le chœur fait son entrée, répétant sans cesse la seule syllabe sacrée « Om ». Il est impossible de décrire avec des mots comment, par l’effet de cette syllabe, l’univers entier se met graduellement à résonner et à vibrer. Scelsi excelle mieux que tout autre à libérer toute l’énergie qui se cache au plus intime du Son, et sans doute nulle part avec une puissance élémentaire plus grande que précisément ici. Nous touchons là à des forces secrètes de l’univers qui peuvent mener aussi bien à la transfiguration qu’à la destruction. Mais heureusement « Om » signifie Paix. C’est là une musique du dépassement de soi-même et de l’union de l’homme avec le cosmos. Elle ne peut donc rayonner qu’une force positive, comme tout grand art depuis le début de l’humanité, et nous accomplir dans l’Unité avec Dieu.
Harry Halbreich


Programme imprimé en octobre 2006

CIRM, Centre National de Création Musicale
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